jeudi 31 décembre 2009



Tiens, voila du Top 20.

Au chamboule-tout on gagne à tous les coups.

Donc, nous y voila...

Alors, avant tout, deux choses.

Premièrement j'ai légèrement customisé mon top en changeant certains films de place.
On s'en fout, me direz vous, à part le Top 3 ci-contre vous ne connaissez pas encore mes préférences. Mais justement, l'un de ces changements concerne le haut du panier, avec l'inversion (ou "l'interversion") de "Fish Tank" et du "Ruban Blanc".

A part ça ?

Et bien à part ça l'autre détail d'importance c'est que je n'ai finalement pas encore eu le temps d'aller voir "Max et les Maximonstres".
Et que je compte bien le faire dans un futur proche.
Donc, si c'est si bien que ça (paraitrait, faut voir...), comme il est sorti en 2009, ça pourrait bien bouleverser ce classement ainsi que celui "spécial Bifff".
Au quel cas je publierai des updates mais on n'en est pas encore là.

En attendant de voir, donc, voici - sonnez trompettes, battez tambours, chantez cromornes - le Top 20 de les meilleurs films 2009:

1. "Un Prophète" de Jacques Audiard (F).

2. "Fish Tank" de Andrea Arnold (UK).
3. "Le Ruban Blanc" de Michael Haneke (AU).
4. "A l'Origine" de Xavier Giannoli (F).
5. "Avatar" de James Cameron (USA).
6. "Watchmen" de Zack Snyder (USA).
7. "Public Enemies" de Michael Mann (USA).
8. "Gran Torino" de Clint Eastwood (USA).
9. "Inglorious Basterds" de Quentin Tarantino (USA).
10. "The Wrestler" de Darren Aronofski (USA).
11. "Antichrist" de Lars von Trier (DK).
12. "L'Etrange Histoire de Benjamin Button" de David Fincher (USA).
13. "Harvey Milk" de Gus Van Sant (USA).
14. "Les Noces Rebelles" de Sam Mendes (USA).
15. "L'Armée du Crime" de Robert Guédiguian (F).
16. "Looking for Eric" de Ken Loach (UK).
17. "Les Herbes Folles" d'Alain Resnais (F).
18. "Whatever Works" de Woody Allen (USA).
19. "Micmacs à Tire-Larigot" de Jean-Pierre Jeunet (F).
20. "Etreintes Brisées" de Pedro Almodovar (S).

- Meilleurs Acteurs 2009:

Mickey Rourke (The Wrestler).
Charlotte Gainsbourg (Antichrist).
Niels Arestrup (Un Prophète).
Marisa Tomei et Evan Rachel Wood (The Wrestler).

- Révélations de l'année:

Tahar Rahim (Un Prophète).
Katie Jarvis (Fish Tank).
Michael Shannon (Les Noces Rebelles).

- Escroquerie de l'année:

Eh non ! Même pas "Paranormal Activity" mais bien... "Slumdog Millionaire". Didju ! (ou alors "Misère !")

- Attentes pour 2010:

On continuera les "Qu'est-ce qu'on attend ?" pendant le mois de janvier.

Ah oui: et Smaïn est toujours aussi mauvais.

Allez, hop !

Bonané.


lundi 28 décembre 2009



Qu'est-ce qu'on attend ?

- "Shutter Island" de Martin Scorsese (USA); avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Michelle Williams, Ben Kingsley, Emily Mortimer, Max von Sydow...

+ Pourquoi on l'attend ?

Parce que c'est le nouveau Scorsese, tiens.

Parce que c'est adapté d'un bouquin de Dennis Lehane et que, de "Mystic River" en "Gone Baby Gone", on peut dire que jusqu'ici le cinéma lui a plutôt réussi.

Parce que les premières images font penser à un bon vieux thriller "à l'ancienne".

Parce que c'est un film à twist et que, par ici, on aime ça, les films à twist.

+ Pourquoi on balise ?

Parce que c'est adapté d'un bouquin de Lehane, certes, mais que, pour l'avoir lu, je peux vous dire que c'est pas son meilleur. Mais le twist est bien amené (ha ha).

Parce qu'après quatre collaborations consécutives, on serait content de voir Scorsese et DiCaprio aller chercher ailleurs. Vers d'autre cieux, d'autres acteurs et réalisateurs.

A part ça...

A part ça, ça va.

+ Verdict ?

24/02/2010.

vendredi 25 décembre 2009



Du rab de top en direc' du Bifff !

Têteur de Carapils, gore hongrois, klaxon, tout ça...

On commence à avoir l'habitude et donc, dans la bonne tradition de ces fins d'années, voici, en attendant le Top 20 "définitif" (encore une paire de films à voir et quelques customisations à effectuer) le classement especial S.F., horreur, fantastique etc.

Et donc, roulez tambours, voici le Top 10 pour 2009:

1. "Avatar" de James Cameron (USA).

Wééééééééééé, le scénario est pas original pour un sou. Okéééééééééééééé, le "message" est limite neu-neu.
Bon, d'accord.
Mais, trève d'hypocrisie, est-ce qu'on y va pour ça, je vous l'demande ?
Alors, oui, c'est un peu du tout-à-la-technologie mais comme c'est pour créer un univers vraiment original et surprenant et qu'on en prend plein les mirettes pendant presque trois heures sans s'emmerder ne fût-ce qu'une seconde, va-t-on bouder stupidement son plaisir ? Hein ?
Ben non, tiens.


2. "Watchmen" de Zack Snyder (USA).

Vingt ans qu'on l'attendait mais ça valait la peine !
L'adaptation presque parfaite ("presque", oui, quand même. Les scènes sur Mars restent un peu difficiles à avaler) d'une des plus grandes BD de ces dernières années emballée magnifiquement pour donner forme à l'un des plus beaux films de genre récents.
Un film où absolument rien n'est laissé au hasard: direction artistique, casting, réalisation et même B.O. ...
Magnifique et tout simplement culte !


3. "Antichrist" de Lars von Trier (DK).

Oui, parce qu'après tout c'est AUSSI un film d'horreur...
Et un sévère, encore !


4. "L'Etrange Histoire de Benjamin Button" (The Curious Case of Benjamin Button) de David Fincher (USA).

Un peu le contraire d' "Avatar" en somme: la technologie mise non pas au service de la création d'un monde (excusez du peu !) mais bien, tout simplement, à celui d'une histoire.
C'est simple et efficace. Et surtout très émouvant (difficile de ne pas avoir une légère mouillette sur la fin).


5. "Star Trek" de J.J. Abrams (USA).

BEST STAR TREK EVER !!!!!!!

6. "The Box" de Richard Kelly (USA).

Un hommage solide à la S.F. parano des années 50/60 (du genre qui fout les boules). Le pitch de l'année. Un sous-texte maousse costaud. Une interprétation top notch et des citations en pagaille.
Après "Donnie Darko" et "Southland Tales", Richard Kelly confirme qu'il est décidément un cinéaste avec lequel il va falloir compter.


7. "District 9" de Neill Blomkamp (SA).

Multiforme, faussement bricolé, politiquement incorrect, le film de Blomkamp (produit par Peter Jackson, quand même) est une preuve supplémentaire que l'année 2009 fût un grand cru au niveau de la S.F.. Et ce malgré une fin redondante et bâclée... Et un buzz peut-être un peu trop appuyé.

8. "Jusqu'en Enfer" (Drag Me to Hell) de Sam Raimi (USA).

Le retour aux affaires de Papa avec un petit film teigneux, crade, gore et rigolo qui lorgne fortement du côté de ses premiers "Evil Dead" (avec plus de moyens quand même) après peut-être un peu trop d'années passées à caliner les super-héros masqués.
Bancal mais jouissif !


9. "Morse" (Lat den Rätte Komma In) de Tomas Alfredson (SW).

Le grand vainqueur de l'année au Bifff ET à Gérardmer est en quelque sorte l'anti-"Twilight": cette histoire d'amitié entre un gamin brimé et une jeune vampire avance tout en finesse et en ambiance, bien aidé par un scénario et des personnages solides, une splendide réalisation spectrale et deux jeunes acteurs fort attachants.
Pas spectaculaire pour deux sous mais réellement de toute beauté (et, oui, je sais, c'est une bête expression).

10. "Grace" de Paul Solet (USA).

Froid, clinique et appuyant surtout là où ça fait mal, ce premier film qui lorgne à la fois vers David Lynch, Sean Ellis et le cinéma scandinave, ose aborder de manière frontale des sujets qui dérangent, voire qui sont limite tabous. Et qui plus est, il le fait de fort belle et surtout de fort originale manière en n'hésitant pas non plus à jouer la carte de l'humour ou même celle du gore.
Une petite merveille de cinéma indépendant intelligent qui a en plus le bon goût d'éviter la surenchère facile. A se demander comment le jury du 7ème Parallèle a pu passer à côté de ça pour couronner à la place le plus mauvais film de la carrière de Kim-Ki-duk...
Enfin...

Et voila, c'est fini et - Oh ! Merveille ! - contrairement aux deux années précédentes on est arrivé à dix ! Et même plus car des films comme "Ricky", "The Children" ou même l'étonnant remake de "La Dernière Maison sur la Gauche" auraient pu se retrouver au palmarès.

A se demander ce que nous réserve l'année 2010, tiens !

lundi 21 décembre 2009


La valse des tops.

Eh ouais, on en est là.

Déjà !

Dernière ligne droite pour 2009, 2010 pointe le bout de son nez et avec les frimas, le sapin et les crises de foie, revient également la saison des tops de fin d'année.

