mercredi 11 avril 2012

Bifff 30: Jour 6.

Où l'on assiste au strip-tease de Julie Gayet (en 3D !).

Oui, certes, nous connûmes des retards.
Mais admettons aujourd'hui qu'ils fûrent une fois de plus détérminés par la Stib sa grève qui dûre depuis maintenant... oh ! et plus encore... Et qui sème largement le chaos dans le trafic bruxellois (ké bordel, aujourd'hui, minga ! Rien qui bougeait sur la Petite Ceinture !).

Et qu'ils empêchèrent donc l'invitée du jour, la magnifique Julie Gayet, d'arriver à heure et à temps.

Enormément lui sera quand même pardonné car beeeeeeeeeeeelle... beeeeeeeeeeeelle...
Encore plus belle en vrai que sur écran, d'ailleurs.

Et qu'en plus, elle a joué le jeu du Bifff d'une manière étonnante et inédite... et plutôt plaisante à l'oeil.

A l'injonction "à poil !"... Eh bien figurez-vous qu'elle l'a fait.
Ou presque.
Oui, certes, elle a gardé le bas.
Mais elle s'est quand même retrouvée en sous-tif sur scène. Faut le faire, quand même ! Non ?

Le plus fort étant qu'elle obtempéra également au deuxième commandement et qu'elle chanta "Le Tourbillon" d'une fort jolie façon ma foi.

Donc, des invités pareils, on en redemandera !

Les films, par contre...

- La Cascade du Jour: pas de cascade du jour à proprement parler, si ce n'est l'habituel retard à l'allumage au film de 20h.
Ah oui: et sortis du schéma "baston" du début, les courts du Collectifff deviennent vraiment intéressants ("L'Enfer du Décor", "Rorschach"... Au moins c'est écrit, quoi.).

Rires. Applaudissements. Rideau.

12. "Carré Blanc" de Jean-Baptiste Leonetti (F).
Dans un monde futuriste déshumanisé, Philippe et Marie, deux orphelins, ont fini par se marier. Lui est devenu un cadre froid, cruel et implacable. Elle essaye de recoller ensemble les pièces de leur amour.
Une sorte de "THX 1138" ultra-ultra-ultra-cheap.
Et c'est dommage, parce que l'idée de départ est intéressante. Et le traitement aussi, quelque part...
Mais il n'y a tellement pas de moyens qu'on décroche. D'autant que le scénario est décousu, manque de liant...
Quelques scènes intéressantes malgré tout. Et deux acteurs visiblement très impliqués.
Mais bon... Ca ne suffit pas forcément.
Enfin là, en tout cas...

Cote: **

13. "Tormented" (Rabitto Hôra) de Takashi Shimizu (J).
Le brave Daigo, après avoir abrégé les souffrances d'un lapin blessé, se trouve en butte aux tracasseries de ses camarades de classe, sèche l'école et se réfugie auprès de sa grande soeur muette. Bientôt, ses rêves vont se retrouver hantés... par un lapin blanc géant !
Largement ce que j'ai vu de pire jusqu'ici. Un brol chiant, sans queue ni tête et incompéhensible, pas aidé par une 3D qui une fois de plus est moche et ne marche pas et une photo ultra-sombre qui achève de rendre le truc absolument illisible.
A dégager, et en vitesse !!!!

Cote: °

Ce soir: "Game of Werewolves" et "Bloodwork".
Demain: "Killer Joe" et "Juan of the Dead".

mardi 10 avril 2012

Bifff 30: Jour 5.

Où l'on marche, l'on marche, l'on marche...

Cinq jours de Bifff, déjà onze films au compteur et par dessus le marché cette grève de la Stib qui n'a pas l'air de vouloir finir: y a pas à dire, je commence sérieusement à fatiguer.
Déjà !

Parce que mine de rien, Hôpital d'Ixelles- Tour et Taxis et retour, à pied, tous les jours depuis samedi avec trois films entre les deux... Je suis souffrance, je suis blessure... Je suis fatigue !

D'autant plus rageant qu'aujourd'hui, sans invités, sans courts-métrages et avec des présentations qui se la jouaient "à l'économie", j'aurais pu, pour la première fois, choper mon dernier métro.

