vendredi 24 juin 2011

"Ma femme me demande..."

Il ne fait décidément pas bon avoir son portrait tiré dans l'Illustre Soir (Magazine).

Cette semaine: Peter Falk ! Et quoi ?

Boum, tombéééééééé !!!!!

Et ça me fait de la peine, tenez, une fois de plus.

Parce que Columbo, bien sûr, une des meilleures séries policières de mémoire télévisuelle (et son personnage était inspiré par celui tenu par Charles Vanel dans "Les Diaboliques", d'Henri-Georges Clouzot, en plus. Un de mes deux-trois films français préférés de tous les temps (avou "Un Singe en Hiver", "Un Mauvais Fils" et "Mon Oncle", ce qui me permet de faire une parenthèse à l'intérieur de la parenthèse et c'est pas donné à tout le monde, tenez !) ), mais aussi et surtout parce que Cassavetes ("Une Femme sous Influence", "Husbands"), "Princess Bride" et avant tout son propre rôle dans "Les Ailes du Désir", de Wim Wenders, l'un des plus grands films de l'Histoire du Monde, period.



Pour tout ça et pour son oeil de verre, pour sa Peugeot et pour son chien, pour son imper et pour sa femme qu'on ne voit jamais*... merci Monsieur Falk.

Et puisse la masse se souvenir de vous sous votre véritable nom et pas sous celui de votre inéffable alter-égo de pellicule.

Ce qui n'est pas gagné.

Ben non...




(* Si, car Kate "Star Trek - Voyager" Mulgrew l'a incarnée dans une éphémère série spin-off dans laquelle il n'apparaissait pas, je sais...)


PS: j'ai pas fait "That's all, Falk", déjà pris par... "Paris Match" !

jeudi 23 juin 2011

Mutant Academy.

"X-Men: Le Commencement" (X-Men: First Class) de Matthew Vaughn (USA); avec James McAvoy, Michael Fassbender, Rose Byrne, Kevin Bacon, Jennifer Lawrence, Oliver Platt...

Au commencement, avant que les mutants ne se révèlent au monde. Avant que Charles Xavier et Erik Lehnsherr ne deviennent le Professeur X et Magneto. Du temps où ils étaient encore amis et alliés, découvrant leurs pouvoirs et travaillant à sauver le monde d'une catastrophe nucléaire. Avant que le conflit ne naisse et que la guerre ne soit déclarée entre les deux camps, entre la Confrérie et les X-Men.

Fan de films de super-héros en moules boules et n'en faisant pas mystère, j'avais pourtant évité plus tôt dans l'année d'aller voir le "Thor" de Kenneth Branagh dont mes services m'avaient vanté la kitscherie putride, ce que semblaient d'ailleurs confirmer les bandes-annonces et autres photos de production entrevues sur la Toile.

Bien m'en a pris, semblerait-il (mais je me ratrapperai en DVD, un plaisir coupable reste un plaisir coupable).

Mais du coup, eh oui, je me trouvais fort dépourvu lorsque la bise fut venue, me sentant cruellement en manque de bièsseries en collants de type Marvel et consorts.

Encouragé par la presse unanime (j'exagère mais bon, on peut quand même dire que les critiques qui accompagnent la sortie de ce "First Class" sont globalement positives pour ne pas dire plus) et galvanisé par le souvenir des deux premiers opus de la série (laissons de côté par charité disons... chrétienne le pitoyable coda torché de manière indigne par cette grosse vache de Brett Ratner), je m'en allais donc jeter un oeil voir les deux sur cette (ce ?) prequel/reboot/machin fouillant les origines de la franchise.

D'autant qu'aux commandes de l'affaire, ont retrouvait ni plus ni moins que Matthew Vaughn, réalisateur d'un certain "Kick-Ass" ayant déclanché l'hystérie ici-même lors de la précédente édition du Bifff, en avril 2010.

Et bien m'en pris - donc - car ce quatrième épisode (oui, passons aussi pour les mêmes raisons que ci-dessus sur l'affreux spin-off tout pourri consacré aux avatars du pourtant à part ça toujours fort estimable Wolverine) est probablement le meilleur de l'affaire (faudrait que je revoie le deuxième pour vérification mais bon...).

Bon, bien évidemment, ce n'est pas tout à fait exempt d'une certaine bêtise, d'un côté too much inhérent au genre.

Mais, bon, faut savoir où l'on est est ce que l'ont va voir aussi.

On vient pas voir X-Men comme du Bergman ou le dernier Woody...

Et d'ailleurs, quand on y pense, y a du fond, quand même...
A peu près le même que dans tous les films de super-héros et en particulier dans ceux consacrés aux Mutants: acceptation de soi et de l'autre, passage à l'âge adulte, tentation de la violence et de la Loi du Talion, sentiment d'exclusion, etc.
Mais il y en a...

D'autant qu'ici, le scénario lie habilement la petite histoire avec la Grande (la crise des missiles de Cuba avec JFK en second rôle de luxe) pour une relecture de celle-ci du plus pur style "Guerre Secrète" qui donne à l'ensemble un petit côté James Bond.

La réalisation de Matthew Vaughn, même si moins follement rentre-dedans que dans son précédent morceau de bravoure, est efficace et donne à l'ensemble un tour fort agréable, qui oppose ce fond à une certaine légèreté pop, inhérente à l'époque à laquelle l'action se déroule (les années 60) et mêlant habilement ces questionnements à l'efficacité d'un blockbuster hollywoodien bourré jusqu'à la gueule d'effets spéciaux qui pètent comme à Saïgon.

D'où l'un dans l'autre un produit de qualité légèrement supérieure à la moyenne, ludique (l'engagement des nouvelles recrues, la découverte de leurs pouvoirs respectifs avec une excitation de vrais gamins, une galerie de seconds rôles étonnants et quelques caméos vraiment drôles), parfois un peu over the top (la transformation de Hank McCoy en Fauve réminicent de Sullivan, la grosse bête bleue de "Monstres et Cie", les poses de Xavier quand il utilise son pouvoir psychique ou toute la fin sur la plage, même si elle explique de manière dramatique les origines du conflit entre les deux héros) mais globalement bien tenu et porté avec classe par un casting de nouveaux venus convaincants au sommet desquels James McAvoy et le décidément toujours parfait Michael Fassbender font particulièrement des étincelles (mention aussi à Jennifer Lawrence, qui confirme et à Kevin Bacon, très en forme ces derniers temps).

Spectaculaire et presque euphorisant.


Cote: ***

jeudi 16 juin 2011

Sur la route...

"La Défense Lincoln" (The Lincoln Lawyer) de Brad Furman (USA); avec Matthew McConaughey, Marisa Tomei, Ryan Phillippe, Frances Fisher, William H. Macy, Pell James...

Michael Haller est avocat à Los Angeles. Toujours entre deux tribunaux, toujours entre deux affaires, il travaille à l'arrière de sa voiture, une Lincoln Continental. Habitué des magouilles, des clients peu reluisants et des procès minables, il pense avoir décroché l'affaire de sa vie: la défense de Louis Roulet, play-boy fils à maman accusé de viol et de tentative de meurtre. Mais bien vite, ce qui devait être un contrat facile et surtout très rentable se transforme en tout autre chose. Et s'engage alors une véritable partie de bras de fer entre deux experts en manipulation.

Que voilà de la belle ouvrage !

Du genre qui surprend agréablement et qui fait plaisir.

Oh, rien de bien transcendant non plus, non.
Un bon vieux polar.
Un bon vieux polar rondement mené et à la mécanique habilement huilée.
Du vrai travail d'artisan, en somme...
Presque à l'ancienne, pourrait-on même dire, ne serait-ce cette réalisation, fluide et nerveuse qui reste pour sa part subtilement moderne avec ses cassures et ses changements de rythme, son art du cadrage et son montage nerveux.

Avec son enquête à tiroir et à rebondissements dans la Cité des Anges, sous le soleil californien, cette "Défense..." se pose un peu là en matière de film ludique et plein de surprises. Mais il va aussi plus loin, dans sa deuxième partie qui évolue vers le film de prétoire - ou le "thriller juridique", appellez-ça comme vous voudrez - genre dans lequel les américains sont passés maîtres et dont je suis particulièrement friand.

Il va plus loin parce que, se révélant du coup fort instructif, il donne à voir et à comprendre quelques unes des subtilités, voire des contorsions, du système judiciaire américain. Un système retors s'il en est.

A part ça...
Eh bien à part ça, le film de Brad Furman réussit surtout le (petit) tour de force de réunir tout les bons ingrédients au bon moment et au bon endroit afin de nous fournir l'un des meilleurs "films noirs" qu'il ait été donné de voir de mémoire récente.

Réalisation et écriture, on l'a déjà dit plus haut, caractérisation des personnages - avec une galerie de second rôle savoureux dans la droite ligne de ce qui se faisait à la grande époque (vous savez, les seventies...) et, immédiat corollaire même si ce n'était pas nécéssairement une fatalité: inteprétation.

Et de ce côté là, que du nanan !

A commencer par le rôle principal, incarné par un Matthew McConaughey impérial en nouvelle icone de la coolitude roublarde.
Un Matthew McConaughey que l'on avait quelque peu perdu de vue il est vrai lors de la dernière décennie, noyé qu'il était sous une déferlante de nanards sournois ("L'Amour de l'Or", "Playboy à Saisir", cherchez pas, vous vous en souvenez même pas), loin, bien loin, in a galaxy far far away, de ses débuts tonitruants en jeune beau plein d'avenir et de strass, vers le milieu des années 90, par là (Mais si... Avec des trucs du genre "Lone Star", "En Direct sur EdTv", "Contact", "Le Droit de Tuer ?" ou même "Amistad". Soit pas forcément du tout bon non plus mais, allez, au moins du qui marchait. Et ça vous devez vous en souvenir, quand même, non ? Même vaguement...).