Et comme c'est désormais une tradition bien établie, on commence comme toujours et en fanfare avec le fabuleux Flop 5 !

Alors donc quoi ? Quelles sont les pires bouses de cette année, me direz-vous ? Hein ?

Eh bien, avec le pire du pire en nou - nou - nou - nouméro UNO, les losers (avec un seul "o", merci) of the year sont:

1. "Anges & Démons"; de Ron Howard (USA).
Le pape en parachute ! Le pape en parachute !
Mouahahahahahahahahahahahahaha !
Quoi que, quand on y pense, y a-t-il vraiment de quoi rire ?
Bon, il est vrai que c'est du Dan Brown, que le premier était déjà tout naze, que Ron Howard est un affreux tâcheron, tout ça, tout ça...
Certes, certes mais il n'empêche.
Je crois quand même honnêtement que ce truc hallucinant est la chose la plus désespérément crétine qu'il m'ait été donné de voir sur grand écran au cours de ces dix dernière années.
Avec "La Momie 3" (number one ici l'année dernière, tiens, d'ailleurs), allez...
Comment Rouky a réussi la même année à nous torcher ça et un "Frost/Nixon" de toute haute tenue, celui-là, voila un mystère que même Robert Langdon n'est pas près d'éclaircir.

2. "Wolverine"; de Gavin Hood (USA).
Kitsch, tourné avec les pieds, mal foutu, chiantissime, abominablement premier degré et réussisant la gageure de passer complètement à côté du personnage: "Wolverine" est, malgré la présence au générique du toujours estimable Hugh Jackman, la preuve en images - après la catastrophe industrielle du troisième opus chié sur un mur par Brett Ratner - qu'il faut maintenant arrêter les conneries, ranger la franchise "X-Men" au placard et jeter la clé.
Loin.
Le truc c'est qu'il viennent d'annoncer la mise en chantier d'un préquel à la série originale.
Ah la la ! On n'est pas rendus, moi j'vous l'dit.
Misère !

3. "Humains"; de Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin (F).
C'est clair qu'à quelques rares exceptions près (histoire de dire qu'on confirme la règle), style "Martyrs" ou "A l'Intérieur", les français et les films de genre ça n'a jamais vraiment fait bon ménage.
Non, c'est sur.
Oui, mais ici et sans mauvais jeu de mots on atteint des sommets, quand même.
Si je vous disais que ce brol est le seul film à avoir été chroniqué sur Nanarland dès sa première semaine d'exploitation ?
Ca donne le vertige, hein ?
Ben oui, et pas qu'un peu.
Scénario inepte (la survivance de l'Homme de Néanderthal, voyez l'genre), dialogues involontairement drôles, effets navrants, interprétation en roue libre... C'est bien simple, c'est plus un film, c'est un catalogue !
Y aurait pas eu les deux croûtes ci-dessus, d'ailleurs...

4. "Paranormal Activity"; de Oren Peli (USA).
Eh oui ! Je sais que ça va faire mal à certains mais voila, c'est comme ça.
L'arnaque de l'année, après "Hostel", "[REC]" et "L'Orphelinat" (et sans préjuger de "[REC] 2", pas encore vu).
Bon, je vais pas retourner le couteau dans la plaie, je crois avoir tout dit dans ma récente critique mais bref: il se passe rien, on se fait chier, c'est pas filmé, pas interprété et surtout, quoi qu'en disent certains: ça fait pas peur, bordel de cul de singe !
Et comme on était un peu venus pour ça...

5. "Elève Libre"; de Joachim Lafosse (B).
Pédant, péteux, bavard, prétentieux, faussement sulfureux, creux et donneur de leçon.
Haut la main le film le plus minablement désagréable de l'année écoulée.
Et le fait qu'il soit belge ne change rien à l'affaire, croyez moi !

Accessit également à "Che - Première partie: L'Argentin"; de Steven Soderbergh (USA). Malgré la prestation solide de Benicio Del Toro, je me suis tellement emmerdé devant ce film qu'au bout de 30 minutes de projection, je savais que je n'irai pas voir la suite.
Je crois que tout est dit.

Allez, zou ! Emballé.

Et la suite bientôt, les zozos...


Girl, Interrupted !

C'est tout de suite moins geek que Dan O'Bannon mais c'est quand même suffisamment surprenant (et surtout triste) pour qu'on en parle: la charmante Brittany Murphy ("Sin City", "8 Mile", "Pas un Mot", "Une Vie Volée*"...) est décédée d'une crise cardiaque hier matin, tôt.

Outre les films cités ci-dessus, on se souviendra surtout d'elle pour son rôle de lesbienne nympho et psychopathe dans le cultissime "Freeway" de Matthew Bright où, en une poignée de scènes seulement, elle volait largement la vedette à la fadasse Reese Witherspoon (qui s'est rattrapée depuis, avouons-le mais c'est pas le sujet).

Enfin, moi je m'en souviens en tout cas. Et je suis pas prêt de l'oublier, tiens !

Et puis, une fois de plus, je sais que ça m'obsède mais bon...

32 ans, est-ce que c'est un âge pour mourir ?

Je vous le demande...


(* "Girl, Interrupted", en V.O.)

vendredi 18 décembre 2009



Dans l'espace, personne ne vous entend pleurer*...

J'aurais pu aussi vous parler de Gilles Carle ou Jacques Baratier, mais non.

Après tout, nous sommes des geeks donc ceci a plus sa place ici. Et comme en plus, quelque chose me dit que les médias traditionnels ne vont pas trop en parler...

Donc, voila, Dan O'Bannon est mort. Paf !

Acteur, scénariste, producteur, réalisateur, responsable des effets spéciaux, O'Bannon portait à peu près toutes ces casquettes (sauf celle de réalisateur, oui) sur le tournage de "Dark Star", le premier film de John Carpenter.

Après un détour par la case "Star Wars" (effets spéciaux), c'est surtout en tant que scénariste qu'il se fera un nom par la suite en écrivant ni plus ni moins que le script d'un petit film de S.F. qui deviendra "Alien".

On lui doit également ceux de "Lifeforce", "L'Invasion vient de Mars" ou encore "Total Recall".

Comme réalisateur, il initiera l'assez cocasse série de remakes/parodies des films de Romero intitulée "Le Retour des Morts-Vivants" ainsi qu'une curieuse adaptation de "L'Affaire Charles Dexter Ward" de Lovecraft; "The Resurrected" (vu en son temps au Bifff avec le son décalé par rapport à l'image, un grand souvenir).

Bref, l'un dans l'autre, un grand monsieur, responsable de pas mal des premiers frissons et des premières émotions de toute une génération, dont je suis.

Et ça aussi, ça méritait bien son hommage.


(* Déjà fait sur AICN, je sais, mais c'est tellement d'à propos).

jeudi 17 décembre 2009



Les aventures du buzz éclair !

"Paranormal Activity" de Oren Peli (USA); avec Katie Featherston, Micah Sloat, Amber Armstrong, Mark Fredrichs, Ashley Palmer...

Un jeune couple nouvellement installé suspecte fortement sa maison d'être hantée par une entité démoniaque. Pour en avoir le coeur net, ils décident d'installer une surveillance vidéo de tous les instants, afin d'enregistrer les manifestations nocturnes dont ils sont les victimes. Et, ce faisant, finissent par voir ce qu'ils n'auraient jamais dû voir !

Bon alors, kwé, véci ?

Qu'est-ce que vous voulez que je vous ponde à propos d'un truc pareil ?

Qu'est-ce qu'il peut bien y avoir à raconter sur cette espèce d'incarnation du vide cosmique gonflée en film (et encore, "film", c'est beaucoup dire !) qui ne s'apparenterait ni à de l'enfonçage de portes depuis trop longtemps ouvertes, ni à un tir de barrage en règle sur cette bonne vieille et inévitable ambulance ?

Que dire, bon sang ? Que dire ?

ARGH !

Qu'après "Blair Witch", le coup de l'histoire vraie, du faux documentaire, du "film retrouvé mystérieusement bien après les faits" (poussé ici à son paroxysme: aucun générique, les noms du réalisateur et des comédiens n'apparaissent jamais...) commence à sentir le réchauffé, si pas carrément le verdoeft ?

Que l'excuse minable du faux docu/faux témoignage pour ne pas filmer, poser sa caméra dans un coin et attendre que ça se passe, pour roublard que ça ait pu paraître à une époque lointaine et révolue, là, c'est bon, ça va, on a donné ?

Qu'il y en a marre des soubresauts de la caméra portée à tout va (quoi que, ici, elle soit aussi souvent posée - justement - ce qui confère au film un rythme plus doux qu'à certains de ses tout aussi malheureux prédécesseurs - [REC] en tête) ?

Que pour avoir peur, ou même ne fût-ce que pour sursauter, devant un truc aussi tarte, plat et inoffensif, il faut avoir trois ans et demi et être du genre à faire dans son froc devant un vieil épisode de "Maya l'Abeille"?

Qu'il ne s'y passe rien ?

Mais alors là, RIEN, hein ? A part trois bruits de pas, une porte qui claque, une ampoule qui clignote, BOUH !... une ombre, AH !... un drap qui bouge...

Que comme il faut bien quand même remplir ce qu'il reste des 86 minutes, on passe finalement plus de temps à s'emmerder devant les états d'âmes hystérico-concons des "personnages" (des connauds de compète interprétés qui plus est par deux baudets de classe mondiale) ?

Que tout cela, derrière une campagne marketing par contre très efficace et bien menée - elle ! - (méga-buzz, c'est le moins que l'on puisse dire) n'aurait finalement pas dû quitter le niveau d'un gag sur YouTube ?