Enfin, courage et fortitude, je dirais même: abnégation. Que ne ferait-on pas pour le Bifff, après tout ?

Ah, oui, sinon... Une nouvelle rubrique, avant de parler des flims (du calme, c'est fait exprès): La Cascade du Jour !

- La Cascade du Jour: Au début de "The Whistleblower" il n'y avait que les sous-titres en flamand (enflammants ?). Et en double encore bien !
Tollé général, chipôt à même l'écran (c'était en Blu-Ray) et apparition des sous-titres en français. Mais disparition des flamoetch ondertitelings. Nouveau tollé, nouveau chipôt. Et retour à la normale.

Rires. Applaudissements. Rideau.

9. "Mr. & Mrs. Incredible" (San kei hap lui) de Vincent Kok (HK).
Un couple de super-héros prend sa retraite dans un paisible village retiré. La routine s'installe dans leur ménage jusqu'au jour ou le gouvernement décide d'organiser chez eux un important tournoi d'arts martiaux sensé remettre à plat les codes et la hiérarchie du genre.
Flairant l'entourloupe et voulant surtout remettre du piment dans leur relation, Mr. & Mrs. Incredible reprennent du service.
Cette variation chinoise sur des thèmes déjà abordés par "Les Indestructibles" ou "Kick-Ass", par exemple, est mignonne et rigolote.
Surtout au début, avec sa multiplication de genres et de clins-d'oeil: BD, incrustations, dessin animé, split-screen, hommage au muet... tout y passe et on s'amuse vraiment bien.
Hélas, trois fois hélas, il n'y a pas d'histoire, juste une demi-intrigue prétexte qui plus est largement expédiée avec l'eau du bain.
Du coup, à partir d'un moment le film s'encrouille et on ne va pas dire qu'on s'ennuie mais on se désintéresse peu à peu de l'affaire.
Qui reste globalement amusante mais ne vole pas bien haut et surtout pas bien loin.

Cote: **

10. "Seule contre tous" (The Whistleblower) de Larysa Kondracki (C).
Inspiré d'une histoire vraie (oui, ouch !), celle d'une fliquette américaine engagée dans les Forces de la Paix en Bosnie qui découvre un réseau de prostitution impliquant les Nations Unies.
Encore un film digne. Et quelque part passionnant.
De par ce qu'il révèle, évidemment mais aussi de par son traitement: c'est un thriller politique et un vrai, haletant et intéessant de bout en bout.
Et qui plus est servi par une distribution en béton armé: Rachel Weisz, David Strathairn, Monica Bellucci, Vanessa Redgrave... Excusez du peu !
Mais c'est aussi un film sérieux comme un pape (normal, vu le sujet, me direz-vous), pétri de sa propre importance et dont le côté "donneur de leçon" associé à une mise en scène qui hésite un peu trop entre tout et ne rien montrer, finit par agacer par trop de didactisme.
Et trop d'académisme.

Cote: **

11. "Kotoko" de Shinya Tsukamoto (J).
Et c'est reparti pour un tour de "qui aime bien châtie bien", "qui trop embrasse mal étreint" (rien à voir), "z'avez jamais râté une tarte Tatin" et autres rimes en "in".
Pourtant, Dieu et Billy Wilder savent que je suis un fan hardcore de Tsukamoto. Du genre à lui pardonner des égarements du type "Nightmare Detective" ou "Gemini" (mais pas "Nightmare Detective II" ou "Hiruko le Goblin", faut quand même pas déconner).
Mais là, non, pas moyen.
Et pourtant ! Pourtant l'intention était louable. Après avoir filmé la décadence des corps, passer à celle de l'esprit.
Réaliser un film sur la schizophrénie, entièrement du point de vue du malade.
D'où un film morcelé, halluciné, épiléptique, elliptique, fragmenté...
Mais bon, voilà...
C'est trop chiant.
Malgré quelques bonnes idées, quelques bonnes scènes, quelques bons retours au Tsukamoto cyberpunk d'antan... C'est trop chiant !
Une bonne moitié du truc ressemble à un film de vacances familiales, l'autre verse à ce point dans l'hystérie que ça finit par donner mal à la tête.
Et puis elle chante, bordel, elle chante ! Tout le temps, des trucs lents, a cappella et surtout IN EXTENSO !!!!!!
Et ça, à partir d'un moment, ça donne juste envie de s'arracher les oreilles pour que ça s'arrête.
Parce que c'est trop chiant.