Ici, bien vieilli, madré, ayant pris de la bouteille (au figuré uniquement, je rassure tout le monde), il déroule une palette de jeu dont on ne le croyait plus fort capable.
Si tant est qu'on y ait cru un jour, d'ailleurs, mais c'est une autre histoire...

Et à ses côtés, donc, des seconds rôles taillés dans le marbre, tant du point de vue des personnages qu'en ce qui concerne leurs interprêtes.

Car si on a un peu du mal à calculer Ryan Philippe en Patrick Bateman de la Côte Ouest, le reste envoie le bois et pas qu'un peu, crédieu !

Marisa Tomei comme d'habitude, bien sûr (mais elle, elle jouerait dans le remake amériki de "Joséphine, Ange Gardien" que je crierais encore au génie) mais aussi - ou peut-être devrais-je dire surtout - euh... ben tous les autres.

A commencer par Frances Fisher et William H. Macy, lancés dans un invraisemblable concours de coiffures (gagné sur le fil par le second mais il triche, il a aussi une stache et pas n'importe laquelle).

Et je ne vous parle même pas de John Leguizamo, Michael Paré (MICHAEL PARE !!!!!) ou Bryan Cranston.
Rien que de citer leurs noms et c'est le Valhalla ! Le Xanadu de la série B qui déboule !

Alors, allez, bref !...

Bing boum badaboum, l'un dans l'autre et en un mot comme en cent, "La Défense Lincoln" n'est certes pas un grand film, mais c'est un film soigné, confortable et qui prouve qu'en y mettant du coeur et du talent, il y a encore de nos jours moyen de pondre un thriller efficace, qui retrouve l'alchimie des bonnes séries B d'antan tout en y insufflant juste ce qu'il faut de modernisme.

D'où, encore une fois: du bon boulot.

Cote: **

lundi 13 juin 2011

Parle à ma main !

"Le Complexe du Castor" (The Beaver) de Jodie Foster (USA); avec Mel Gibson, Jodie Foster, Anton Yelchin, Jennifer Lawrence, Riley Thomas Stewart, Cherry Jones...

La vie de Walter est en train de partir en sucette. Déprimé, mutique, vivant au ralenti, il perd le contact avec sa famille et, peu à peu, le goût pour toutes choses. Sa femme se réfugie dans le travail, son fils aîné vit dans la hantise d'un jour lui ressembler, le plus jeune se transforme en "enfant invisible" et l'affaire familiale (une usine de jouets) périclite. Arrivée à un point de non retour, son épouse finit par le mettre à la porte. Après une tentative de suicide, il se réveille un beau matin avec à la main une marionnette de castor trouvée la veille dans une poubelle. Laquelle marionnette va lui servir à exprimer toutes les choses qu'il n'ose pas dire à son entourage. Jusqu'à le transformer en une sorte de nouveau Walter, plus sûr de lui, plus positif, plus heureux... Un nouveau Walter qui reprend peu à peu le contrôle de sa vie. Mais qui ne peut désormais plus exister qu'à travers ce castor...

C'est un film étrange, ce "Complexe du Castor".
Insolite déjà sur le papier, encore plus à l'écran.

Bizarre dans sa déviance autant que dans son apparente normalité.

Car sur la forme, le film est sobre et joue la carte classique de la comédie dramatique, attachante et peut-être un peu trop facilement tire-larmes, comme les américains savent en usiner par centaines, plaçant au centre de son intrigue la sacro-sainte cellule familiale, pour le moins dysfonctionnelle ce coup-ci - et ce à tous les étages: du père barjo au fils neurasthénique...

Avec son habituelle rédemption finale, aussi.
Et ce n'est pas spoiler la chose que de le dire. Même si, ici, cette résolution arrivera par des ressorts inattendus et plus brutaux que l'on ne pourrait croire.

Passé le temps d'adaptation nécéssaire à accepter le fait de voir Gibson parler par le biais de cette marionnette qui s'exprime de surcroît avec la voix de Michael Caine ou peu s'en faut (latence qui nous place en quelque sorte dans la même position que sa famille), on s'enfonce confortablement dans le cuir de ce film gentiment déjanté.
Et l'on suit avec plaisir et émotion le cheminement de cet homme qui cherche par tous les moyens - même les plus désespérés - à remonter à la surface.

Et c'est là que ce "Complexe..." prend toute sa signification et toute sa saveur.

Car l'intérêt se situe bien évidemment dans le parallèle que le film effectue entre son histoire et celle, intime, du comédien, que ses multiples frasques on finit par éloigner à la fois du métier et des spectateurs.

En celà, "Le Complexe du Castor" se pose presque en thérapie-live. Celle d'un acteur en totale rupture, dont la vie privée est offerte (à cause de lui) en pâture au public.
Avec la réalisatrice dans le rôle de son épouse. Dans le film.
Et donc en quelque sorte dans celui de sa psy une fois qu'elle se trouve derrière la caméra...

Comme mise en abyme, c'en est presque vertigineux.

Et heureusement car, en dehors de l'assez jolie et délicate sous-intrigue concernant le fils aîné et sa petite amie en devenir (Anton Yelchin et Jennifer Lawrence, tous deux très bien), le film, un peu trop lénifiant et arrondissant un peu trop les angles, a parfois - à l'instar de son personnage principal - tendance un peu à s'assoupir.

Mais hourra ! Mel Gibson lui-même est là qui veille au grain.

Car la grande attraction, ici, c'est lui et bien lui.
Qui en dehors de la mise à nu prouve à tous ceux qui l'avaient oublié - après tant d'années passées à filmer des kilts, le Christ et des indiens c'est un peu normal - à quel point il peut être un acteur prodigieux !

Intense et émouvant mais aussi à l'aise dans la comédie - car il y en a - il sauve sur le fil ce petit film insolite qui semble parfois trop frileux devant ses propres audaces mais qui a le mérite quand même de ne pas s'intéresser tant au malade lui-même qu'à la perception que nous pouvons avoir de lui.
Et s'interroge donc plus subtilement qu'on ne pourrait le croire de prime abord sur la notion de normalité.

Un film inégal et bancal mais qui réalise quand même une sorte de micro-prouesse par la grâce de son interprête principal et de son vécu... particulier...

Rien que ça, ça vaut quand même qu'on s'y arrête, non ?


Cote: **

mardi 31 mai 2011

Bébête Show.

"La Conquête" de Xavier Durringer (F); avec Denis Podalydès, Florence Pernel, Bernard Le Coq, Michèle Moretti, Samuel Labarthe, Saïda Jawad...

6 mai 2007. Second tour des élections présidentielles. Nicolas Sarkozy, cloîtré chez lui et sur de sa victoire cherche en vain à joindre Cécilia, son épouse, qui le fuit. Il se remémore alors son ascension vers le poste suprême, au cours des cinq dernières années. Cinq années de coups foireux et de combats dans l'ombre...

N'y allez pas, ça dure trois heures !

Euh... Non... Ca c'est l'autre bouse aquatique, là...

Bon... N'y allez pas: c'est vraiment trop con !

Oui. Là oui.

Parce que "La Conquête", ce n'est pas mauvais, c'est très mauvais. Très très, même, aurait-on envie de dire.

Bien entendu, sur le papier ça avait déjà de quoi désarçonner et laisser perplexe. Premier film sur un président de la République en fonction, la belle affaire !

Parce que, après tout, à quoi bon ? Sarkozy lui-même avait déjà fait tout ce qui était possible pour désacraliser l'homme et la fonction, non ? Et le film lui-même ne semblait déjà qu'une sorte de reflet de sa propre attitude vulgaire et bling bling...

Oui. On pouvait se le dire.

Là où ça coince et ou ce n'est pas loin de sidérer réellement c'est qu'au niveau ratage, le résultat à l'écran dépasse - et de loin - tous les pronostics, toutes les prévisions.
Ca en force presque l'admiration, tiens.

D'abord, ce truc atone et affreusement plan plan ne nous apprend rien.
Ni sur Sarko, ni sur les coulisses, ni sur les affaires, ni même sur son divorce.

Du moins rien qu'on ne sache déjà.
Rien que l'on n'ait pu lire en long en large et en travers dans la presse de l'époque en tout cas. C'est particulièrement flagrant dès que l'on en vient aux dialogues, affreux, poussifs, qui se contentent de recycler les bons mots "historiques" comme autant de punchlines indignes, anonnés bravement par de pauvres acteurs en roue libre.

Parlons-en, d'ailleurs, tiens, des acteurs !

Car c'est bien là que le bât blesse le plus furieusement.

Podalydès imite Sarkozy, Le Coq (et pourtant: Bernard, pas Yves !) imite Chirac, etc.
Résultat, on a bien vite l'impression de se trouver devant un spectacle de Laurent Gerra (ou de Nicolas Canteloup, allez, pour être un chouïa moins méchant) ou devant un très, très mauvais numéro des Guignols.

Le comble de la mise en abyme étant de ce point de vue atteint lors d'une scène terrifiante - y a pas d'autres mots - qui voit Samuel Labarthe imitant Villepin qui imite PPDA !
Avouons-le: atteindre un tel niveau d'indigence scénaristique c'est carrément de l'art (la scène se répètera d'ailleurs plus tard de manière encore plus tartignole avec Dominique Besnehard et son inénarrable cheveu sur la langue singeant Ségolène Royal. Misère !)

Le truc est donc perpétuellement le cul entre deux chaise: d'un côté la tentation humoristique (parce qu'on sent bien que par moment cela tend sciemment vers la comédie, même si à l'arrivée ça ne fait rire qu'à ses dépends), de l'autre la fable politique faiblarde, le tout emballé dans un drame romantique dont la banalité affligeante (un type perd sa femme et il est triste) n'est pas vraiment là pour relever le niveau.