Oui, sans doute et: non, peut-être ?

D'un autre côté, avouons quand même aussi que "Paranormal Activity" (qui rafle également au passage la Palme d'Or du titre le plus tartignolement premier degré depuis le "Vicky Cristina Barcelona" de ce vieux Woody) joue efficacement sur l'angoisse générée par l'attente (on se dit tout du long qu'il VA se passer quelque chose et on s'attend toujours au pire, lequel n'arrive évidemment jamais). Et qu'une bande-son soignée, qui vous oblige toujours à tendre l'oreille, exacerbe le léger mais bien réel état de stress dans lequel on peut se trouver plongé par la chose.

Et puis, allez oui, c'est vrai, admettons que les trente dernières secondes, pour attendues qu'elles soient, font pour le coup réellement sursauter.

Mais bon: "sursauter" !

Et "trente dernières secondes", putain !!!!

C'est moins que moins que le minimum syndical, non ?
Quand même !

Alors, en gros, "Paranormal Activity", qu'est-ce que c'est ?

L'arnaque du siècle ? Peut-être pas...

Non... Je vais vous dire, en fait...

On a tous reçu un jour ou l'autre ce mail où apparait un intérieur cossu, où rien ne dépasse, où rien ne se passe. Qu'on vous demande de fixer en promettant qu'il va arriver un truc. Et quand, au bout de je ne sais combien d'interminables secondes, on s'apprête à renoncer et à refermer le brol, surgit soudain, plein pot et plein écran un visage atroce et monstrueux (genre "le retour de l'abominable enfant-chauve-souris") accompagné d'un bruit de sirène, le tout vous faisant faire un bond d'un demi-mètre devant votre PC.

Eh bien c'est ça, "Paranormal Activity". Ce n'est rien d'autre que ça: le train-fantôme ultra cheap d'un Plopsaland désaffecté.

Et, avouons-le, parler de "phénomène" ou, pire encore, de "cinéma" à propos d'un truc pareil... Faut pas pousser.

Non, non, allez...

Faut pas pousser.


Cote: °

mardi 15 décembre 2009



Ma vie est un roman.

"A l'Origine" de Xavier Giannoli (F); avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, Gérard Depardieu, Stéphanie Sokolinski, Vincent Rottiers, Nathalie Boutefeu...

Philippe (ou bien est-ce Paul ?) est un escroc à la petite semaine, vivant d'expédients. Un beau jour, par hasard, il tombe sur un chantier d'autoroute abandonné, les écologistes locaux l'ayant fait fermer pour protéger une espèce rare de scarabée... A l'époque, cette fermeture avait sonné le glas économique et social de toute une région. Philippe - ou Paul ? - y voit l'occasion de monter l'escroquerie de sa carrière. Mais, peu à peu, son mensonge va lui échapper. Et son passé le rattraper...

Ce qui frappe d'entrée de jeu avec "A l'Origine", c'est son lien de parenté évident avec l'affaire Romand et ses adaptations successives (le bouquin d'Emmanuel Carrère, d'abord, et le magnifique film qu'en a tiré Nicole Garcia, ensuite. Avec déjà François Cluzet* -dans un rôle secondaire, il est vrai, mais il n'empêche que cela rajoute au trouble...).

Même personnage de mystificateur, même fuite en avant, même incapacité à communiquer, et, corrolaire à tout cela, même impossibilité à considérer le renoncement comme une option.

Continuant à exploiter le filon de ses précédents films, Xavier Giannoli, s'évertue ici, une fois de plus, à explorer les zones d'ombre d'un homme étrange, en rupture, lessivé et aux abois.
Qui traîne avec lui un sacré sac de non dits et une évidente fêlure.

Sans pour autant forcément chercher à expliquer, d'ailleurs.

C'est particulièrement flagrant lorsque "Philippe" (Paul ?) sent les mailles du filet se resserer sur lui et qu'il continue, pourtant. S'obstinant dans sa folle entreprise. Car, comme il le dit, il ne peut décidément plus faire marche arrière.

Empruntant tour à tour les sentiers rebattus du polar (l'excellente intervention de Depardieu en ancien complice floué et tourné maître-chanteur), ceux du film social, disons, "à la française" (on ne pense pour une fois pas à Ken Loach, ou si peu...) ou encore du mélodrame, le réalisateur - que l'on avait laissé sur l'excellente note de "Quand j'étais chanteur", avou déjà le Gros Gégé - sait doser ses effets, avançant presque en pointillés pour nous conter la curieuse histoire de cet homme qui, de petit escroc, évolue en arnaqueur monstrueux - prenant en otage les espoirs d'une ville entière - avant d'exploser en loser magnifique, Robin des Bois loupé passant de justesse à côté de sa propre rédemption.**

L'histoire, pourtant, prétendument adapté d'un fait divers réel, est évidemment incroyable !

Et ce n'est pas la moindre des prouesses de la part de Giannoli que de nous y faire croire, justement. En adoptant pour se faire et à la lettre le principe de son anti-héros, selon lequel "plus c'est gros, mieux ça passe".

Le plus fort étant que, au-delà du conte à vocation humaniste, politique, sociale (allons-y !), "A l'Origine" et son réalisateur arrivent encore à nous ménager de magnifiques et très étonnants moments de cinéma.

Toutes les scènes de construction de l'autoroute, bien entendu.

Mais aussi, et même en particulier, ce moment incroyable où les engins de chantier traversent la petite ville, accueillis en héros par les habitants émus, les applaudissant sur le pas de leur porte...

A côté de ces instants de pure émotion, la structure narrative, détaillant les relations entre le faux entrepreneur et les habitants, la manière dont il monte son "scénario" (mais aussi celle dont le "scénario" en question lui échappe) et les moyens de plus en plus désespérés qu'il met en oeuvre pour retarder l'inéluctable échéance, distillent en arrière-fond un suspense prégnant et intense, incidieux même, lequel finit par complètement nous scotcher.

François Cluzet, à mille lieues de sa prestation en demi-teinte du récent "Dernier pour la Route", emballe ici vraiment, dans un rôle d'une subilité peu commune, alternant le chaud et le froid; tantôt flambeur magnifique, tantôt paumé complet, toujours sur le fil, entre manipulation, délire et complète implosion.

Ses partenaire sont eux aussi à la hauteur: Emmanuelle Devos, bien sûr, mais aussi et surtout les jeunes Vincent Rottiers ("Les Diables") et Stéphanie Sokolinski ("Ma Place au Soleil") dont nos services nous disent qu'il serait bien échu*** de les tenir sérieusement à l'oeil.

Pour conclure (ouf !) et malgré un sournois plafond dont la chute m'empêcha presque de le voir, on peut dire que "A l'Origine", plus très à chaud et à la louche, est peut-être - sans doute ! - le meilleur film français de l'année quasi écoulée, juste derrière un certain "Prophète".

Et, mazette, tout cela n'est pas peu dire !


Cote: ****


(* Et Emmanuelle Devos, tiens !)

(** Record de la plus longue phrase battu. Pas lu Proust pour rien, misère de misère !)

(*** Topic des bêtes expressions)


Et record d'astérisques sur une même critique, aussi...


lundi 14 décembre 2009



Qu'est-ce qu'on attend ?

Donc, comme on a dit, on continue et ce n'est même plus la peine (à partir d'ici) de se fendre d'un préambule, tout le monde a maintenant bien compris comment ça fonctionnait. Du moins je l'espère...

- "Alice au Pays des Merveilles" (Alice in Wonderland) de Tim Burton (USA); avec Mia Wasikowska, Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Alan Rickman, Anne Hathaway, Michael Sheen...

+ Pourquoi on l'attend ?

Parce que Tim Burton s'attaquant à l'adaptation d' "Alice..." ça sonne comme une évidence. C'est un peu un rêve devenu réalité pour pas mal de fans du bouquin ET du cinéaste, d'ailleurs.

Parce que, contre toute attente, Tim Burton a aussi déclaré récemment qu'il n'était pas fan du livre de Lewis Carroll et qu'il s'y colletait dans l'espoir d'y insuffler l'émotion qui jusqu'ici lui faisait défaut. C'est limite prétentieux mais ça rend l'initiative encore plus intéressante.

Parce que le casting est sidérant.

+ Pourquoi on balise ?

Parce que le mélange de techniques et de supports (CGI, motion capture, véritables acteurs...) fait craindre un gloubiboulga de la plus belle eau.

Parce que, contre toute attente, Tim Burton a aussi déclaré récemment qu'il n'était pas fan du livre de Lewis Caroll et qu'il s'y colletait dans l'espoir d'y insuffler l'émotion qui jusqu'ici lui faisait défaut. C'est limite prétentieux et ça rend l'initiative encore plus flippante.

Parce que les premières images laissent craindre le pire quant à la direction artistique et au look général du brol. En particulier celle de Johnny Depp en Chapelier Fou tout droit sorti d'une photo de Pierre et Gilles en descente d'acide gothique.

+ Verdict ?

10/03/2010.

dimanche 13 décembre 2009

Heroes and Icons...




(Michael Caine - b. 1933)

samedi 12 décembre 2009



Monsieur Patate !

"The Informant !" de Steven Soderbergh (USA); avec Matt Damon, Melanie Linskey, Scott Bakula, Candy Clark, Clancy Brown, Rusty Schwimmer...