Cote: 1 et 1/2 (chârité tsukamotienne oblige).

Ce soir: "Carré Blanc" et "Tormented" (j'ai acheté mes lunettes 3D !).
Demain: "Game of Werewolves" et "Bloodwork".

lundi 9 avril 2012

Bifff 30: Jour 4.

Où l'amateurisme bifffien atteint des sommets rarement
explorés Part II ou l'Histoire du Film Philippin que l'on ne verra pas...

On croyait avoir tout vu hier ou lors des éditions précédentes mais le foutoir de ce soir à vraiment crevé tous les plafonds, pulvérisé tous les records.

Pauvre, pauvre Yam Laranas ! Le réalisateur philippin de "L'Echo" (Prix du 7ème Parallèle il y a quelque temps de celà), venu cette fois présenter "The Road", à 18 heures, est sans doute l'Homme le Plus Poissard au Monde.

Jugez plutôt:

Le brave garçon fait déjà le déplacement Manille-Bruxelles A SES PROPRES FRAIS (et le présentateur nous annonce ça le sourire aux lèvres comme si c'était fantastique alors que, déjà, si je faisais partie de l'organisation je ferais tout pour qu'une chose pareille ne s'ébruite pas pour éviter la réputation de rapiats qui traitent les gens n'importe comment. J'espère qu'ils vont le lui rembourser, son ticket, tiens, ce serait la moindre des choses !) mais à peine a-t-il mis les pieds sur la scène que pouf !, panne d'électricité !
S'ensuit un des moments les plus surréalistes ever de mémoire de festivalier: une interview dans le noir et sans micro !

Comme si ça ne suffisait pas, au bout d'un bon quart d'heure, on nous annonce qu'il faudra encore "une petite minute" avant de pouvoir lancer le film.

Bref... Je vous passe les péripéties...
De camion en bourriche et au bout d'une heure de poireautage, on nous assène que le film ne pourra pas être projeté ce soir et qu'on sera remboursés OU BIEN qu'on pourra venir le voir demain (aujourd'hui lundi, quoi)... à midi !
Mais bien sûr... Et pourquoi pas mercredi à sept heures du matin, tant qu'on y est ?

Je passe également par charité bifffienne sur l'explication du pourquoi du comment de la panne (une histoire de clé USB réglée sur le fuseau horaire philippin qu'on ne serait pas parvenu à caler sur le nôtre... Si, si. On dirait que c'est écrit par Besson un soir de murge au Picon-bière mais je vous assure !) et sur les questions qu'on peut se poser quant à l'orga "technique" à partir du moment où une bête panne de jus entraîne de pareille conséquences (z'avez vraiment pas de backup ni rien, les gars) pour n'en retenir qu'une chose: maintenant c'est clair, on se fout de notre gueule.

Parce que c'est bien l'alternatif, le côté branquignol, amateur et familial qui fait la saveur du Bifff... Mais à 9 euros la place (dois-je rappeler que tous les tarifs ont augmenté ?) et 200 euros l'abo, la moindre des choses serait de pouvoir voir les films dans des conditions décentes, non ?

Je pose sérieusement la question.

(PS: croyez-le ou non, à la séance de 22h, en plus, le... comment dirais-je... hum... "projectionniste"..., ce grand artiste du flou, a réussi à nous rejouer la même cascade qu'hier à la même heure: le début de film en ombres chinoises...
Vous êtes sûrs que vous en êtes à la 30ème édition, les gars ? Parce que là, à vue de nez, on dirait à tout casser la troisième et encore... organisée par les scouts de la paroisse Sainte-Rita).

Allez, trève de médisance (hum): les films. Enfin... Ceux qu'on a pu voir.