Comme en plus ce brol est emballé avec la finesse d'un vieil épisode de "Louis la Brocante" (en gros c'est pas réalisé à part quelques effets tellement appuyés qu'ils en deviennent tarte à la crème), on a vite fait de s'en désinteresser et de regarder sa montre.

Car c'est bien ça le pire: ça ne dure peut-être pas trois heures mais c'est quand même looooooooooooong. Mais looooooooooooong !!!!!

En deux mots comme en cent: "La Conquête"; un film inutile sur un sujet devenu futile à force d'autocaricature.

My advice ? Ben n'y allez pas, hein...

Cote: °

lundi 30 mai 2011

2011, Odyssée de l'Espèce.

"Tree of Life" (The Tree of Life) de Terrence Malick (USA); avec Brad Pitt, Jessica Chastain, Sean Penn, Fiona Shaw, Hunter McCracken, Joanna Going...

Dans les années 50, Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour, tandis qu'il est quotidiennement confronté à ce père ultra-rigide, obsédé par sa réussite et celle de ses enfants. Ce père dont la violence sourde va galvaniser l'agressivité de ses fils et particulièrement celle de son aîné. Jusqu'à ce qu'un événement tragique vienne bouleverser cet équilibre déjà précaire. Comme il y a longtemps, une certaine météorite...

Si tant est que la finalité d'un festival de l'envergure de celui de Cannes soit de récompenser et donc, par delà, de révéler un certain type de cinéma novateur et audacieux, sans pour autant s'enferrer dans un auteurisme autistique et forcené - mais loin par exemple d'un Scorsese primant sous couvert d'audace le classicisme bon teint (bien que plastiquement magnifique) d'un Angelopoulos ou la cuculterie rigolarde et bien-pensante d'un Benigni - eh bien, il faut le dire, cette 64ème édition fût un grand cru !

Car dans cette perspective, rarement, jamais peut-être, une Palme d'Or ne fût elle à ce point méritée (avec celle remise à "Oncle Boonmee..." l'année dernière, ce qui serait la preuve d'une évolution positive si tout cela n'était pas, somme toute, le fruit du hasard).

Et les prix d'interprétation ou de la réalisation remis à des acteurs - et des films - populaires (Dunst, Dujardin, "Drive"...) qui vont sans doute ouvrir la manifestation à un public plus vaste, ne font sans doute qu'en renforcer l'impact, grâce à l'effet-miroir d'une sorte de fort et beau contraste...

Car si ce "Tree of Life", aboutissement de la carrière - de la vision, même, pourrait-on dire - d'un cinéaste précieux, car rare et ambitieux, est un film exigeant de par sa forme, sa longueur et son rythme, c'est avant tout une nouvelle et extraordinaire proposition de cinéma.

Ni plus ni moins.

Un truc désarçonnant mais magnifique, qui ne peut être comparé à rien de déjà vu (si ce n'est, vaguement et pour une seule de ses parties, à "2001..." de Kubrick, sans doute le seul cinéaste auquel Malick puisse-t-être comparé de loin - et Dieu sait si l'on ne s'en prive pas ces derniers temps).

C'est une sorte de poème cinématographique, à la narration totalement fragmentée, qui raconte une histoire simple et complexe à la fois, jamais de manière linéaire, jamais de manière réellement "concrète" mais sous forme d'une espèce de long voyage, mystique et sensoriel, célébrant la nature, transporté par la grâce, posant une foule de questions, ouvrant une foule de portes pour ne quasiment rien livrer ou tout du moins laisser les réponses à l'appréciation d'un spectateur chamboulé par tant d'audace, par tant de vérité pure, instantanée, magnifiée dans quasiment chaque plan, qui offre une partition virtuose, presque parfaite, réinventant au passage la grammaire cinématographique...

Oh, bien entendu, tout n'est pas parfait et heureusement !

Les hauts sont très hauts (la majeure partie du film: toute la partie dans les années 50 portée en plus par un duo d'acteurs magnifiques: Brad Pitt et Jessica Chastain, ainsi que le fameux passage sur la création du Monde: 30 minutes de film dans le film à proprement parler ahurissantes - et avec des dinosaures !) et des bas très bas (toute la partie avec Sean Penn dans le rôle de Jack adulte, en ce compris les 20 minutes finales dont le symbolisme lourdaud et le côté presque caricatural dans l'excès auteuriste et le gâtisme new-age finissent presque - je dis bien "presque" ! - par gâcher le film).

Et c'est aussi quelque part ce côté bancal qui font la justesse et la finesse du film. Chaque partie venant enrichir les autres de ses scories, fussent-elles positives ou négatives...

Et puis, qu'on se le dise, après tout, chez Malick, ce n'est pas tellement le message qui compte, même s'il est intéressant, mais plutôt cette frénésie cinématographique, cette râge presque sublime qui semble l'animer et le pousser à dépasser toute frontière artistique et technique.

En celà, le gaillard qui semble être aussi un maniaque du contrôle (pas pour rien qu'il n'ait finalement tourné que cinq films en quasiment quarante ans), même si ici il les surpasse, enfonce encore le clou de ses obsessions filmiques.

Avec cette narration décalée qui est une de ses marques de fabriques, ces voix-off ne semblant rien commenter du tout ou alors peut-être une autre histoire, un autre film.
Un tic poussé ici jusque dans ses derniers retranchements: dans les premières minutes, les dialogues eux-mêmes sont en off.
On entend les voix des acteurs mais sans que leurs lèvres ne bougent...
Et ça fout un peu le vertige, il faut bien le dire...

Et puis, cette manière qui n'appartient qu'à lui de filmer la nature, jusqu'à la sublimer par une structure contemplative qui par moment laisse réellement sans voix.

Alors, certes, c'est parfois un peu lent. Un peu long. Un peu ardu.

Certes, certes... celà se mérite.

Mais au-delà: quelle récompense !

L'impression d'avoir assisté en direct-live à quelque chose de purement historique.

L'avènement d'une nouvelle forme de cinéma ?
Mmmmh... Peut-être...

Pas sûr...

Mais la certitude d'avoir vu un film dont on parlera encore dans cinquante ans comme d'un classique, comme d'une pierre angulaire dans l'Histoire du Septième Art ?

Ca, oui: c'est certain !

Cote: ***** (et encore une fois, je mets cinq étoiles SI JE VEUX !)

samedi 28 mai 2011

Heroes and Icons...

(Christopher Lee - b. 1922)
Roulez, jeunesse...

"Le Gamin au Vélo" de Luc et Jean-Pierre Dardenne (B); avec Cécile de France, Thomas Doret, Jérémie Renier, Fabrizio Rongione, Egon Di Mateo, Olivier Gourmet...

Cyril, bienôt douze ans, n'a qu'une idée en tête: retrouver son père qui l'a placé depuis quelques mois dans un foyer d'accueil. Un jour, il rencontre Samantha, qui tient un salon de coiffure et accepte de l'accueillir chez elle les week-ends. Mais, tout à sa quête du père, Cyril ne voit pas encore l'amour que Samantha lui porte. Et qui pourrait bien lui être utile pour apaiser la colère qui l'habite...

"Tu peux rester contre moi mais ne me serre pas si fort, tu me fais mal"...

Cette phrase, prononcée par Samantha lors de sa première brusque rencontre avec Cyril, pourrait à elle seule résumer le nouveau film des frères Dardenne et le rapport amour-haine presque inconscient qui agite ses deux principaux protagonistes.

Cyril (l'excellent Thomas Doret, évidente révélation du film), obnubilé par ce père (Jérémie Renier, très bien en salaud ordinaire, bouffé par la lâcheté, l'égoïsme et l'immaturité) dont il ne peut admettre la démission pourtant évidente, ne voit effectivement pas l'amour que lui porte Samantha (Cécile de France, au naturel) chez qui sa présence à réveillé une sorte d'instinct maternel enfoui et inattendu.

Et pourtant, lui aussi, d'une certaine façon tient à elle.
De manière un peu exclusive, d'ailleurs...

Et c'est le cheminement que le jeune garçon va suivre, agissant par tâtonnements et essais/erreurs, manquant d'ailleurs de se laisser aller - là aussi par besoin de reconnaissance - à la tentation de la petite délinquance, qui va devenir le moteur de ce nouveau film-étape dans la carrière des frères Dardenne.

Ce film que l'on a déjà trop qualifié de "solaire", qui est en quelque sorte une évolution logique de leur cinéma, surtout après "Le Silence de Lorna", que l'on pouvait déjà traiter de "charnière".

Un film fluide et évident, sans doute leur plus accessible, leur plus "grand public" à ce jour, qui réinvente leur façon de filmer tout en restant fidèle à leur style et à leurs obsessions.

Les frères Dardenne, toujours les mêmes mais en mieux, comme dirait l'autre.

Enfonçant toujours de belle manière le même clou mais en osant, par touches fines, en véritables orfèvres, rénover subtilement le décor qui les entoure.
Avec une vedette, c'est vrai.
Avec de la musique aussi (un tout petit peu mais ce n'était plus arrivé depuis "Je pense à vous").
Et surtout avec l'été, le soleil qui prouve que Seraing et les bords de Meuse peuvent être beaux, eux aussi.

Alors, certes, le sujet de ce huitième long est toujours grave.

Mais il est abordé avec une énergie et un optimisme salvateur.
Et - livré sans temps morts, plié qu'il est en moins d'une heure trente - le film, qui se permet le luxe de n'aborder ni les rivages du pathos (qui a dit que le cinéma des Dardenne était misérabiliste ?) ni ceux de la psychologie vasseillante, s'éloigne de tout discours "édifiant" pour provoquer une émotion d'autant plus franche que l'on s'approche ici de l'épure.