Mark Withacre, brillant cadre de la multinationale ADM, spécialisée dans l'agroalimentaire, décide semble-t-il du jour au lendemain de dénoncer les pratiques de sa société auprès du consommateur. Mais le FBI, qui diligente l'enquête, le chargeant de dénoncer ses petits camarades, de trouver des preuves, d'espionner, de porter un micro lors d'importantes réunions, peut-il faire confiance à cet étrange personnage, qui a lui même tiré de substensiels profits des exactions de sa société ? Et se fier au témoignage pour le moins fluctuant d'un homme qui se révèle bien vite être un menteur chronique ?

Oui, Monsieur Patate !

C'est bizarre, hein ?

J'en conviens bien mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est la première chose qui me vient à l'esprit lorsque je repense à Matt Damon dans "The Informant !"...

Avec ses kilos en trop, son brushing improbable, ses costumes de plouc et surtout son invraisemblable paire de lunettes, il me fait irrésistiblement penser au tubercule antropomorphe.

Car, oui, Matt Damon est méconnaissable ! A tout points de vue...

On ne le dira jamais assez - de toute façon c'est l'une des attractions du film et l'une des choses sur lesquelles est basé son marketing - Matt Damon s'est... investit...

Il a accepté la métamorphose, quitte à s'enlaidir.

Et surtout, pour ce faire, il a pris vingt kilos !

Mais, au-delà du physique et, finalement, de l'anecdote, ce qui impressionne vraiment c'est son investissement en tant qu'acteur.

Parce que, avouons-le, même si il est loin d'être mauvais, Damon avait souvent jusqu'ici une fâcheuse tendance à la fadasserie. Au manque d'envergure. De carrure...

Or, justement, ici, c'est un peu le contraire qui se passe...

Continuant à creuser le beau sillon tracé par sa performance dans le "Raisons d'Etat" de De Niro (et, dans une moindre mesure, dans la saga Jason Bourne qui eût au moins le mérite de le décoincer et de lui donner de l'assurance), le bon Matt, comme transcendé, nous offre une performance plutôt brillante...

Peut-être pas le rôle d'une carrière (gageons que celui-là soit encore à venir) mais en tout cas quelque chose comme un déclic. Un rôle qui devrait sans doute ouvrir la voie à une seconde partie de "trajectoire" plus riche.

De celle qui verrait enfin se confirmer les espoirs que l'on avait placés en lui à ses débuts.

Et, on peut le dire, cette performance vient ici fort à propos.

Car c'est elle qui concentre toute l'attention et qui donne de l'intérêt à un film à part ça un peu falot, faiblard et bancal, du moins dans sa première partie.

Car, oui, le film de Soderbergh - et c'est d'ailleurs devenu une fâcheuse habitude depuis quelques temps (à la louche depuis le premier "Ocean"...) est inégal, c'est le moins que l'on puisse dire...

Au-delà d'une direction artistique léchée mais étonnante (on a tout du long l'impression d'évoluer dans les années 70 alors que l'action se situe au début des années 90) et d'une réalisation sobre mais adéquate (car proche du documentaire), la première moitié - voire même un peu plus - de "The Informant !" est ennuyeuse.

Le scénario est confus, les dialogues abscons, l'action inexistante, l'intrigue incompréhensible...

C'est lent, long, ampoulé, embrouillé, redondant... On ne capte pas grand chose aux enjeux, bref... on décroche assez rapidement et, au bout du compte, on s'ennuie ferme, pour ne pas dire plus.

Heureusement, quand on croit que tout est plié, définitivement perdu, un judicieux retournement de situation inverse la logique et - à partir du moment où l'on commence à découvrir la veritable personnalité de Whitacre et la méthode étrange à laquelle il semble se plier - tout se remet en place et recommence à attirer l'attention, voire même (presque) à intéresser ("passionner" serait décidément un mot trop fort dans le cas qui nous occupe).

Hélas ! Trois fois hélas !

Quand le rebond salutaire arrive, il est trop tard ! Bien trop tard !

Le côté implacablement lénifiant, pour ne pas dire soporifique, de la première partie a fait son oeuvre et a finit par nous désintéresser de tout.

C'est d'autant plus dommage, d'ailleurs, que, une fois de plus, le personnage et son interprète sont vraiment attachants.
Et que le film, par moments, arrive à être vraiment drôle (bien que, là aussi, de manière par trop sporadique, pas mal des gags et des répliques les plus savoureux se retrouvant malheureusement dans la bande-annonce).

C'est surtout triste pour Matt Damon, certes, dont la brillante performance (oui, on ne le soulignera jamais assez) appelait peut-être un écrin* plus approprié.

Mais, au bout du compte, c'est sans doute encore plus préjudiciable pour Steven Soderbergh qui, après une telle succession de films réalisés de la main gauche entame encore un peu plus ici son capital sympathie, tout comme sa réputation d'auteur.

Et renforce une fois de plus, si il en était besoin, sa de moins en moins tenable réputation de fumiste...


Cote: *


(* de prestige, bien entendu !)

mardi 8 décembre 2009



Elle danse, la Mia ! *

"Fish Tank" de Andrea Arnold (UK); avec Katie Jarvis, Michael Fassbender, Kierston Wareing, Harry Treadaway, Rebecca Griffiths, Sarah Bayes...

Mia, 15 ans, réfractaire à tout et à tout le monde, ne semble avoir qu'une seule passion: danser le hip hop dans des appartements désaffectés. Un beau jour d'été, sa mère ramène à la maison Connor, son nouveau petit ami, au physique d'éphèbe et au comportement, semble-t-il, différent des précédents. Pour Mia, cela ressemble à un début de changement. A moins que...

Une boule de nerfs, une boule de hargne !

Dès les premières images de "Fish Tank", on sait qu'il va se passer quelque chose de pas ordinaire...

En se collant aux basques de Mia, ado rebelle, révoltée contre tout et tout le monde, en guerre avec le monde entier, Andrea Arnold va nous emmener plus loin que l'on ne le croit et, surtout, ailleurs, sur des sentiers étrangement peu balisés, plus surprenants que l'on ne pourrait le croire de prime abord...

Certes, le début du film, pour enthousiasmant qu'il soit, semble nous balader en terrain connu: ado butée, en décrochage scolaire, dont les relations familiales dégénèrent souvent en joutes verbales...
Banlieue grise et terne, misère sociale, quart-monde...
Tout est là pour donner l'impression qu'on est chez Ken Loach (ou plutôt chez Shane Meadows, celui de "This is England") .

Et ce n'est évidemment pas faux !

Mais l'atout majeur de 'Fish Tank" c'est qu'il dépasse vite - et largement - cet apparent carcan.

Qu'il transcende ces codes pour évoluer vers quelque chose d'autre...

Une sorte de teen movie socialement concerné.
Intelligent.

Et bizarrement poétique...

D'abord par la grâce de son personnage principal et celle de son interprête; l'incroyable Katie Jarvis (repérée lors d'un casting sauvage alors qu'elle s'engueulait avec son mec, chacun d'un côté d'une voie ferrée...).

D'absolument TOUS les plans, tantôt précédée, tantôt suivie (façon "Elephant") par la caméra portée et virevoltante de la réalisatrice, toujours en mouvement, eléctrisante d'énergie brute, tétanisante de présence; elle traverse le film comme une météorite de frustration et de rage pure.

L'insulte aux lèvres et le coup de boule facile, Mia/Katie (comment, en effet, dissocier le personnage de l' "actrice" ?) ne fait pas que porter le film à bout de bras...

Elle le tire, elle l'aspire, le soulève et finit par l'emmener vers des hauteurs insoupçonnées.

Oui, rien que ça !

Mais elle est bien aidée, avouons-le, par une construction cinématographique d'une justesse de ton, d'une finesse et d'une intelligence rarement vues. A tous points... de vues (sic).

Par le regard d'une réalisatrice qui a le bon goût de ne pas la juger - ni elle ni son entourage - et de ne pas la magnifier.

La rendant par celà paradoxalement encore plus attachante.

C'est que Mia n'est pas vraiment jolie, non.
Ni vraiment aimable.
Qu'elle se croit parfois plus fûtée qu'elle ne l'est vraiment.
Et qu'elle ne prend pas forcément toujours les bonnes décisions (et c'est un euphémisme !)...

Mais voilà. C'est justement ce qui fait d'elle ce qu'elle est: une jeune fille paumée, cherchant l'amour dans un monde désespérant, se débattant non pour survivre: simplement pour exister !

Et ceux qui l'entourent sont à l'avenant: la mère trop jeune, alcoolo à la cuisse légère, incapable du moindre geste d'affection, la petite soeur grande gueule, la bouche pleine de gros mots et bien entendu le nouveau "beau-père" potentiel; celui qui trouble, qui éveille les sens et qui se révèlera finalement la pire des ordures.

Tous sont embrassés du même regard, sans que l'on cherche à expliquer, à démontrer quoi que ce soit. Laissant au spectateur le soin de se faire sa propre opinion. Sans jamais montrer du doigt.

Le scénario en lui-même est exemplaire dans sa progression, faisant monter crescendo sa petite histoire vers une conclusion visiblement téléphonée jusqu'à ce que, tout à coup, au détour d'une scène, tout bascule et parte admirablement en sucette (la dernière partie du film est réellement confondante, surprenante et riche en retournements de situations).

Le tout est emballé avec une maestria visuelle vraiment TRES surprenante de la part d'un prétendu "film social anglais", qui plus est filmé entièrement caméra à l'épaule...

Outre de très beaux plans "illustratifs" - jamais gratuits - qui renvoient au "Hunger" de Steve McQueen, (avec déjà Michael Fassbender) - genre couchers de soleil et autres envols d'oiseaux à vous faire tomber la machoire par terre - "Fish Tank" ménage carrément aussi au spectateur quelques scènes quasiment en apesanteur (les scènes de hip hop, seule passion visible de Mia, échappatoire à la grisaille de son quotidien, mais aussi celle où elle fait semblant de dormir pour que Connor la porte dans son lit ou, évidemment, la virée à la "campagne" qui donne son titre au film)...