7. "Un Jour de Chance" (La Chispa de la Vida) d'Alex de la Iglesia (S).
Un publicitaire au chômage se retrouve suite à un accident coincé au milieu d'un théatre antique avec une barre de fer plantée dans la tête qu'il va être très compliqué de lui retirer.
Très vite, la presse s'empare de l'affaire et l'homme de pub repère directement le profit qu'il pourrait en retirer pour se refaire professionnellement et financièrement en monneyant l'exclusivité de son calvaire. En direct.
Déjà présent l'année dernière, le Gros Alex prouve que tourner beaucoup lui va bien au teint avec ce film qui n'avait rien à faire au Bifff (ce n'est ni un film fantastique, ni de la S.F. ni même un thriller) mais qui vaut néanmoins solidement le détour et qui, malgré un traitement plus sobre que d'habitude, ne détonne pas trop dans sa filmographie.
On a affaire ici à une tragi-comédie sur la société du spectacle dans tout ce qu'elle peut avoir de plus cynique et mercantile qui, sans atteindre non plus des sommets d'aigreur, égratigne pas mal de monde au passage.
C'est enlevé, bien tenu, bien réalisé (ça ne doit pas avoir été toujours facile à mettre en place, mine de rien), drôle et finalement assez pertinent.
Et allez: même un peu émouvant (sur la fin).
Que demander de plus ?
Salma Hayek ?
Et puis quoi encore ?

Cote: ***

8. "The Woman" de Lucky McKee (USA).
Un père de famille ultra-rigide et directif découvre au détour d'une partie de chasse une sorte de "femme des bois" vivant dans une grotte au milieu de la forêt. Il la capture, l'enferme dans une cave et, avec l'aide plus ou moins consentante de sa famille, entreprend de la "civiliser".
Mes amis, mes frères, je vous le dis, je vous l'annonce: voici venir la première vraie grande claque de ce Bifff 2012 !
Un film tripal, malsain et anxiogène qui se balade quelque part aux confins des premiers films de Philip Ridley, des romans de Cormac McCarthy et des albums de Grinderman.
C'est incroyablement chargé d'un point de vue métaphorique, ça en dit énormément sans avoir l'air d'y toucher (le film est en grande partie basé sur les non-dits). Ca se construit en crescendo d'une manière quasiment incroyable, n'hésitant pas à prendre son temps et à multiplier les digressions apparement inutiles, voire les longueurs.
Ca joue brillament sur le rythme, sur la respiration même... pour finalement aboutir à un climax ultra court mais d'une barbarie inouïe qui remet en perspective tout ce que l'on a vu précédemment.
C'est gore, c'est crade, c'est très chargé sexuellement.
C'est également très, très bien réalisé et interprété - entre autres par Pollyanna McIntosh (une sorte de Milla Jovovich des sous-bois boueux).
Et c'est vraiment pas loin d'être du Grand Cinéma.
Vraiment pas loin du tout.

Cote: ****

Ce soir: "Mr. & Mrs. Incredible", "The Whistleblower" et "Kotoko".
Demain: "Carré Blanc" et "Tormented".

dimanche 8 avril 2012

Bifff 30: Jour 3.

Où l'amateurisme bifffien atteint des sommets rarement explorés...

Que l'on prenne du retard, même beaucoup de retard, dans un festival de cette envergure, avec autant de séances et d'événements à gérer, je veux bien l'admettre et le comprendre.

Que l'on ne fasse rien, mais alors là rien, pour le rattraper, que du contraire, là, ça commence à confiner au foutage de gueule.

Plus d'une heure dans la vue aux séances de 20h et de 22h et on continue comme si de rien n'était, franchement, faut pas pousser.
Que l'on ne remballe pas les invités, je l'admets volontiers, là aussi c'est une question de courtoisie. Et puis il y en a qui viennent de loin.

Par contre, aménager l'horaire et zapper la projection du court-métrage "Collectifff" (encore 5 minutes de baston non stop, honteusement plagiée sur le "They Live" de John Carpenter, soit dit en passant mais baste) c'était possible, non ?
Et au moins enclencher la troisième - ou au moins la seconde, MISERE ! - pour les présentations et autres interviews plutôt que de continuer à ce petit train de sénateur, c'était faisable, il me semble ?