Au total, outre un énième prix cannois finalement bien mérité, un film d'une fluidité et d'une évidence rare qui, à l'image de leur boîte de prod', "Les Films du Fleuve", semble couler de source.

Un film sur les liens qui se nouent et se dénouent, toujours en mouvement à l'image de son jeune héros.
Un film qui s'ouvre au monde, à l'image de ses auteurs.

Enfin, pourrait-on dire... Enfin.

Cote: ***

mercredi 25 mai 2011

Ikea (This Bird Has Flown).

"La Ballade de l'Impossible" (Noruwei No Mori) de Tran Anh Hung (J); avec Rinko Kikuchi, Kenichi Matsuyama, Kiko Mizuhara, Reika Kirishima, Kengo Kora, Eriko Hatsune...

Japon, fin des années 60... Depuis toujours Watanabe, Kizuki et Naoko sont amis. Depuis toujours, Kizuki et Naoko sont en couple. Un jour, Kizuki se suicide... Watanabe et Naoko partent à l'université et se perdent de vue. Puis se retrouvent... Le soir des 20 ans de Naoko, qui semble n'avoir jamais surmonté la mort de Kizuki, ils font l'amour. Puis Naoko, subitement, disparait. Lorsque Watanabe reçoit enfin une lettre, il vient de rencontrer la belle et pétillante Midori... Et se demande où il en est...

Grand fan des romans de Haruki Murakami je suis.

Et "La Ballade de l'Impossible" ("Norwegian Wood", du titre de la chanson des Beatles dont l'influence sur le personnage principal est ici tout à fait gommée) est l'un de mes préférés...

Curieux de savoir ce qu'une adaptation d'un bouquin du japonais donnerait, toujours, j'ai été...

Me disant que ce n'était sans doute pas possible, tant le climat onirico-fantastique et décousu inhérents à ceux-ci me semblait intraduisible en images (et, oui, pour le coup, je vais arrêter d'écrire comme parle Yoda, ça énerve tout le monde et moi le premier, bourdalou !).

Néanmoins, de tous ceux que j'ai lu (six au total soit pas la fin du monde non plus mais assez me semble-t-il pour pouvoir émettre une opinion sensée sur la chose), "La Ballade de l'Impossible" me semblait le plus adaptable, le plus accessible.

Parce que sans doute le plus linéaire...

Le moins traversé de digressions surréalistes et fantastiques en tout genre, on va dire (et essayons pour le coup - rions mes frères ! - d'imaginer ce que donnerait, par exemple, "Chroniques de l'Oiseau à Ressort" ou "Kafka sur le Rivage" en film, juste pour voir...).

Le moins embarrassé de scories.

Et celui racontant ce qui se rapproche le plus d'une histoire, après tout.

Oui.

Eh ben c'est loupé, hein, les p'tits potes...

Parce que, avant tout, dans le roman, Murakami raconte quelque chose de grave, très grave même, mais il le fait comme d'hab', armé d'une bonne dose de légèreté, de poésie et d'un humour salutaire.

Rien de tout ça ici avec ce film lourd, plombé, déprimant, neurasthénique - même !, au climat épais et sans recul, sans finesse, soulignant à l'envi les côtés déjà pas drôles de l'affaire jusqu'à déboucher sur un truc à projeter dans les sectes, histoire de multiplier les épidémies de suicides collectifs...

Misère ! (oui, misère !)

Plus dépressif et anxiogène que ça, y a juste le scénario de "Cris et Chuchotements" récité en allemand par les Dardenne au sommet d'un terril un soir de pluie.

Soit en quelque sorte l'exact opposé de l'effet provoqué par le bouquin d'origine, qui arrivait quand même à rendre... disons... optimiste et joyeuse une histoire il est vrai, au début, pas franchement, franchement jojo...

Eeeeeeeeeeeeeeeeet.... en plus c'est looooooooonnnnnnng, ça traine, ça s'alanguit sans raison dans des plans séquences certes magnifiques (si, si !) mais à vous donner envie d'aller écouter du post-rock suisse au bout d'un brise-lame, debout sur un bac de Maes.

Oui: de Maes !

Et encore !

Et encore ai-je la chance d'avoir lu le livre, justement !

Car le film est d'une fidélité à toute épreuve à celui-ci.
Et à au moins un effet "Madeleine de Proust" pour le fan, genre "ah oui, là il se passe ça...".

Pour le néophyte, c'est juste la lose (avec un seul "o"; merci) et à mon avis l'envie irrésistible que ça se termine enfin (pour pouvoir mettre "Starcrash" à la place, voyez ? )...

Reste - évidemment ! - que visuellement, c'est splendide.

Tran Anh Hung (vous vous souvenez, "L'Odeur de la Papaye Verte" ou "Cyclo", il y a de ça 102 ans ?) sait vraiment y faire avec une caméra.

Les images sont magnifiques, chaque scène est un tableau et la nature japonaise (les montagnes en hiver...) donne à voir des choses merveilleuses...

Et les acteurs - surtout la définitivement magnifique Rinko Kikuchi - font leur boulot (même si la plupart devraient apprendre à pleurer à l'écran - et Dieu sait si ici ils pleurent beaucoup !).

Mais bon, y a pas à tortiller...

Quand c'est chiant, ben... C'est chiant.

Et là, ben...

Hum...

Oui, allez... C'est chiant.

Cote: *


lundi 23 mai 2011

Time takes a cigarette...

"Source Code" de Duncan Jones (USA) avec Jake Gyllenhaal, Michelle Monaghan, Vera Farmiga, Jeffrey Wright, Michael Arden, Cas Anvar...

Colter Stevens se réveille dans un train de banlieue en direction de Chicago. Il n'a aucun souvenir d'y être monté. Une jeune femme qu'il ne connait pas se comporte avec lui comme si elle était sa petite amie. Pire, quand il se regarde dans la glace, il voit un autre. Il cherche à comprendre. Mais le train explose. Et il se réveille à nouveau. A l'intérieur d'un curieux caisson. Il comprend alors qu'il fait partie d'un projet expérimental permettant de revivre les huits dernières minutes de la vie de l'un des passagers du train. Toujours les mêmes. Et il y retourne. Sa mission ? Retrouver le terroriste et donner son identité à ses chefs avant qu'il ne frappe à nouveau. Car on sait déjà que l'attentat du train n'est qu'un aimable amuse-gueule.


Dit comme ça, ça donne le vertige, hein ?

Oui.
Et vous n'avez encore rien vu.

Ca fait aussi penser à Philip K. Dick ?
Eh bien il n'en n'est rien.

Pour évacuer en vitesse l'anecdote - et pour ceux qui vivraient dans une grotte sur une des lunes de Saturne, oui, Duncan Jones est le fils de David Bowie.
Et, oui, il risque d'y avoir en ces lignes un certain parti pris.

Quoi que...

Soyons objectifs (arf !); le garçon est plutôt doué, qui donna à voir avec son premier opus, "Moon" (vu néanmoins en séance de rattrapage dividi staïl car sorti en ces lieux uniquement au Barakinépolis - et encore fallut-il le dire vite car un clignement de paupières et hop ! le truc était définitivement sorti de tout radar) une petite merveille de S.F. paranoïaque et minimaliste - Sam Rockwell seul en scène... enfin... là aussi... Quoi que...

Et v'la-t-y pas la surprise, justement !

Car en se voyant du coup confier les rênes d'un premier gros budget hollywoodien, Fiston nous signe, non pas un remake gonflé à la testostérone de son premier opus déguisé en blockbuster comme ont pu le laisser entendre certains journalistes français que je ne citerai plus (faut pas pousser) mais en tout cas une sorte de follow-up opiniâtre bien que d'autres oripeaux vétu et creusant assez finement le même finaud sillon (youpla, ça c'est d'la phrase de Carnaval !).

Une sorte de fausse série B badaboum, dynamitée par la personnalité de son réalisateur qui y ressasse à l'envi les mêmes obsessions.

Soit la paranoïa citée plus haut, la solitude lunaire et la multiplicité des destins, le tout magnifié par l'attention portée à la dimension romantique de l'affaire.

Celle qui nous intéresse tous, hein, après tout !

Comme en plus, les twists sont abondants, les situations embarrassantes inhérentes au genre (terrorisme aux Zitazunis, vous voyez tout de suite le style...) assez habilement désamorcées et que - rejoignons pour le coup complètement le choeur de nos amis franskiljoens - le toujours assez bien bien Jake Gyllenhaal donne ici à voir une intéressante variation adulte du "Donnie Darko" qui fit sa gloire... eh bien...

Eh bien on en oublie presque les quelques invraisemblances du scénario et les CGI approximatifs (boum le train !) pour ne retenir qu'une chose: Zowie Bowie arrive à nous tenir en haleine tout du long avec - à la louche - 11 fois et demie la même scène qui se répète.
Ou presque.

Parce que forcément, Colter chaque fois en sait plus...
Et donc en fait plus...

Et c'est évidemment aussi ce qui fait tout le sel ludique de ce "Jour Sans Fin" S.F. à la mise en scène glacée et sophistiquée...

Alors ? C'est-y-pas beau, ça, madame ?

Si, si, c'est bien... C'est même très bien, tiens.

Cote: ***


dimanche 22 mai 2011

Pendant ce temps-là, sur la Croisette...

Croyez-le ou non, peut-être pour la première fois depuis que je suis le Festival de Cannes on n'a pas entendu chanter sur tous les tons que l'édition annuelle était "faible". Que du contraire, même... D'un avis quasi unanime, c'était une grande année.

Du coup, le palmarès est beau mais oublie en route quelques favoris... Que voulez-vous, trop de bons films, hein...

La plus grande surprise vient de l'absence au palmarès de la grandissime favorite au Prix d'Interprétation Féminine, Tilda Swinton, coiffée sur le poteau par Kirsten Dunst (comme quoi, malgré ses déclarations fracassantes et autres provocs, Lars von Trier-le-Mysogine porte chance à ses actrices: troisième comédienne récompensée pour un de ses films après Björk et Charlotte Gainsbourg).