Enfin, il serait impossible et injuste de passer sous silence l'excellence générale du reste du casting.

De Michael Fassbender, salaud magnifique, magistal de lâcheté ambigüe, à Kierston "It's a Free World" Wareing, très touchante, elle aussi, en mère larguée, en passant par la toute jeune et très drôle Rebecca Griffiths, y a rien à dire: c'est que des Rolls Royce !

Normal, me direz-vous, c'est un film britannique et on ne soulignera jamais assez le fait que les acteurs du cru sont sans doute les meilleurs du monde.

Oui mais bon... Ouais.

Alors, comme on le verra ci-contre (à droite), malgré tous ces superlatifs, "Fish Tank" ne figure qu'en troisième position de mon top du moment (et ce sera probablement pareil pour le Top 20 de fin d'année, d'ailleurs...).

Oui.

Parce que d'un point de vue purement cinématographique, "Un Prophète" ou "Le Ruban Blanc" sont peut-être des oeuvres objectivement - et strictement - plus abouties.

Sans doute.

Mais au niveau de l'émotion pure, de celle qui vous remue vraiment et en profondeur, "Fish Tank" est sans doute le film qui m'aura le plus boulerversé cette année.

Et largement, même.

Alors, sans vouloir en rajouter trois couches non plus**, si vous n'allez qu'une fois par an au cinéma, c'est peut-être - sûrement même - LE film que vous devez voir en salle en 2009, voire 2010.

Alors, qu'est-ce que vous attendez ? Courez-y, bande de ladres !

Et adoptez Mia ! Ce magnifique, ce poignant, cet incroyable petit animal...

Ainsi que Katie Jarvis, tiens.

Ni plus ni moins que la révélation de l'année !


Cote: **** (et même presque une de plus, allez !)


(* Je suis vraiment, vraiment désolé !)

(** Oui, bon...)

jeudi 3 décembre 2009




La visite de la fanfare.

"Le Concert" de Radu Mihaileanu (F); avec Aleksei Guskov, Mélanie Laurent, François Berléand, Miou-Miou, Lionel Abelanski, Dilitry Nazarov...

Andrei Filipov était, sous Brejnev, le chef d'orchestre le plus coté d'URSS et dirigeait le Bolchoï. Licencié pour avoir refusé de se séparer des musiciens juifs de son orchestre, il a connu la disgrâce. Trente plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais comme homme de ménage. Un soir, alors qu'il nettoie le bureau du directeur, il intercepte un fax provenant du Théatre du Châtelet, conviant l'Orchestre du Bolchoï à venir jouer à Paris... Andrei décide alors de rassembler ses anciens musiciens et d'aller jouer en France en lieu et place du véritable orchestre.

Curieux effet que celui produit par le nouveau film de Radu Mihaileanu (quel blaze, mes amis, quel blaze ! Et encore, c'est rien de l'écrire, encore faut-il pouvoir le prononcer): d'abord, malgré le précédent quasiment primesautier de son second long, "Train de Vie", il surprend par sa légéreté de ton.

Dame, c'est quand même que l'on sort de "Va, Vis et Deviens" qui n'était quand même pas une franche partie de rigolade, même si il contenait l'un ou l'autre élément moins grave.

Ensuite, et c'est principalement là que le bât blesse (car, oui, il faut bien l'avouer, il blesse, le bât, et c'est bien dommage), on serait furieusement tenté de dire qu'il est en fait composé de deux films en un.

Et que l'un des deux est beaucoup plus faiblard que l'autre, malheureusement...

En gros, et pour résumer rapidement, toute la première partie, en Russie, est vraiment très bien.
Formidable, même, allez, n'ayons pas peur des mots !
Enfin, quand même, non.
Formidable faut peut-être pas pousser.
Mais très bien quand même, allez.

Ce groupe de pieds nikelés vivant d'expédiants et de petits boulots se retrouvant et mettant tout en oeuvre, à grand coups de débrouille et de système D, pour réaliser un coup pour le moins fumant, si pas carrément fumeux, ça a, il faut bien le dire, quelque chose de franchement enthousiasmant...

C'est frais, c'est léger, tour à tour drôle ou émouvant et c'est emballé - par dessus le marché - avec une vigueur comique réellement séduisante.

Hélas ! Trois fois hélas !

A la moitié du film, quand l'orchestre reconstitué débarque à Paris, la mécanique se grippe...

La faute en incombe à Mihaileanu qui veut trop en faire et donne malheureusement dans la surenchère kusturicienne.
En en rajoutant un paquet, une tonne, sur le côté "pittoresque", pour ne pas dire "picaresque" de l'affaire et de ses protagonistes.
Tout les clichés sur "l'âme slave" et sur l'immigration venue des pays de l'Est sont rassemblés là, à notre grand désarroi: vodka, tziganes, mafia, travail au noir, appât du gain, comportements bigger than life... C'est trop, c'est beaucoup trop, on frise l'overdose.

Et puis, ensuite, quel besoin y avait-il réellement d'ajouter cette sous-intrigue concernant les parents du personnage interprété par Mélanie Laurent, intrigue qui plombe le film et à laquelle on ne croit pas un seul instant ?

Le tout est malheureusement alourdi encore un peu plus par l'interprétation.
Car si les russes sont tous impeccables - et souvent fort drôles - on ne peut malheureusement pas en dire autant des français...
Mélanie Laurent, d'habitude parfaite, est ici on ne peut plus fadasse, Berléand cabotine à l'envi et Miou-Miou n'est rien d'autre qu'inexistante (la faute essentiellement au scénario mais bon...).

Heureusement, toutes ces errances sont finalement récupérées - et de quelle manière ! - par le grand moment de grâce du film: l'interprétation, dans son intégralité, du Concerto pour Violon et Orchestre de Tchaïkovski !

Et rien que pour ça, pour la magie provoquée par l'adéquation parfaite des images et de la musique - sublime - pour le moment d'intense émotion que cela induit, ce "Concert", petit film à moitié aimable, à moitié raté, mérite ses deux étoiles.

In extremis.


Cote: **



mardi 24 novembre 2009


Qu'est-ce qu'on attend ?

On continue sur cette lancée pré-2010 ?
Allez, oui, dites, on continue !

En numéro 2 ...

Et pourquoi en numéro 2, d'ailleurs ? Qui a dit qu'il y avait un ordre, un concours... une gradation ???

Merde alors !

Donc, en numéro deux et sans raison précise (jamais !):

- "La Route" (The Road) de John Hillcoat (USA); avec Viggo Mortensen, Charlize Theron, Guy Pearce, Molly Parker, Robert Duvall, Garret Dillahunt...

+ Pourquoi on l'attend ?

Parce que c'est adapté d'un roman de Cormac McCarthy, bredin !!!! L'un des quatre plus grands auteurs américains vivants ! Cité cette année sur la short-list pour le prix Nobel ! Auteur de "No Country for Old Men " !!!! Ca te va comme références ?

Et avec Viggo Mortensen, Charlize Theron et même ce vieux briscard de Robert Duvall...

Quoi ????

Quoi ?

Ben la musique est signée Nick Cave et Warren Ellis... Il te faut quoi après ça ?


+ Pourquoi on balise ?

Parce qu'à part le Coen, McCarthy et le cinéma ("De si jolis chevaux")... ben... wech...

Parce que le John Hillcoat, malgré son amitié avec Nick Cave (auteur de pas mal de scénarios de ses films et de quasi toutes ses musiques, parfois acteur, en plus), ben il a signé essentiellement des films qui ont finis en "direct-to-video"...

Et c'est pas un bon signe, non plus...

Parce que le bon Viggo est plus qu'un acteur rare... Il est un acteur volatil. Pour le moins...

Parce que le bouquin est génial et que le film est parait-il hyper fidèle ! Oui, sauf qu'en l'espèce, adapté tel quel ça risque d'être un peu... Comment dirais-je ?... Chiant ? Ouais, enfin, faut voir. Le média est pas le même. (hum...)

Bref !
+ Verdict ?
27/01/2010

dimanche 22 novembre 2009



La surprise est à l'intérieur...

"The Box" de Richard Kelly (USA); avec Cameron Diaz, James Marsden, Frank Langella, James Rebhorn, Holmes Osborne, Celia Weston...

1976. Tout n'est pas au beau fixe dans la vie de Norma et Arthur Lewis. Elle, enseignante, viens d'apprendre que l'école refusait la bourse d'études de son fils et lui, ingénieur sous-payé à la Nasa, qu'il avait échoué aux tests pour devenir astronaute... Quand, un beau jour, une mystérieuse boîte est déposée sur le pas de leur porte... Quelques temps plus tard, le couple reçoit la visite du tout aussi étrange Arlington Stewart qui leur propose un deal simple et limpide: appuyez sur le bouton rouge de la boîte et vous recevez un million de dollars... Et une personne que vous ne connaissez pas, quelque part dans le monde, meurt.

Adapté d'une nouvelle de Richard Matheson (celui de "Je suis une légende", oui), "The Box" souffre essentiellement d'un problème de longueur - dans tous les sens du terme.

Comment, en effet, arriver à tirer un film de près de deux heures à partir d'un texte qui, lui, court sur à peine dix pages (et avait, de ce fait, inspiré déjà un excellent épisode de "La Quatrième Dimension", nouvelle formule) ?