Pensez au festivalier lambda qui voudrait peut-être ne pas rentrer tous les soirs à pas d'heure et ne pas rater son dernier métro (bien que là, avec la grève de la Stib on est d'office marrons et pour quelques jours encore).
Et à celui qui attend pour la prochaine séance et doit poireauter pendant des plombes...

Enfin, de toute façon, quand le film est enfin sur le point de commencer, c'est le projo qui lâche comme ce soir. Alors pourquoi s'énerver, je vous le demande?

D'autant qu'à une exception près, les films n'étaient pas terribles, ce soir (enfin... hier soir)...

4. "The Butterfly Room" de Jonathan Zanantonello (I/USA).
Ann est une vieille dame bizarre, acariâtre, qui n'aime pas trop les hommes, aime beaucoup les petites filles et entretient à grands frais une collection de papillons qu'elle conserve dans une pièce sombre dans laquelle il est interdit d'entrer.
Etrange, ce machin qui donne l'impression d'avoir été tourné en 1981.
Très mal réalisé, vilaine image, vilaine lumière, vilaines couleurs et une narration étrange, élliptique, syncopée, fragmentée, vrillée de flashbacks la rendant parfois à la limite du compréhensible.
D'autant que l'intrigue est pour le moins capillotractée et la mise en images d'un kitsch qui, bien que lorgnant nettemment vers Dario Argento, confine souvent au grotesque.
Bon, reste Barbara Steele, rigolote, bien que fort abimée.
Et le vrai revenant qu'est Heather Langenkamp, perdue des radars de puis "Freddy Sort de la Nuit".
Et qui a fort mal vieilli.

Cote: *

5. "Lockout" de Saint & Mathers (USA).
En plat de résistance, un bon gros Besson destiné aux estomacs solides.
Soit de la S.F. bourrine photocopiant sans aucune vergogne les scénars de "Los Angeles 2013" (la fille du Président US otage d'une révolte pénitenciaire. Un repris de justice envoyé contre son gré à sa rescousse) et de "Fortress" (la dite prison est dans l'espace) avec une goutte de "Minority Report" (pour les malfrats mis "en sommeil").
Une première demie-heure qui ne donne pas l'occasion de vraiment comprendre ce qui nous arrive tant est impressionnant le déploiement pyrotechnique (explosions, fusillades, courses-poursuites et vaisseaux spaciaux en touts genres), puis ça retombe et ça s'encrouille à force de répétitions.
Et répétitions+scénario à la con+dialogues sub-débiles+personnages inconsistants+humour de corps de garde=poubelle et au suivant merci.
*Baille*

Cote: *

6. "Truth or Dare" de Robert Heath (UK).
Où une soirée d'anniversaire dans une cabane dans les bois tourne au vilain règlement de compte.
Difficile d'en dire plus sans trop en dévoiler sur ce petit film british paradoxalement pas très original mais qui sauve quand même mine de rien la soirée.
D'abord parce qu'il est sans prétention, ce qui est somme toute assez rafraichissant. Ensuite parce qu'il est efficace et bien emballé, malgré son évident manque de moyens.
Teigneux, bien ficelé (bien qu'il y ait quand même l'une ou l'autre invraisemblances, de ci, de là), bien emmené par une troupe de jeunes comédiens peu ou pas connus mais britanniques, donc talentueux.
Et enfin parce qu'il se termine dans un assez réjouissant jeu de massacre.
Sympatoche.

Cote: **

Ce soir: "The Road", "La Chispa de la Vida" et "The Woman".
Demain "Mr. & Mrs. Incredible" (sous réserve), "The Whistleblower" et "Kotoko".


samedi 7 avril 2012

Bifff 30: Jour 2.

Où l'on croise pour la première fois le chemin du Collectifff...

"Le projet de «Collectifff» est aussi fou que flatteur : une dizaine de jeunes cinéastes, passionnés du genre, qui ont grandi avec le festival et ont décidé de réaliser une dizaine de courts-métrages (format « capsule ») rendant hommage au BIFFF."

Ce soir, nous avons donc pu voir les deux premiers résultats.
Et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est techniquement impressionnant. Les deux courts faisaient vraiment pros et léchés, autant d'un point de vue réal qu'au niveau des effets spéciaux, du montage, de la musique, etc. Du tout beau boulot.