Pour le reste, la Palme d'Or va assez logiquement à la symphonie new age de Terrence Malick, "Tree of Life", Dujardin fais un Prix d'Interprétation Masculine très populaire ce qui devrait être un plus pour l'image du Festival et - comme leur compagnon de Grand Prix Nuri Bilge Ceylan - les Dardenne continuent à engranger les récompenses. Encore un Prix Spécial du Jury et un Prix de la Réalisation et ils auront fait le tour...

Ah oui... Et je suis content pour Maïwenn Le Besco dont le discours heurté et ému était très à l'image de ses films (Prix Spécial du Jury pour "Polisse") et pour Nicolas Winding Refn dont le travail impressionnant est enfin reconnu à sa juste valeur (Prix de la Réalisation pour "Drive").

Voili voilà... Tout ça ne va pas bien loin, comme d'habitude mais bon, allez, ça ne mange pas de pain...

En tot volgende jaar...

samedi 21 mai 2011

Le retour du Grand Méta-Ghostface.

"Scream 4" de Wes Craven (USA); avec Neve Campbell, David Arquette, Courteney Cox, Rory Culkin, Emma Roberts, Anthony Anderson...

Dix ans après les derniers crimes perpétrés par Ghostface, Sidney Prescott a enfin réussi à tourner la page et est de retour à Woodsboro pour la sortie de son premier roman. Ses retrouvailles avec sa jeune cousine Jill et le couple Dewey/Gale seront de courte durée. Car le tueur est de retour et il semble que cette fois les règles aient changées.

Onze ans après avoir bouclé ce qui devait être une trilogie, Wes Craven est donc de retour aux affaires pour ce qui ressemble fort à un suicide en beauté.

Délestant définitivement la série de tout sérieux il signe en effet, à l'image de la scène d'ouverture en forme de poupées-gigognes, un film qui est à la fois une suite du premier "Scream" et son remake.
Ainsi que sa parodie.
Et le remake de sa parodie (la série des "Stab", présente dès "Scream 2" ).
C'est donc aussi bien une parodie de remake que le remake d'une parodie.
Une sorte de méta-film.
Ou une parodie de méta-film ?
Une méta-parodie ?

Tout cela à la fois.

Vous suivez ?

Bon, résumons nous...

Donc, en gros et tout un gardant une espèce de premier degré effarant quand on sait ce que ça cherche à faire, voilà un bon film d'horreur mainstream, à l'ancienne, fleurant bon les années '90, évitant la surenchère et le craspec', qui cite à tout va et s'autoparodie en cours de route avec une maestria assez confondante, il faut bien le dire.

Bon, ça ne fait pas vraiment peur, on n'en est plus là, mais ça réussi quand même au milieu de toute cette méta-critique, à ménager un suspense impressionnant et quelques twists étonnants, tout en jouant sur l'intelligence et l'orgueil du spectateur qui croit bien vite avoir tout compris (c'est lui, c'est pas lui, ah si c'est lui et puis boum, finalement...).
Et c'est d'autant plus à l'honneur du vieux Wes de réussir ce tour-là, surtout quand on sait à quel point ce 4 suit la ligne du 1 (meta-remake de parodie, vous suivez toujours ?).

Le seul petit bémol, si il devait absolument y en avoir un, serait à chercher du côté des meurtres proprement dits, qui manquent d'homogénéité dans leur invention et leur intensité (certains sont très originaux et parfois fort gore, d'autres sont complètement expédiés avec l'eau du bain), ce qui fait parfois un peu retomber la sauce.

Mais ne boudons pas pour autant notre plaisir.

Nettement meilleur que les deux premières séquelles, donc, servi par une réalisation classique et fluide tout à fait idoine et par un casting solide d'où émergent quelques fort belles jeunes pousses (Emma Roberts et Hayden Pannetiere en tête), ce quatrième et cette fois-ci semble-t-il dernier opus résonne comme le fort beau chant du Cygne d'une série, d'un genre et sans doute d'un réalisateur qui, avouons-le, en dehors de cette saga ne semble plus avoir grand'chose à dire.

Raisons de plus pour profiter pleinement de cet ultime sursaut, non ?

Cote: ***

samedi 7 mai 2011

Fin de séries habituelles...

Ouais, comme d'hab', on liquide après le Bifff.

Je vais donc vous torcher les critiques des trois derniers films vus avant icelui et qui sont sans doutes déjà sortis en DVD, voire passés sur France 3 en deuxième partie de soirée...

Le truc c'est que, pour une fois, je vous le fais vraiment en trois lignes et après on passe à autre chose...

C'est parti !


- "Ma Part du Gâteau" de Cédric Klapisch (F); avec Karin Viard, Gilles Lellouche, Audrey Lamy, Jean-Pierre Martins, Raphaelle Godin, Zinedine Soualem...

Au chômage après la fermeture de son entreprise pour raison économique, une mère de famille provinciale monte à Paris et se retrouve engagée comme femme de ménage chez le trader responsable de sa situation.
Après le choral et très bancal "Paris", Klapisch revient avec un truc à deux personnages (les rôles secondaires étant inexistants, pour le moins...)... et pour le coup, c'est pas plus réussi.
La partie romcom est tellement cliché qu'elle ramêne à l'inaugural "New-York/Miami" de Capra, formidable, certes, mais bon, on était dans les années '30, aussi...
Et le côté "social" (faut vraiment s'accrocher) avec son vilain trader et sa Mère Courage, renvoie à un vaudeville néo-bobo tel qu'on ne croyait plus en voir ou alors avant longtemps. Très longtemps.
Lellouche est bien. Suffisament veule et cynique en tout cas pour qu'on s'intéresse plus ou moins à son personnage sous-écrit.
Mais Karin Viard, par contre, en fait tellement trois tonnes qu'elle en devient vite insupportable (cfr. ses accents slaves en cascade).
Sinon, ben Klapisch tient un twist et une belle idée finale...
Mais malheureusement n'a pas les couilles de les assumer.
Et donc tout ça se termine bien vite en eau de boudin.
Tagada tsouin tsouin.

Cote: *

- "L'Agence" (The Adjustment Bureau) de George Nolfi (USA); avec Matt Damon, Emily Blunt, Terence Stamp, Anthony Mackie, Jennifer Ehle, John Slattery...

Boum et bang et Philip K. Dick en cascade...
Bizarre aussi, ce brol qui ressemble à un film de S.F. parano "Profanateurs de Sépultures" style, avec sous texte sur la Guerre Froide... mais 40 ans après.
Genre "The Box", me direz-vous...
Oui, sauf qu'ici, la remise en perspective est inexistante et que donc, ça fait "daté".
D'autant qu'au bout d'un moment, le côté mélodrame déterministe l'emporte sur la parabole sur la liberté , le contrôle et le rapport au pouvoir.
Et que ça vire à la bluette.
Efficace, certes...
Surtout avec ce look "Mad Men" très lèché (la présence de John Slattery au générique n'y est certainement pas pour rien), cette réalisation efficace, cette belle direction artistique...
Et malgré ces effets un peu limites (on ouvre des portes, oui, bon...).
Sinon, Terence Stamp est très bien !

Cote: **

- "Sucker Punch" de Zack Snyder (USA); avec Emily Browning, Abbie Cornish, Jena Malone, Vanessa Hudgens, Jamie Chung, Carla Gugino...

Soit un pur film de mec avec que des filles (et Scott Glenn)...
Des fille en uniforme ou en socquettes, avec des gros flingues, qui dézinguent des zombies nazis (entre autres) sur fond d'explosions et de gros rock'n'roll ("Search & Destroy", "White Rabbit", ce genre...).
Du pur fétichisme, en somme..
Un gros jeu vidéo, visuellement ka-boom, scénaristiquement débile (un jeu de plateformes dont le twist est compris dès la première bobine, en gros), répétitif jusqu'à la nausée et très en-deça de ce que l'on pouvait attendre du réalisateur de "Watchmen".
Mais le casting est agréable au regard et au moins on ne s'ennuie pas, même si la sous-couche "cabaret" est purement et simplement inutile...
Du bon gros divertissement, somme toute.
Gras, même... Mais sympathique.

Cote: **

lundi 2 mai 2011


Bifff 29: fin de bail (avant qu'on ne soit déjà au Bifff 30).

Vous savez ce que c'est, hein, à force.

Tous les ans, à la fin du Bifff, je me fais une espèce de déprime/descente/décompression qui s'accompagne d'une perte d'intérêt pour le cinéma.

Ce coup-ci, ce fût particulièrement long: presque deux semaines et je n'ai même pas encore posté les comptes rendus des deux derniers films vus au festival.
Sans compter ceux des trois films vus avant celui-ci (parfois longtemps avant, d'ailleurs), auxquels je règlerai leur compte dans un avenir proche et en tir groupé, comme le veut la tradition ("Scream 4" aura quand même droit à sa chronique particulière, faut pas pousser non plus...

Allez, en attendant et pour enterrer une bonne fois pour toute le Bifff cuvée 2011, voilà les deux dernières critiques qui lui sont attenantes.