Eh bien, Richard Kelly (of "Donnie Darko" 's fame !) n'a pas résolu le problème et donc, il dilue.

On s'en rend compte d'entrée de jeu, d'ailleurs: une fois posé le problème de base, comment va-t-il faire pour un tirer un long métrage ?

En étendant, en étirant à l'envi !

Et donc c'est vrai, oui, le film souffre de l'une ou l'autre... longueur...

Mais, heureusement, c'est bien là son seul défaut (ou presque, allez).

Pour le reste, le moins que l'on puisse dire c'est qu'il nous réserve son lot de surprises !

Tout d'abord sur sa nature elle-même...

J'étais personnnellement persuadé d'aller voir un film d'horreur (conforté en cela par la bande-annonce, d'ailleurs). Et v'la-t-y pas que je me retrouve devant un film de S.F. !
Et pas n'importe quelle S.F., s'il-vous-plait !
De la pure et dure, à l'ancienne, qui fleure bon le flip et la parano !
Comme on en faisait dans les années 50-60, en pleine Guerre Froide.
Dans laquelle les extraterrestres étaient comme autant de métaphores de la menace communiste.

Bon, oui, rien de tout cela vraiment ici, époque oblige (quoi que, tiens...). Mais on pense en effet beaucoup à des films tels que "Le Village des Damnés" (encore lui !) ou surtout "L'Invasion des Profanateurs de Sépultures" (l'original de Don Siegel. Quoi que... ça marche aussi avec le remake de Philip Kaufman...).

Tout y est !: l'ambiance délicieusement paranoïaque, la menace sourde, s'imisçant dans la vie quotidienne, la théorie du complot (dans laquelle on va ici jusqu'à embringuer la Nasa), le côté "seul contre tous" (au mieux les autres nous prennent pour des fous, au pire ils font partie de l'affaire)...

Jusqu'à la réalisation, précise, froide, presque clinique (la photo, en particulier, est glaçante).

Le film multiplie également les références, les citations, voire les clins d'oeil plus ou moins appuyés (la scène de la bibliothèque, très réminiscente de "L'Invasion...", justement) et nous réserves suffisament de retournements de situation pour nous tenir en haleine jusqu'au bout, agrippés à notre fauteuil - voire debout dessus ! - ce qui n'était, au départ, pas la moindre des gageures...

Alors, oui, au-delà des longueurs, du petit ventre mou du film, il y a aussi ici et là l'une ou l'autre maladresse (des effets spéciaux foireux rajoutés plic ploc pour faire bonne mesure et en remettre un couche du point de vue purement spectaculaire).

Mais l'histoire en elle-même, son sous-texte solide (on ne cite pas Sartre pour rien), les twists incessants, le tout bien aidé, il faut le dire, par l'interprétation (Diaz dans peut-être son meilleur rôle EVER et Langella formidable, comme d'hab') sont là et bien là pour nous emmener vers un climax tendu, dramatique et finalement très étonnant pour un film de genre, particulièrement américain (bon, c'est pas "The Mist" non plus, faut pas exagérer, mais quand même...).

Reste à déplorer, peut-être, la lecture "biblique" et très manichéenne - très "américaine" aussi, celle-là, pour le coup - que Kelly fait de l'histoire, la transformant en une espèce de relecture binaire du mythe d'Adam et Eve où c'est toujours la femme "qui à fait la boulette"...

Mais après tout, et pour une fois, c'est la somme de toutes ces choses qui fait de "The Box" ce qu'il est: une série B intelligente et troublante, passionnante à défaut d'être totalement maîtrisée.

Un beau petit film "malade", en somme.

Et c'est très bien aussi, les films malades, non ?

Ca a au moins le mérite de ne pas aller forcément là où on les attend...

Et ça, hein...


Cote: ***


samedi 21 novembre 2009


La santé par les plantes.

"Les Herbes Folles" d'Alain Resnais (F); avec André Dussollier, Sabine Azéma, Mathieu Amalric, Anne Consigny, Michel Vuillermoz, Emmanuelle Devos...

A la sortie d'un magasin, Marguerite se fait voler son sac. Le voleur se débarasse de son portefeuille en le jettant dans un parking voisin. Georges, qui passait par là, le ramasse. A partir de cette anecdote anodine, leur vie et celles de ceux qui les entourent va se trouver sensiblement chamboulée... Pour ne pas dire bouleversée.

Voila donc la bonne nouvelle du mois: le nouveau Resnais est une vraie réussite !

Pour une fois conforme à l'habituelle avalanche de louanges qui entoure la sortie de chaque nouveau film du fringant octogénaire.

Oui, "Les Herbes Folles", après le presque pitoyable "Coeurs" et le moyen "Pas sur la bouche", est une comédie fraîche et presque primesautière, doublée d'une étude de moeurs finement écrite et très habilement réalisée.

Oh, bien sûr, il y a encore quelque chose d'un peu daté dans le cinéma de Resnais.
D'un peu précieux et figé, surtout au niveau des dialogues, parfois trop écrits.
Mais cette fois-ci - contrairement aux précédentes livraisons où ce trait était tellement forcé que l'oeuvre finissait par en paraître vieillotte, presque dépassée - ce n'est pas du tout (ou preque pas du tout, allez) gênant.

Que du contraire, cet aspect un petit peu poseur, théatral, finit paradoxalement par renforcer le capital sympathie du film.

Dame ! C'est que le Monsieur à 87 ans, quand même ! Excusez du peu !

Difficile à cet âge presque canonique de surfer sur la vague du modernisme et de kiffer la vibe comme pourraient le faire certains de ses collègues, beaucoup plus jeunes que lui...

Donc, quand ce maniérisme somme toute "normal" n'est, comme ici, pas trop forcé, il peut se transformer en atout.

Dingue, non ?

D'autant plus dingue que ce n'est évidemment pas le seul intérêt et la seule force du film.

Son scénario, à la petite mécanique presque diaboliquement écrite, en est un autre.

Tout comme la finesse, la précision et l'intelligence avec lesquels sont caractérisés tous les personnages (particulièrement les deux principaux dont les différentes névroses servent admirablement la narration) et la manière dont ils interagissent.

A ce titre, l'interprétation, uniformément impeccable - de Dussollier, magistral en quasi-psychopathe maniaque du contrôle, à Emmannuelle Devos en passant par Amalric ou le toujours formidable Michel Vuillermoz - est évidemment primordiale et rajoute également beaucoup au plaisir que l'on prend à la vision du film.
Les habitués savent ce qu'ils ont à faire et le font très bien et les petits nouveaux (Duvauchelle, Forestier, Annie Cordy, Anne Consigny...) se coulent dans le moule avec une souplesse indéniable.

Et la réalisation, très inspirée, avec ses partis pris tant esthétiques (les halos de lumière, le photo très "wongkarwaïesque" et l'inévitable rue de Paris soigneusement reconstituée en studio) que narratifs (la voix-off qui palie formidablement à la quasi absence de dialogues du début du film) emballe magnifiquement le tout.

Alors oui, on peut dire que, l'un dans l'autre, en ressassant les vieilles obsessions cinématographiques de son auteur sur un ton faussement badin, "Les Herbes Folles" offre le spectacle d'un réalisateur au somme de sa forme et de son art.

Un vrai jeune homme, en quelque sorte...


Cote: ***

jeudi 19 novembre 2009



Le petit de Jeunet était bon !*

"Micmacs à Tire-Larigot" de Jean-Pierre Jeunet (F); avec Dany Boon, Julie Ferrier, André Dussollier, Yolande Moreau, Jean-Pierre Marielle, Marie-Julie Baup...

Alors qu'une mine explosant dans le désert marocain l'a rendu orphelin, une balle perdue, des années plus tard, est venue se loger dans son cerveau, lui faisant perdre boulot et logement, le rendant S.D.F. et menaçant de le faire mourir à tout instant. Bazil a de quoi avoir une dent contre les armes et ceux qui les fabriquent. Recueilli par une bande d'excentriques chiffonniers-ferrailleurs et tombé par hasard sur les responsables de ses malheurs - deux marchands d'armes aussi voisins que concurrents - il décide de se venger...

"Petit" film, donc, si l'on veut, que cette dernière livraison du maniaque et parcimonieux Jean-Pierre Jeunet.

Mais, rassurons-nous d'emblée, même si ce nouvel effort sonne un petit peu plus creux, léger et volatil que ses deux solides prédécesseurs, (laissons "Alien - La Résurrection", trop atypique, en dehors de tout ça) le plaisir que l'on prend à le regarder n'en reste pas moins - plus ou moins - intact...

Un plaisir de gamin, bien sûr, parce que c'est bien là ce dont il s'agit.

Jeunet , malgré son côté appliqué et perfectionniste, n'en reste pas moins un grand enfant.
Et ses films sont finalement à son image: de gigantesques magasins de jouets dans lesquels il fait bon flâner et s'émerveiller, ouvrant des yeux stupéfaits devant tant de trouvailles, de détails ludiques, tour à tout drôles ou émouvants.

Le problème, évidemment, c'est que le système - car il faut bien parler de "système" Jeunet - a ses limites.

Et qu'il commence singulièrement à les montrer ici.

Parce que, passé une séquence pré-générique interminable et qui laisse augurer du pire, tout se met un peu trop facilement et logiquement en place.

On retrouve ses marques, certes.

Un peu trop et de manière par trop évidente.
Et c'est à la fois là où le bât blesse... et ce qui fait... Peut-être pas l'intérêt du film... Mais ce qui en définit le potentiel, la somme de plaisir que l'on en tire.

Car plaisir il y a, fort heureusement.

Et pas qu'un peu !

