jeudi 24 avril 2008



One-man show...

"Sans Arme, Ni Haine, Ni Violence" de Jean-Paul Rouve (F); avec Jean-Paul Rouve, Alice taglioni, Gilles Lellouche, Anne Marivin, Maxime Leroux, Patrick Bosso...

En 1977, Albert Spaggiari, cerveau du "casse du siècle" - celui de la Société Générale de Nice, perpétré via les égouts - s'évade en sautant par la fenêtre du bureau du juge d'instruction qui l'interrogeait. Quelques temps plus tard, Vincent, reporter chez Paris-Match, réussi à l'approcher dans son exil doré en Amérique du Sud et à lui arracher une interview...

Le parti-pris de départ de Jean-Paul Rouve pour sa première réalisation est donc de présenter Spaggiari, le truand magnifique, comme une sorte de starlette courant toute sa vie après son fameux "quart d'heure de gloire" warholien, qu'il a approché de très près et qui depuis s'enfuit sans cesse...

Et c'est dans ce portrait de l'homme en loser sublime, en pantin dérisoire, toujours cabotinant - à l'image de son interprête - que réside la (semi) réussite et l'intérêt du film.

Car du casse il n'est quasiment pas question, si ce n'est à travers quelques maigres flash-backs...

Non, ce qui intéresse Rouve c'est bien Spaggiari lui-même. Lui et ses félures intimes.

Un Spaggiari étonnant, toujours dans le show, dans la démesure...
Un Spaggiari vantard, mytho même, jouant à échapper à la police qui le traque tout en essayant de renouer sans cesse le contact avec son public et en cherchant vainement à toucher à nouveau du doigt sa gloire passée.

En celà, il réalise une sorte de farce légère et drôlatique, toujours en mouvement, ou rien n'est jamais réellement grave, ou la seule vraie nostalgie semble être celle d'une époque, les années 70, révolue et, elle aussi, idéalisée.
Du coup la reconstitution peut paraitre un peu trop maniaque et forcée, allant jusqu'a citer le cinéma de l'époque, ces comédies exotiques à la Philippe de Broca ou ces films policiers marqués par l'usage du split-screen...

Le problème c'est qu'en voulant à la fois amuser à tout crin et parler des zones d'ombres - évidentes - de son personnage, l'ex-Robin des Bois se retrouve un peu trop souvent le cul entre deux chaise, semblant ne pas savoir quelle attitude adopter et finissant par tourner autour du "mystère Spaggiari" sans jamais réussir à vraiment l'approcher.

On peut d'ailleurs lui reprocher certains travers de la fictionnalisation, comme par exemple d'avoir voulu rendre le personnage par trop sympathique, n'abordant jamais ses sympathies pour l'extrème-droite sinon par quelques brefs dialogues soulignant de manière quasi-étherée son racisme latent.

Mais on ne peut par contre pas lui en vouloir d'avoir gardé un peu trop longtemps sa casquette d'amuseur public et d'avoir réalisé un film frais et tonique, à la mise en scène élégante même si pas toujours totalement maitrisée et fourmillant d'idées rigolotes, comme ce caméo "masqué" de Gérard Depardieu, "pour la première fois pas à l'écran"...

Et si le comédien peut agacer - particulièrement ici - on doit reconnaitre au réalisateur qu'il a réussi par le biais de ce premier long à faire entendre une petite voix originale qui donne tout du moins envie d'attendre la suite...

Peut-être pas vraiment avec impatience mais en tout cas avec intérêt.

Cote: **

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Je te conseille pluot la version des années 70 avec ce bon vieux Francis Huster "les égouts du paradis" qui est vachement bien

Cartman a dit…

Oui, oui mais je sais ça aussi, hein...

Je l'ai vu. Il y a bien longtemps mais je l'ai vu.

Anonyme a dit…

"n'abordant jamais ses sympathies pour l'extrème sinon par "
Extrême-droite vaut-il mieux préciser car l'extrême en soi... pourquoi pas, hein, après tout ? Non ?

Cartman a dit…

Oui, c'est resté dans mon clavier. Je corrigerais quand j'aurais le temps, si Blogger veut bien fonctionner parce que ces derniers temps, c'est un peu la Fête à la Saucisse...

Cela dit, il était peut-être aussi fan de saut à l'élastique ou de rafting, le Spaggiari, hein...

Cartman a dit…

Voila qui est fait...