23. "The Ward" de John Carpenter (USA).
1966. Une jeune pyromane est envoyée dans une institution spécialisée où il se passe de drôles de choses. La nuit.
Onze ans, donc, que l'on attendait ça.
Onze ans, depuis le déjà fort décrié "Ghosts of Mars", vu au Bifff 2001 en V.O. non sous-titrée.
Eh, oui, on est un peu déçu.
Non, rien de nouveau sous le soleil.
Oui, l'intrigue de ce nouvel opus est quelque peu rabâchée. Et que dire de son twist final, particulièrement éculé chez les grecs (oui, tant qu'à faire, moi aussi je ressors des jeux de mots de 1935) ?
Et puis, c'est vrai, c'est un peu lent...
Mais, allez...
Etait-ce pour autant la peine de huer ce film pas non plus indigne, pas non plus honteux, alors que des bouses de la taille de "La Proie" ou "Troll Hunter" (qui avait lui le mérite de l'originalité, c'est vrai) se font en fin de compte applaudir ?
Certainement pas.
Et celà pose d'ailleurs à nouveau de solides questions quant à savoir ce que les festivaliers viennent vraiment chercher ici.
Mais baste, l'heure n'est plus au débat.
Contentons-nous de dire que ce fûr un réel plaisir de revoir un peu de fantastique classique et à "l'ancienne". De l'artisanat robuste et bien ficelé, même si pas original pour deux sous. Avec un rebondissement final attendu mais bien amené, une belle ambiance, un tout petit peu de gore bon teint et une remise en perspective habile, à l'aune de l'ultime révélation, de tout ce qui faisait au départ que l'on croyait le film peu vraisemblable.
En plus, le casting féminin est plaisant et le moins que l'on puisse dire c'est que le vieux Carpenter sait y faire avec une caméra - et pas qu'un peu.
Et rien que ça, après toutes les bouses floues et mal cadrées que l'on doit s'envoyer à longueur de festoche, et bien ça repose et puis ça fait plaisir !

Cote: *** (juste pour faire chier, na !)

24. "Monsters" de Gareth Edwards (USA).
Six ans après la découverte d'une forme de vie extraterrestre et son arrivée sur Terre après la désintégration accidentelle d'une sonde au-dessus du Mexique, les autorités tentent de circonscrire une éventuelle invasion par la création d'une zone de sécurité entre les Etats-Unis et le Mexique. Un reporter est chargé par son patron de ramener la fille de celui-ci au bercail... et se retrouve forcé de traverser la zone infectée.
Bon, ça a pas coûté cher, c'est fait avec peu de moyen (mais chapeau aux - rares -effets spéciaux), c'est en grande partie improvisé (un peu trop quand on en vient aux dialogues, ridicules, d'ailleurs) et on sent bien la métaphore sur l'Amérique en proie à la menace terroriste ainsi que la charge envers sa politique d'immigration (ou l'un, ou l'autre, je ne sais plus et, après tout, chacun est libre de se faire son propre film dans le film, hein).
Mais bon, ce truc qui lorgne nettement du côté de "District 9" et de "Cloverfield", malgré toutes ses bonnes intentions et le buzz qu'il a - une fois de plus - généré est surtout assez implacablement chiant.
Il ne se passe pour ainsi dire rien, ou si peu, c'est de nouveau à peine filmé, à peine mis en scène, la direction d'acteur est pour le moins approximative et - une fois de plus, je le répète - les dialogues sont à se pisser dessus de par leur comique involontaire ("et sinon... est-ce que tu as un animal de compagnie ?").
Bref, encore un truc survendu et inepte, ni fait ni à faire, sans beaucoup d'intérêt ni d'enjeu (à part peut-être le fait d'être le témoin involontaire d'une parade nuptiale de poulpes de l'espace, sensé représenter l'amour naissant entre les deux protagonistes). Une promenade dans la jungle, quoi... Un film de vacances.
(Baille...)

Cote: *

Et à l'année prochaine.

mercredi 20 avril 2011


Bifff 29: Le Palmarès !

Et comme vous avez pu le voir, je me suis trompé dans les grandes largeurs, sauf pour "J'ai rencontré le Diable", évident Corbeau d'Or (il dépassait la compétition de la tête et des épaules, il faut le dire, et le seul film qui aurait pu lui faire de l'ombre - "Super" - était hors compétition).

Pour le reste, j'en touche pas une et il y a même quatre films primés que je n'ai carrémment pas vus.
Ce qui donne quand même la fâcheuse impression d'être passé à côté de la floche, c'est vrai...

MAIS !

Mais, mais, mais, mais, mais...

Beaucoup de mes pronostics sont passés à côté du flambeau mais l'ont frôlé.
De près.

Obtenant pour la plupart des "Mentions Spéciales" ou des "nominations".

Oui, je sais, c'est minable. On se console comme on peut...

Oui mais bon.

C'est déjà ça, non ?

Misère...

(Ah ! Et j'avais oublié de dire que je me doutais que "Détective Dee..." allait ramasser un prix, je le jure !)

Allez, le Palmarès complet de le 29ème Festival International du Film Fantastique, de Science-Fiction et de Thriller de Bruxelles s'articule comme suit:

- Corbeau d'Or: "J'ai rencontré le Diable", de Kim Jee-woon (SK).

- Corbeau d'Argent: "Détective Dee et le Mystère de la Flamme Fantôme" (CH) et "Midnight Son", de Scott Leberecht (USA).

- Mélies d'Argent (Meilleur Film Européen): "Transfert", de Damir Luketic (G).

- Prix du 7ème Parallèle: "La Passion selon St-Tony", de Veikko Ounpuu (Est.)

- Prix du Meilleur Thriller: "Territoires", d'Olivier Abbou (F).

- Prix du Public ("Pégase"): "Rare Exports", de Jalmari Helander (FI).

Des mentions spéciales en pagaille, donc, pour certains de mes chouchous: "Séquestrés", pour le jury Thriller, "Troll Hunter" (caca, mais j'avais pronostiqué un prix) pour les Européens et "Super", "nominé" pour le Prix du Public.

Mais rien de rien et c'est bien dommage, pour l'excellent "Les Yeux de Julia".

C'est Grand Malheur mais bon, voilà...

A l'année prochaine ?

Mais oui, allez...

Mais oui.

WELCOME !

Ah... Et en attendant... Mes Tops et Flops 5, tiens. Cadeau !

- Top 5:

1. "Super", de James Gunn (USA).
2. "J'ai rencontré le Diable", de Kim Jee-woon (SK).
3. "Les Yeux de Julia", de Guillem Moralès (S).
4. "Balada Triste de Trompeta", de Alex de La Iglesia (S).
5. "Tetsuo III", de Shinya Tsukamoto (J).

Et plein de mentions spéciales à "Séquestrés", "13 Assassins", "Mutants" ou même "The Ward" ou "Captifs", tiens...

Preuve de l'excellence de cette édition...

- Flop 5 (le pire en 1):

1. "La Proie" de Eric Valette (F).
2. "The Child's Eye", de Danny et Oxide Pang (HK/TH).
3. "Troll Hunter", d'André Ovredal (N).
4. "Monsters", de Gareth Edwards (USA).
5. "Le Règne des Assassins", de Chao-Pin Su et John Woo (CH).

Pas de mention spéciale pour la même raison que plus haut...

Et à l'année prochaine, DONC ! ...

mardi 19 avril 2011


Bifff 29: les pronostics.

Bon, je suis à la bourre, je n'aurai pas le temps d'écrire la critique de "The Ward" avant ce soir mais je vous balance quand même en vitesse mes pronostics parce que le palmarès... ben c'est ce soir.

Compliqué cette année puisque quelques films dignes d'être primés étaient présentés hors compétition ("Super", "13 Assassins"), que je n'ai vu qu'un film "7ème Parallèle" ("Tetsuo III") et qu'il y avait quelques erreurs de casting ("J'ai rencontré le Diable" et "Les Yeux de Julia" auraient été mieux en section "Thriller", par exemple).

Donc, à la louche et un peu à l'aveugle...

Les Corbeaux (Or et Argent) devraient se jouer entre "J'ai rencontré le Diable", "Seconds Apart" et "Troll Hunter" (mais je n'ai pas vu "Bestseller", donc...) mais je ne sais pas dans quel ordre.
Pour le Prix du Public, entre "Super" et "Neon Flesh" (avantage à "Neon Flesh").
Le Méliès à "Les Yeux de Julia" ou "Troll Hunter" (encore lui, misère !)
Le 7ème Parallèle à "Milocrorze" (je dis ça uniquement en vertu du bouche à oreille).
Et le Prix du Meilleur Thriller soit à "Captifs", soit à "Séquéstrés" (avantage à "Captifs" mais "Essential Killing" pourrait aussi créer la surprise).

Voilà, c'est très vague mais c'est comme ça et de toute façon ça n'a pas beaucoup d'importance, c'est vrai.

Allez, les jeux sont faits et à ce soir pour les résultats.

lundi 18 avril 2011


Bifff 29: Jour 11.

Où l'on commence à sentir l'écurie.


Et oui ! On entame la toute, toute dernière ligne droite. Plus que cinq films (Seigneur !) et on remballe.

On va donc pouvoir aussi se livrer bientôt au petit jeu des pronostics. Plus tard. Demain. Après "The Ward".

Sinon, il s'est passé plein de choses en ce dimanche soir.

Déjà c'était journée Japanimation avec concours de Cosplay donc journée spéciale golmons.

Misère de misère mais comment peut-on ? Encore plus pathétiques que tous les trekkies de la Terre réunis.

Enfin, faut bien que jeunesse se passe, hein ?
Mouais, le problème c'est que la plupart sont des adultes...

Ensuite il y avait Zoé Félix en chair et en os qui est venue présenter "Captifs", chanter "La Javanaise" et dire plein de gentilles bêtises avec sa (très) jolie bouche.

Enfin, last but not least, ils sont parvenus pour la première fois du festival (à deux jours de la fin, faut l'faire !) à respecter les horaires et ce malgré la projection avant le film de 22 h des deux courts-métrages réalisés dans le cadre du workshop.

Comme quoi tout arrive.

Si ils avaient pu les projeter de manière à ce qu'on puisse les apprécier convenablement - et pas en immonde vidéo à l'image ultra-sombre, tout cela aurait été parfait.

Enfin, les courts-métrages c'est pas encore trop grave...