La technique Jeunet, bien rôdée, fonctionne au quart de tour et avance implacablement, telle une machine de guerre.
Une machine aux rouages très - trop ? - bien huilés.
Une machine qui marche comme d'habitude grâce à des gimmicks.

Ou plutôt UN gimmick. Un peu gadget, mais efficace.

Après la narration en voix off, les "j'aime/j'aime pas" ou la présentation stéréotypée des personnages (dans les précédents opus); place ici aux petites constructions mécaniques faites de bric et de broc (d'où l'importance de la communauté de chiffonniers-récupérateurs autour de laquelle tourne l'intrigue).

C'est simple comme bonjour et en même temps sidérant de roublardise: dans une logique de ligne claire, à partir du moment où Bazil décide de se venger de ceux qu'il tient pour responsable de l'échec de sa vie et où le reste de l'équipe accepte de l'aider, "Micmacs..." n'est plus qu'une succession de petites saynettes aimablement redondantes au cours desquelles la bande de pieds nickelés met au point autant de "stratagèmes" (cfr. "Amélie Poulain"), aidés en cela par leur habileté de bricolos (de petites constructions dans l'esprit du jeu "Attrape-Souris", en gros).

Et tout s'enchaîne; une chose en entraînant une autre jusqu'au climax final, rigolo à défaut d'être vraiment surprenant.

Mais le pire, c'est que ça marche !

C'est simple, ça va droit au but, c'est ludique, amusant, émouvant, surprenant...

Bref, ça vous cueille avec une facilité déconcertante !

Reste, évidemment, que, pour le reliquat de la chose, c'est un peu trop sans surprises.

L'emballage, sublime (c'est aussi pour ça qu'on va voir un Jeunet, après tout), déroule un sépia de bon aloi, une direction artistique rétro-futuriste sans accroc et un défilé de tronches idoines, tels qu'on les voit depuis "Delicatessen".

Le scénario, en dehors de ces trouvailles "techniques", tient sur une feuille de papier à cigarettes.
Le discours de fond, avec son sempiternel côté "c'était mieux avant", est un peu lénifiant, voire gentiment réac. Les citations (y comprit celles de Jeunet envers son propre cinéma) trop entendues...

Et les dialogues roulent, oui, mais un peu trop, comme toujours à l'affut du bon mot, avec leur petit air de citer Audiard sans y toucher...

Mais enfin, hein, après tout, même si on espère de plus en plus que Jeunet aie enfin le courage de sortir pour voir le monde (c'est déjà un petit peu plus le cas ici que dans ses précédents films), on trouve ici ce que l'on est venu chercher, non ?

En tout cas, le contenu est en tout point identique à ce qu'il y avait écrit sur la boîte.

Et comme, ce serait idiot de ne pas en parler, l'interprétation - des habitués Pinon, Dussollier, Moreau aux petits nouveaux (Dany Boon, bien sûr, mais surtout Julie Ferrier et Marie-Julie Baup) - vient de manière générale relever la qualité de l'ensemble, il n'y a, au final, aucune raison de bouder son plaisir.

Si ce n'est à espérer qu'à l'avenir Jean-Pierre Jeunet fasse preuve d'un peu plus de témérité.

Et ose enfin se frotter à de nouveaux univers.

Et au Grand Vilain Monde !


Cote: ***

(*Copyright: Mobu one/2009)

mardi 17 novembre 2009



Les Racines du Mal.

"Le Ruban Blanc" (Das Weisse Band) de Michael Haneke (AUT); avec Ulrich Tukur, Susanne Lothar, Christian Friedel, Leonie Benesch, Burghart Klaussner, Ursina Lardi...

La vie d'un village protestant du nord de l'Allemagne à la veille de la Grande Guerre, de l'été 1913 à l'été 1914. Et celles d'enfants ployant sous la férule de leurs aînés. Après que le docteur local ait été victime d'un étrange "accident" de cheval, une série d'incidents ont lieu, qui prenne peu à peu l'aspect d'un curieux rituel d'expiation. Qui se cache derrière tout ça ? Et, surtout, qu'est ce qui se cache derrière l'aspect respectable des notables du village ?

Deux heures trente de Michael Haneke !

Une espèce de climax permanent, un condensé de son oeuvre où culminent toutes ses préoccupations, toutes ses marottes, le tout transcendé formellement par un technicien - car Haneke n'est pas seulement un penseur, un intellectuel, un philosophe, c'est aussi un esthète et un artiste, au sens "plastique" du terme - de toute première bourre.

Voila, brossé à grands traits, ce qu'est de prime abord "Le Ruban Blanc", Palme d'Or au dernier Festival de Cannes (pour ceux qui auraient un bon métro de retard).

Alors, évidemment, oui, autant le dire tout de suite, un film comme ça, ça se mérite.
Ca ne se regarde pas comme le dernier Dany Boon (malgré tout le respect que je puisse avoir pour l'auteur des "Ch'tis", là n'est pas la question).

C'est vrai, après tout, autant être prévenu, de peur sinon de passer peut-être à côté d'un chef-d'oeuvre: mieux vaut ne pas aller voir ça après le boulot, en étant légèrement fatigué, dépressif ou affligé d'un léger mal de tête.

Non.

Vaut mieux être en forme, attentif et concentré !

Parce que voila bien un film - c'est d'ailleurs une constante dans l'oeuvre de Haneke mais c'est particulièrement vrai ici - qui met le spectateur à contribution.
Qui demande réflexion.
Qui ne lui met pas la pape en bouche, comme on dit.
Qui pose des questions.
Et qui, là aussi c'est habituel chez l'autrichien, ne donne pas forcément toutes les réponses.

C'est plutôt un film qui ouvre des portes. Qui donne des pistes. Qui suggère, qui aiguille... Torture. Malaxe.
Et qui fait finalement, un peu comme chez David Lynch mais avec des moyens totalement différents, délicieusement pédaler nos petits cerveaux dans la semoule.

Un film qui montre sans expliquer, qui fournit des hypothèses et qui, en fin de compte, laisse à tout un chacun la possibilité de se forger sa propre opinion. Au risque de perdre l'un où l'autre spectateur en route et, forcément, de paraître quelque peu... hermétique...

Un film austère, froid, cérébral.

Trop, peut-être.
Et c'est sans doute là un de ses seuls défauts...
A force de vouloir trop réfléchir, on en devine les rouages et l'on perd en émotion ce que l'on y gagne en intelligence.

Mais baste, le cinéma n'est pas toujours là pour être plaisant et aimable, divertissant.

Et, de toute façon, n'est-il pas aussi parfois agréable de se faire malmener de la sorte ?

Car aimable, "Le Ruban Blanc" ne l'est pas, non, qui se construit en fausse enquête, en faux suspense et qui, après une première partie intrigante, qui donne l'impression étonnante de regarder un vrai film fantastique (on pense au "Village des Damnés" original de Wolf Rilla) alors que ce n'en est évidemment pas un et qu'il n'utilise aucune ficelle du genre, révèle son vrai visage en même temps que celui de ses protagonistes.

En effet, au fur et à mesure que les façades de respectabilité s'effritent, que les non-dits de ces multiples rapports de force (prètre/ouailles, parents/enfants, nobles/paysans...) se révèlent au grand jour, que les masques tombent sans que pour autant les langues ne se délient, la vraie nature de cette société sordide, corsetée et malsainement autarcique - pour ne pas dire autiste - qui ressemble tellement à un affreux miroir de la nôtre, se dévoile dans toute son horreur glauque, nous laissant tétanisés, sans voix et à bout de souffle.

Et c'est là que Haneke réussit son coup !

En nous donnant le vertige avec ce qu'il nous laisse à voir et surtout avec ce qu'il ne dit et ne montre pas , ce qu'il nous cache.
Avec sa violence d'autant plus implacable qu'elle reste confinée derrière des portes closes.
Avec ses partis pris radicaux, son absence d'explication.
Avec la beauté formelle presque déchirante de ce "Ruban" dont aucun plan n'est laissé au hasard, où tout est d'une beauté suffocante, où la neige immaculée autant que la lumière des moissons transcendent le drame, la terreur larvée, la métaphore implacable de la Bête Immonde déjà là, en germe, dans cette société en pleine déliquescence derrière son apparente rigueur et sa prétendue quiétude.

Avec cette oeuvre fleuve et monstre à la fois, Michael Haneke nous met à nu et ne signe rien de moins que son meilleur film depuis "Funny Games".

Ainsi qu'un chef-d'oeuvre glâcé garanti 100 % pure pierre de taille.

A l'ancienne.

A la dure.


Cote: ****
Heroes and Icons...




(Nastassja Kinski - b. 1959)


lundi 16 novembre 2009



Qu'est-ce qu'on attend ?

Alors que l'on s'achemine tout doucettement vers la fin de l'année, il est temps d'inaugurer une nouvelle rubrique qui mettra en lumière nos attentes pour 2010 (plutôt que de citer trente films en vrac lors du traditionnel Top 20).

Donc quels sont ces films et pourquoi les attend-on (enfin, moi, du moins), toutes les réponses ici avec pour commencer... (roulement de tambour)...

- "Sherlock Holmes" de Guy Ritchie (USA); avec Robert Downey Jr., Jude Law, Rachel McAdams, Mark Strong, Kelly Reilly, Eddie Marsan...

+ Pourquoi on l'attend ?

Parce que dans sa note d'intention, Ritchie dit vouloir revenir au sources du personnage créé par Conan Doyle et déjà adapté mille fois à l'écran. Ce qui est louable en soit, faut bien l'avouer.