La seule question que l'on peut se poser c'est "est-ce qu'on va avoir droit à 13 films qui d'un point de vue narratif ne proposent que 3 minutes 30 de baston, sans scénario, sans développement ?". Bon, on admet que sur un format aussi court c'est difficile, voire impossible de construire une histoire. Et puis le second avait au moins une chute. Mais bon... Là, pour le coup...

Enfin, wait and see, hein. Et puis encore une fois, le résultat est visuellement vraiment emballant.

Du côté films: deux invités, un petit discours anti-téléchargement de la part de Xavier Gens et forcément déjà de premiers retards.

A vouloir trop en faire, hein... Mais allez: une première bonne soirée.

2. "The Sorcerer and the White Snake" (Bai She Chuan Shuo) de Tony Ching (HK).
Inspiré d'une légende chinoise déjà mainte fois adaptée au cinéma (le "Green Snake" de Tsui Hark, par exemple), ce film du réalisateur de la trilogie des "Histoires de Fantômes Chinois" raconte l'histoire d'un herboriste tombé amoureux d'une femme qui est en fait la forme humaine d'un démon-serpent millénaire. Un moine-sorcier découvre la supercherie et tente de sauver l'âme du jeune homme.
Passons sur l'éventuel message du film (qui présente le démon comme une pauvre fille amoureuse et le moine comme un fasciste aveuglé par sa foi mais c'est pas si simple) pour retenir simplement son côté totalement cowabunga déjanté, mêlant fantasy, film de sabre, Harry Potter et Walt Disney (avec des animaux qui parlent), action débridée (JEU DE MOT !), humour concon et romantisme effréné.
C'est à peu près tout le temps too much (et ça va crescendo) et ultra kitsch (le final et sa chanson digne de l'Eurovision, misère !) mais pour s'ennuyer devant un truc pareil, il faut être mort ou fan de Théo Angelopoulos.
Du fun, du fun, du fun. Et encore du fun.

Cote: ***

3. "The Divide" de Xavier Gens (USA).
Suite à une attaque nucléaire, les habitants d'un immeuble se réfugient dans une cave et essaient tant bien que mal de survivre.
Gens, le frenchie qui ne tourne quasiment qu'à Hollywood revient, quatre ans après son Méliès usurpé pour le fort moyen "Frontière(s)", avec un petit scud teigneux qui devrait asseoir sa réputation de torcheur de séries B bien burnées.
C'est violent, crade, sombre, cynique, désabusé et surtout politiquement assez incorrect. Ca commence en fanfare et ça se termine en requiem. Ca ne laisse de chance à (quasiment) personne, ça ne fait pas de prisonniers. Ca charcle et sévèrement. Et ça contient son lot de scènes qui vont faire grincer des dents.
Dommage qu'il y ait des pistes inexplorées (les soldats) et un ventre mou dû à un certain manque d'enjeu scénaristique vers le milieu, qui donne un peu l'impression que le film fait du sur-place.
Jusqu'à ce que ça se décoince et finisse par atteindre des sommets de noirceur inespérés.
De l'assez bon ouvrage, tenez. Avec en plus Michael Biehn et Rosanna Arquette.

Cote: ***

Ce soir: "The Butterfly Room", "Lockout" et "Truth or Dare".
Demain: "The Road", "La Chispa de la Vida" et "The Woman".

PS: Blogger déconne encore plein tube, sorry pour la présentation.

vendredi 6 avril 2012

Bifff 30: Jour 1.

Où l'on est un peu ému...


Non, jdéconne.

Enfin... Quoi que...

Je suis quand même fier comme un bar-tabac d'arborer pour la première fois en 28 éditions mon tout joli tout beau tout nouvel abonnement (qui me donne en plus le droit de FAIRE PIPI GRATUITEMENT pendant toute la durée du festival !).
Des abonnés que je connais depuis 20 ans m'ont même dit que je pouvais désormais m'asseoir dans la même rangée qu'eux ! Vous vous rendez compte ?

Non, plus sérieusement, je me suis senti quand même un peu ému et impressionné de me retrouver à 1m50 d'une de mes idôles: Terry Gilliam (qui a bien maigri, on voit que ce monsieur a des ennuis).