Le problème c'est que le film de 18 h et celui de 22 étaient projeté dans les mêmes conditions (et pour le 22 h ça rendait le truc limite impossible à voir).

Juqu'au bout on se sera foutu de nos gueules.

Jusqu'au bout.

20. "The Child's Eye" de Danny et Oxide Pang (HK/TH).
Dix jours après "La Proie" d'Eric Valette on tient enfin la deuxième vraie grosse bouse du festival.
C'est dire si cette édition aura été de bonne tenue.
Ici, les frères Pang qui nous avaient pourtant habitué à mieux (la trilogie "The Eye" ou le récent "Re-Cycle", visuellement splendide) atteignent le sommet du ridicule avec cette improbable histoire d'hôtel hanté et d'enfant-chien (si, si, je vous jure).
C'est filmé avec les pieds (un comble, pour des virtuoses pareil), pas écrit, pas joué, ça ne va nulle part, ça ne raconte rien et surtout ça ne tient absolument pas debout (faudra qu'on m'explique le pourquoi du comment de cet enfant-chien, pourtant au centre du récit, justement).
C'est lent, c'est long, ça tourne en rond, il ne se passe rien (ou si peu).
Le comble, c'est que ce film a été tourné en 3D et nous étais présenté en 2D.
Donc, tous les effets sensé nous faire sursauter (pleins de trucs qui sautent à la gueule du spectateur: des chaises, des livres, des insectes, une main...) tombent misérablement à plat - et c'est le cas de le dire.
Bref, tout cela était tellement naze qu'il valait mieux prendre le parti d'en rire.
Mais c'était pas facile.

Cote: °

21. "Captifs" de Yann Goslan (F).
Un torture porn soft où des médecins français (dont la jolie Zoé Félix, donc) se font enlever par de méchants trafiquants d'organes à la fin d'une mission au Kosovo.
Rien de bien transcendant ici mais le film est honnête et se laisse gentiment regarder sans ennui ni déplaisir.
Le principal problème étant que le scénario fournissait de la matière pour un moyen-métrage et que ça fait quand même près d'une heure et demie.
Donc on est obligé de tirer dessus, surtout dans la première partie. D'où un impression de remplissage (des scènes de rêves ou des flashbacks sur des traumas pas franchement utiles).
Dans la dernière partie, heureusement ça décolle et ça devient même franchement haletant même si c'est parfois à la limite du vraisemblable.
Mais il y a de vraies bonnes idées de mise en scène (surtout si l'on tient compte du fait que c'est un premier film: la scène de l'enlèvement et tout le final dans les bois et dans un champ de maïs sont vraiment très bien foutus), un gros travail sur le son...
Et Zoé Félix.

Cote: **


22. "Seconds Apart" d'Antonio Negret (USA).
Je ne me suis décidé qu'à la toute dernière minute à aller voir celui-là, m'attendant, si pas à un chef-d'oeuvre, en tout cas à un tout bon film.
Hélas, je suis déception.
Non pas que c'était mauvais, non, c'est même fort bon même si très classique.
Mais... Je ne sais pas... Je m'attendais à mieux.
C'est assez glauque et malsain mais ça ne va pas assez loin.
Les crimes commis par les jumeaux grâce à la télékinésie sont rigolos mais à partir d'un moment ils cessent et le film s'enferre dans une sorte de méditation sur la géméllité et la famille des plus lourdingues, jusqu'à rebondir enfin lors du twist final inattendu mais somme toute assez convenu.
L'enquête menée par le flic est plus que poussive et, franchement, on aurait pu tout à fait se passer de la sous-intrigue concernant la mort de sa femme et le trauma qui s'ensuivit parce ça n'amène rien, si ce n'est la bizarre et irritante impression de voir deux films en un.
Deux films n'ayant rien à voir l'un avec l'autre, qui plus est.
Bref, l'idée de départ est intéressante, la forme originale mais le tout reste malheureusement bien trop inabouti et laisse douloureusement sur sa faim.
Et comme en plus ça nous a été projeté dans des conditions indignes...

Cote: **

Ce soir: "The Ward".
Demain: "Monsters", palmarès et cloture.


Bifff 29: Jour 10.

Où l'on est une fois de plus confronté aux Mystères du Bifff...

Sold-ou de misère pour "Troll Hunter" et aujourd'hui rien.

Ou si peu...

Une salle totalement dégarnie alors que nous sommes samedi soir, que c'est un film - relativement - tout public et que c'est une GROOOOOOOOOOOOOSSE comédie espagnole bien lourde comme les adore le public de base du Bifff.

Mitonée qui plus est par l'équipe derrière "Sexykiller" (Prix du Public il y a deux ans): le scénariste Paco Cabezas, qui signe ici sa première réalisation et la comédienne MACARENA (Minga !) Gomez, à poil et recouverte d'huile à la minute 47 comme précisé lors de la présentation par un réalisateur qui sait vendre son produit...

A défaut d'autre chose...

19. "Neon Flesh" (Carne de Neon) de Paco Cabezas (S).
De la part de l'équipe cachée derrière "Sexykiller", donc (voir ci-dessus) on s'attendait au moins à un truc un peu tenu et rythmé, à défaut d'être très intelligent (le cinéma ibère est rarement fin, surtout lorsqu'on aborde la comédie, fût-elle "policière").
Eh ben non, alors...
Ce truc inutilement long (deux heures pour un macramé pareil, misère et paratonnere !) est divisée en deux parties - vraiment trop - distinctes.
La première est longue, lente, ampoulée, inutilement alambiquée et ne semble aller nulle part et ne rien raconter.
Tant et si bien qu'on finit par l'attendre, la minute 47 !!!!!
La seconde, au contraire, souffre d'un excès de graisse, voulant visiblement tout résumer d'un coup et devenant, c'est une évidence, presque incompréhensible.
Mais bon, ce qu'elle perd en clarté elle le gagne en efficacité, ce qui, en l'espèce, n'est quand même pas plus mal.
A part ça, ben c'est rarement drôle alors que c'est censé l'être, ce n'est pas touchant alors que ça s'y essaye à tout crin et c'est branquignol là où ça se croit très malin (la réalisation, gadget et hystérique).
Sans parler de la profusion de scènes - voire de personnages (la fille du flic) - totalement, mais alors totalement inutiles et superflues !
Mais !
Mais, mais, mais, mais, mais...
On ne s'ennuie pas, c'est sûr, devant ce film qui, à force de maladresses et d'excès finit par devenir attachant.
Comme beaucoup de films espagnols, après tout...
Donc, finalement, l'un dans l'autre, hein ?...
Deux étoiles, allez...


Cote: **

Ce soir: "The Child's Eye", "Captifs" et "Seconds Apart".
Demain: "The Ward".

samedi 16 avril 2011



Bifff 29: Jour 9.

Où l'on est de nouveau étonné d'être surpris ainsi que passablement énervé.

"Troll Hunter" sold-out ! On m'aurait dit ça !

Et bien sold-out, en plus: pas mal de gens n'ont pas trouvé de place et ont donc vu le film assis à même le sol. Ce qui nous amène quand même à nous poser certaines questions. Aurait-on vendu plus de billet qu'il n'y a de places disponibles dans la pourtant très grande salle de Tour et Taxis ?

Mystère et boules de bite mais ça ne donne pas une image moins "amateuriste" de l'équipe organisationnelle.

Pas plus d'ailleurs que les retards qui s'accumulent (y a pas un soir où il n'y en a pas eu), s'allongent et deviennent de plus en plus absurdes.

Et, on peut le dire, commencent vraiment à casser les couilles.

Parce que bon, ce soir, deux films courts (respectivement 1 h 30 et 1 h 25) et malgré ça une heure de retard dans la vue.

Je veux bien que c'était en partie du à l'affluence (toujours incompréhensible) pour "Troll Hunter" mais quand même.

Pourquoi faire venir Renny Harlin, Invité d'Honneur n'ayant rien à vendre (heureusement, ce type n'a réalisé que des bouses immondes, à part peut-être "Die Hard 2") un jour où il y a déjà un invité (le réal du film) et passer six (SIX, putain !) bandes annonces de ses "oeuvres" dans la foulée ?

On me dirait qu'ils le font exprès que ça ne m'étonnerait plus tant que ça, à force...

Enfin...

17. "Troll Hunter" (Toljegeren) de André Ovredal (N).
Tout ça pour un mauvais film, en plus.
Parce que vraiment...
D'abord - et il faudrait que tous les réalisateurs présents et futurs finissent par se le fourrer dans le crâne - on en a marre des faux docus "Blair Witch" style filmés caméras à l'épaule par des soi-disants-étudiants-qui-ont-disparu-mais-on-a-retrouvé-les-enregistrements.
Ca va. C'est bon. On a donné. N'en jetez plus la cour est pleine.
Ce n'est vraiment plus qu'un artifice à la con pour camoufler un manque d'ambition et d'originalité crasse.
Ensuite, comme souvent dans ce genre de film, les trois quarts du temps il ne se passe rien et donc on se fait chier.
Et c'est particulièrement vrai ici avec un film qui ne dure qu'une heure et demie mais qui parait en faire au moins trois de plus.
Zachte Christus !
Qu'est-ce qu'on s'emmerde, putain, c'est à peine croyable.
Pourtant, paradoxalement, il y des moments drôles (tout ceux avec les trolls, tellement mal foutus dans le genre Muppet Show/Géants de la Ducasse d'Ath que ça en devient presque touchant).
Et puis, c'est vrai, l'idée de départ est originale.
Mais preuve est faite et bien faite qu'UNE bonne idée ne fait pas forcément un bon film, bordel !
Milliards !