Parce que Robert Downey Jr. est l'acteur le plus délicieusement cabotin de ces dernières années et que, après "Iron Man", on se demande vraiment ce que, dans sa démesure, il va bien pouvoir trouver à faire d'un personnage pareil.

Parce que Jude Law en Watson, j'attends de voir aussi, tiens.

+ Pourquoi on balise ?

Parce que Guy Ritchie a peut-être réalisé une paire de films sympatoches (les deux premiers, en gros), il n'en a pas moins prouvé par la suite qu'il était capable aussi des pires errances ("A la Dérive" avec son ex, bien entendu, mais aussi le pour le moins... euh ?... comment dirais-je?... ben, y a pas de mots... "Revolver").

Parce que les premières photos avec un Downey Jr. saignant et torse-poil foutent presque la trouille et laissent pour le moins perplexe quant à la note d'intention évoquée plus haut.

+ Verdict ?

Le 6 janvier prochain.


Le fond de la bouteille.

"Le Dernier pour la Route" de Philippe Godeau (F); avec François Cluzet, Mélanie Thierry, Michel Vuillermoz, Anne Consigny, Bernard Campan, Marilyne Canto...

Hervé, la cinquantaine, patron d'une agence de presse, est alcoolique et décide d'essayer de s'en sortir. Pour cela, il rentre en cure dans un centre spécialisé. Loin de sa famille, loin de la ville, loin de sa vie quotidienne, il va essayer de remonter la pente, de combattre la dépendance et de se forger une nouvelle existence.

Adapter le bouquin autobiographique de Hervé Chabalier, voilà qui n'était pas la moindre des gageures, le moindre des défis, surtout pour un néophyte...

Et pourtant, un peu à l'image de son personnage et de celui qui l'a inspiré, le producteur Philippe Godeau, pour son premier long métrage en tant que réalisateur, a décidé de se lancer avec crânerie dans cette entreprise un peu folle (pour un débutant, s'entend) et - si on était vraiment méchant on serait tenté d'écrire "évidemment" - s'y casse les dents.

Et bien, encore.

Bon...

Alors oui, bien sûr, on comprend ce qui a pu l'intéresser dans le sujet et son traitement (sobre, sans mauvais jeu de mot), on sent bien l'investissement de la part de l'équipe comme de celle des acteurs.
La sincérité.
L'engagement, presque.

Mais justement...

Paralysés devant ce sujet de société trop évident, tarte à la crème de générations de plats de nouilles télévisuels à la Jean-Luc Delarue, corseté par l'importance du sujet, la volonté de bien faire, le politiquement correct et, pour tout dire, sérieusement handicapés par le manque de bouteille (décidémment) du néo-réalisateur, tout ce beau monde s'enlise, s'encrouille et finit par accoucher d'une sorte de téléfilm fleurant bon la naphtaline et remplissant à la lettre un cahier des charges des bons sentiments pour le moins envahissant...

Parce que tous les clichés y passent, platement filmés avec une sorte d'application morne.
Du déni à la remise en question, du malaise déclencheur à la rédemption finale, de l'amourette entre le héros amorti et une jeunette forcément rebelle et auto-destructrice à l'épouse évidemment résignée et martyre, sans oublier le conflit avec le fils qui n'arrive pas à comprendre.

Ca a beau être inspiré d'une autobiographie (donc censé être vrai, laissons au moins aux auteurs le bénéfice du doute) ça fait quand même beaucoup, non ?

Si.

Et comme, une fois encore la réalisation ne suit pas, que ça manque de rythme, que ça abuse de ficelles narratives épaisses comme des câbles Belgacom (les incessants flashbacks élliptiques) ça finit même par en devenir lourd.

Pire, ce qui est vraiment dramatique avec un sujet pareil: ça n'arrive jamais, ou si peu, à émouvoir (une seule fois, en fait, lors de la mort du personnage interprêté par Michel Vuillermoz).

Et pourtant, Dieu sait que ce n'est pas faute d'essayer, oh non !

L'interprétation principale, malheureusement, suit.
François Cluzet est très bien, de manière générale, mais il devrait apprendre à pleurer de manière un petit peu plus convaincante (et comme ça pleurniche pas mal...) et Mélanie Thierry est exaspérante dans son petit numéro toujours sur le fil de l'hystérie (c'est le personnage qui veut ça, notez, mais bon...).

Restent les seconds rôles, vraiment excellents, eux.
Aux premiers rangs desquels Michel Vuillermoz, excellentissime comme à sa très bonne habitude et dont l'interprétation suffirait presque - je dis bien "presque" ! - à ce que l'on conseille d'aller voir le film.
Idem pour d'autres, d'ailleurs, tels Anne Consigny, Marilyne Canto ou l'étonnant Bernard Campan, dans un rôle à la limite du caméo.

A eux tous (auxquels il faut rajouter Lionnel Astier, celui de Kaamelott) ils arriveraient quasiment à sauver ce petit film tristounet, limite neurasthénique, de l'abîme d'ennui dans lequel il nous plonge.

Malgré son indéniable honnêteté.

Ah la la... C'est bien malheureux, tout ça, allez.



Cote: *

dimanche 1 novembre 2009


L'auberge espagnole.

"Hôtel Woodstock" (Taking Woodstock) de Ang Lee (USA); avec Demetri Martin, Imelda Staunton, Emile Hirsch, Kelli Garner, Liev Schreiber, Mamie Gummer...

1969. Elliot est décorateur et habite Greenwich Village. Traversant une mauvaise passe, il est contraint de retourner chez ses parents qui gèrent un motel dans le nord de l'état de New York. Mais l'entreprise familiale périclite elle aussi. Devenu président de la chambre de commerce locale, Elliot apprend que la ville voisine vient de refuser qu'un festival hippie soit organisé sur son territoire. Tentant le tout pour le tout, Elliot contacte les promoteurs du spectacle...

La question que l'on peut légitimement se poser à propos de Ang Lee, après tout, c'est "est-il schizophrène?".

Parce que, franchement, à ce point d'éclectisme ça commence à friser la maladie mentale, non ?

Bien sûr, on peut, en cherchant bien, trouvers des lignes conductrices à son "oeuvre" (si tant est, encore, que c'en soit une): l'homosexualité, la recherche des origines, celle de la figure paternelle, le déracinement...
Oui, bon...
Mais quoi ?

D'un film de sabre à une adaptation de comics, d'un western à Jane Austen, qui est-il? (d'où vient-il? Formidable robot des temps nouveaux. Mouarf ! Désolé, j'ai pas pu m'en empêcher).
Et surtout: que cherche-t-il à faire?
A cheval sur deux pays, deux continents et donc sur autant de cultures, de cinématographies et - par delà - de types de narrations, Ang Lee surprend toujours.
Et malheureusement sans pour autant toujours convaincre.

D'où cette impression de flottement qui, depuis toujours, surplombe toute sa filmographie.

Le résultat, c'est une impression générale de dilettantisme.
Une manière de se dire que Ang Lee, inspiré par son sujet et transcendé par ce qu'il peut en faire réalisera de bonnes choses ("Raisons et Sentiments", "Tigre et Dragon", "Brokeback Mountain", "Lust, Caution",...).
Et que, parallèlement, traitant trop le matériau de base en touriste parce que trop fasciné par l'exercice de style, il est capable de totalement laisser échapper l'enjeu, quitte à passer complètement à côté de la floche.

C'est malheureusement le cas ici, avec ce petit film gentillet, presque mignon, qui pourtant sans avoir l'air d'y toucher à comme thème principal une certaine perte de l'innocence.

A travers l'histoire de ce jeune juif trop sérieux et trop sage, étouffé par une mère castratrice et laissé pour compte par un père démissionnaire, qui se dévergonde brusquement en prenant une part décisive dans l'organisation d'un festival historique - symbole de toute une époque et de tout un mouvement - il aurait pu pour une fois toucher à quelque chose de presque universel.
Et, encore une fois, il n'y parvient pas.

Dommage...

D'autant que la forme qu'épouse sa narration, visitant Woodstock par les coulisses sans jamais l'aborder frontalement ni céder à la tentation vériste du rockumentaire (on ne voit vraiment la scène qu'une seule fois, quand tout est fini) est plus qu'intéressante, réellement intrigante.

Mais à force de vouloir courir trop de lièvres à la fois, multipliant les personnages et les points de vue sans jamais en adopter aucun de manière suivie et un tant soit peu sérieuse, en essayant de passer par tous les chemins obligés de ce genre d'exercice, quitte à sombrer dans les stéréotypes et la tarte à la crème (libération sexuelle, drogue, homosexualité, conflits familiaux, rejet de l'autorité...), Ang Lee finit par se fourvoyer totalement et par accoucher d'un film mou et confus, qui part tellement dans tous les sens sans rien creuser qu'il en devient volatil, inintéressant et malheureusement totalement oubliable.

Reste la réalisation, très fluide et maîtrisée, le montage, inventif et efficace et - de manière hélas trop irrégulière, la multiplication des personnages empêchant singulièrement la plupart d'entre eux d'exister - l'interprétation.
A ce titre, il est d'ailleurs bon de signaler la performance hallucinante et hallucinée d'Imelda Staunton, absolument sidérante dans le rôle de la mère avare, râleuse et survoltée.

Hélas, une fois de plus et pour reprendre la sempiternelle formule, la somme de toutes ce choses ne donne pas un film, ou si peu.

Car si il y a vraiment "un peu de tout" dans "Hôtel Woodstock", c'est en doses tellement infinitésimales et surtout mal équilibrées que le brouet jamais ne prend.

Alors qu'au final il reste quand même singulièrement sur l'estomac.


Cote: *