Cote: *

18. "Séquestrés" (Secuestrados) de Miguel Angel Vivas (S).
Ici par contre pas moyen de s'ennuyer.
Pas le temps, pas possible.
C'est du sévère, du burné, du qui cogne et qui fait mal.
Une sorte de "Funny Games" à l'espagnole mais où, contrairement au film de Haneke, on voit tout.
Et ça bastonne. Ca saigne, ça pisse, ça éclabousse !
En gros, un home-jacking dans une villa madrilène filmé en temps quasi réel et, tour de force technique, en seulement 12 plans-séquences (sauf que le garçon triche, il y a au moins deux scènes en split-screen. Oooouh ! Pas bien !).
Un home-jacking qui tourne mal, très mal et pour à peu près tout le monde.
Avec une escalade dans la violence particulièrement sévère (une vilaine scène de viol, une autre réminiscente d'"Irréversible", vous voyez un peu le genre) qui laisse difficilement indifférent et vous fait sortir de là lessivé et sans voix.
Un film à la fois ultra dur et totalement euphorisant.
Définitivement du Grand Art !

Cote: ***

Ce soir: "Neon Flesh".
Demain: "The Child's Eye", "Captifs" et peut-être "Seconds Apart" (j'ai pas encore ma place).

vendredi 15 avril 2011



Bifff 29: Jour 8.

Où l'on passe un nouvel anniversaire au Bifff.

Eh oui, un an de plus et de nouveau un anniversaire à Tour et Taxis. Wééééééééééééé !!!!

A part ça quoi de neuf aujourd'hui, alors que nous avons allègrement dépassé la moitié du festoche ?

Eh bien, Timothy Spall est venu nous chanter une petite chanson, le "projectionniste" a inventé une nouvelle cascade (en milieu de film, l'image passe dans la partie supérieure de l'écran et on en perd donc la moitié) et l'on se rend compte qu'ils sont quand même capable de respecter les horaires, quand ils veulent (mais comme le film de 22 h durait quand même deux heures et demies, ce coup-ci ça ne servait à rien).

On en est là !

15. "Wake Wood" de David Keating (UK).
HAMMER RULES !
Eh oui ! C'était bien à une co-production Hammer à laquelle nous avions droit avec ce film qui évoque à la fois "The Children" et "Simetierre".
Et quelque part, ça se voyait.
Le même genre d'ambiance que jadis, avec ce petit village de campagne, vaguement inquiétant, ces paysages embrumés, ce rythme un peu languide et cette intrigue à base de rites païens (ça fait aussi un peu penser à "The Wicker Man", dans un autre registre).
Rien de bien transcendant mais un petit film plaisant, avec une belle ambiance et qui propose une réflexion intéressante sur le thème du deuil.
Et puis, encore une fois, il y a l'ami Timothy Spall (et Eva Birthistle !)...

Cote: **

16. "J'ai rencontré le Diable" (Akmareul Boatda)de Kim Jee-woon (SK).
Ah la la...
Dommage, trois fois dommage.
Parce qu'en l'espèce, on tient ici le meilleur film de la séléction so far. Et haut la main, en plus !
Dame, ça, quand les sud-coréens s'en mêlent, les autres se taisent et apprennent.
A plus forte raison quand le coréen de service n'est autre que Kim Jee-woon, réalisateur de "Deux Soeurs" (primé à Gérardmer et au Bifff), "The Quiet Family" ou "A Bittersweet Life".
Et qu'à l'affiche l'on retrouve deux des plus grands comédiens en activité au Pays du Matin Calme: Byung-Hun Lee (l'acteur "fétiche" de Kim Jee-woon) et Cho Mink-sik (le "OldBoy" de Park Chan-wook), ici en clone asiatique de Mickey Rourke période "The Wrestler".
Le film en lui-même est, on peut le dire, une pure tuerie.
Un truc de fou remonté à balles de guerre.
Violent, sadique, gore, admirablement réalisé (la scène dans la serre, par exemple), porté par un scénario à la fois original et roublard (après l'assassinat de sa petite amie enceinte par un serial-killer, un agent secret traque celui-ci, lui fait ingérer une gélule contenant un micro et un gps et à partir de là va se mettre à le harceler, surgissant toujours quand l'autre ne l'attend pas pour le tabasser, voire le torturer, rendant le tueur complètement fou et parano. Jusqu'à ce que tout s'inverse, bien entendu) et surtout traversé par les salves d'un humour à froid salutaire qui s'amuse à désamorcer les situations les plus potentiellement ultimes.
Las, lorsque arrive le dernier quart d'heure, extrèmement complaisant, cet humour disparait et la résolution ne devient plus qu'une sorte d'exaltation de la Loi du Talion, de la légitime défense, de la vengeance, remettant donc en perspective tout ce qu'on l'a vu auparavant.
Se révèle alors un film cynique et amer, dont la plupart des ressorts ne sont là que pour titiller nos plus bas instincts.
Dommage, trois fois dommage, donc, que l'on ressorte de là avec un drôle de goût dans la bouche.
Parce que le film en tant que tel, si l'on ne prend pas en compte ce curieux "message", pardon mais c'est de la bombe !
Une bombe sale, malheureusement.

Cote: ***

Ce soir: "Troll Hunter" et "Kidnapped".
Demain: "Neon Flesh".

jeudi 14 avril 2011



Bifff 29: Jour 7.

Où l'on commence sérieusement à se demander si on ne se foutrait pas un tout petit peu de notre gueule.

Oui, sérieusement.

Parce que bon...

Des invités à toutes les séances, c'est bien beau mais... ça déborde.

Le film de 20 h qui en dure deux, ben... ça déborde.

Et quand en plus on a la bonne idée de programmer la présentation du Jury International le même soir, bandes annonces à l'appui et bien figurez-vous que... ça déborde !

Résultat des courses: le film de minuit démarre avec une heure dix de retard et on sort de là à deux heures et demies du matin.

Rajoutons à ça "Stake Land" (22 h) projeté en version vidéo ou carrément téléchargé sur le Net avec une image où l'on voyait les pixels (après "Détective Dee" en V.F. et les sempiternels flous artistiques du "projectionniste") et l'on commence légitimement à s'agacer devant tant d'amateurisme et de je-m'en-foutisme.

Parce que, quand même, on paye cher et vilain pour tout ça.
Le minimum serait quand même qu'on puisse voir les films dans des conditions un peu convenables, non ?

En plus, ce fût du point de vue films la première soirée un peu faiblarde de cette édition, heureusement sauvée in extremis par ce bon vieux Tsukamoto lors de ma première (et sans doute dernière) séance de minuit (où l'on rencontre aussi de bien beaux animaux de cirque, soit dit en passant).

12. "Le Règne des Assassins" (Jianyu) de Su Chao-Bin et John Woo (CH).
Et en plus, y en a marre des films de sabre.
Déjà le troisième de cette édition (mais bon, le Miike était excellent, avouons-le) et puis, de manière générale, le genre me lasse.
C'était bien il y a 10, 15, 20 ans, quand on découvrait ça de nos petits yeux émerveillés mais au bout de 80 films du même tonneau, c'est bon, on a compris.
Toujours les mêmes intrigues inutilement alambiquées, les mêmes chorégraphies, les mêmes personnages typés, les mêmes combats, les mêmes cascades... Pffff...
En plus, celui-ci, malgré la présence au générique de Michelle Yeoh et John Woo, manque singulièrement de souffle et surtout de rythme.
Donc, rien à faire, pas moyen d'entrer dedans et au bout d'un moment... ben on s'emmerde.

Cote: *

13. "Stake Land" de Jim Mickle (USA).
Le nouveau film du réal de "Mulberry Street" est donc un survival post-apocalytpique avou des vampiiiiiiiiiiiiiires.
Et, malgré son image affreuse (pas vraiment aidée en plus par les conditions de projection évoquées ci-dessus), ça commence pas mal, dans un genre fort réminicent de "La Route" (y compris point de vue musique, d'après Le Diable, bien que moi ça m'évoquait plus "Where the Wild Roses Grow" de Nick Cave vs. Kylie Minogue, mais bon...).
Une bonne ambiance, d'affreux monstres, un peu d'action, un peu de gore, un sous-texte intéressant sur les dérives religieuses (c'est à la mode cette année, visiblement)...
Bref, tout cela était plutôt mucho sympathico... Au début...
Malheureusement, au milieu, le film s'encrouille, se répète, se ralentit, s'endort et semble surtout ne plus savoir comment diable il va bien pouvoir se terminer.
Et du coup ben, là aussi on finit par se faire un peu chier.
Rien qu'un peu mais ça suffit...

Cote: ** (et c'est bien payé)

14. "Tetsuo III" (Tetsuo: The Bullet Man) de Shinya Tsukamoto (J).
Et heureusement pour la fin de soirée, Tsukamoto était de retour en forme olympique pour botter des culs.
Avec ce "Tetsuo" troisième du nom qui est en fait un remake du second avec des acteurs américains et des dialogues en anglais, pour s'ouvrir au marché U.S.
Ce qui, à mon avis, n'est pas gagné d'avance.
Parce que, dans le genre retour aux sources du mythe cyberpunk hystérique qui charcle et qui éclabousse dans les grandes largeurs, ouh là !, ça se pose un peu là !
Stroboscopique, épileptique, totalement déjanté, visuellement sidérant (et que dire du son et de la musique) cet upgrade de "Tetsuo II" (le début est un remake quasi plan par plan mais la fin est fort différente) est pour le néophyte une expérience limite hallucinatoire et pour l'habitué, voire le fan, un plaisir proche de l'extase.
D'ailleurs c'est tellement over the top qu'au bout de ces 79' on a l'impression que ça vient à peine de commencer.
Que du bonheur !


Cote: *** (j'aurais bien mis 4 mais faut avouer que les acteurs sont mauvais comme des gorets).

Ce soir: "Wake Wood" et "J'ai rencontré le Diable".
Demain: "Troll Hunter" et "Kidnapped".