Pour le reste, la cérémonie d'ouverture fût à l'image des précédentes: foutraque et bancale, à la fois drôle et irritante avec, en vrac, un discours totalement incompréhensible (problèmes de son, certes, mais surtout inaptitude totale du Delmotte de service à se servir correctemment d'un micro), apparition-éclair et inutile de Barbara Steele pour déclarer le Festival ouvert, charmant message de "bon anniversaire" (les 30 ans c'est l'année prochaine mais bon) de la part de John Carpenter (se terminant par un "Tuer encore..." du meilleur aloi) et interview rigolote de Terry Gilliam, tellemment sympathique que l'on regrette presque d'avoir trouvé "The Wholly Family", son court-métrage projeté en avant- programme, franchement pas terrible.

Et entre tout ça et les habituelles libations à grands coups de Jameson, Troll et Maitrank (ouch ! ma tête !) eh bien... un film, figurez-vous !

1. "L'Ombre du Mal" (The Raven) de James McTeigue (USA).
Où l'on apprend que dans les derniers jours - entourés de mystère - de sa vie, Edgar Allan Poe a en fait combattu un redoutable serial-killer calquant ses crimes sur ses écrits.
Soit un thriller gothique lorgnant vaguement vers "From Hell" mais en moins bien: même période, même ambiance, même personnage principal... fantasque et même manière de mener l'enquête, plus dans les salons et les boudoirs que vraiment sur le terrain.
Avec pour résultat un film qui se laisse voir sans trop de déplaisir mais ne casse pas pour autant trois pattes à un canard.
C'est trop long, trop mou et trop verbeux et les meurtres sont très inégaux en traitement et en intensité.
L'intrigue est embrûmée et filandreuse, tout comme l'utilisation inégale des textes de Poe.
Mais, allez, l'idée de départ est originale, le personnage principal intéressant et John Cusack cabotine agréablement à la manière d'un Robert Downey Jr. des grands jours.
Donc, l'un dans l'autre on ne s'ennuie (presque) pas.
Dommage juste qu'Alice Eve soit si fadasse...

Cote: **

Ce soir: "The Sorcerer and the White Snake" et "The Divide".
Demain: "The Butterfly Room", "Lockout" et "Truth or Dare".

lundi 2 avril 2012

Envoyez les papillons !

"Bel Ami" de Declan Donnellan et Nick Ormerod (UK); avec Robert Pattinson, Uma Thurman, Christina Ricci, Kristin Scott Thomas, Colm Meaney, Natalia Tena...

Soldat sans le sou mais séducteur et arriviste, George Duroy dit "Bel Ami" va effectuer une ascension sociale fulgurante dans les milieux du journalisme et de la politique, essentiellement grâce à ses maîtresses et à son manque total de scrupules.

Il y a des moments comme ça où l'on a envie d'abandonner tout recul, toute subtilité et toute nuance pour dire les choses simplement comme elles sont.
Et, à l'instar de ce bon vieux Diable - ou d'un Jean-Pierre Coffe en descente de Weight Watchers - d'oublier les pincettes quitte à écraser à nouveau son bon quintal de papillons pour pousser un tonitruant et salvateur "Mais c'est de la merde !"

Oh oui, de la merde ! Et par wagons, encore bien.

Aussi, me demanderez-vous et vous n'aurez pas forcément tort, qu'est-ce qui m'a poussé à aller voir cette énième et forcément inutile adaptation du roman de Maupassant ?

La réponse est dans la question et toujours la même: je suis fan de l'auteur et du bouquin et j'étais curieux de voir ce qu'ils allaient en faire, surtout avec le Phénomène de Foire du moment, j'ai nommé le glorieux Robert Pattinson, dans le rôle-titre (car ici l'expression s'applique, croyez-le ou non, laborieux pisse-copie de sites "spécialisés" que je ne nommerai pas).

Robert Pattinson !

En deux mots, tout est dit.

Car - et on admirera ici le courage du gaillard n'ayant pas peur d'affronter une fois encore la horde* lépidoptèrophile l'attendant au tournant, la bave aux lèvres, flamberge au vent et bravoure en campagne - le problème (enfin, le principal problème), ici, c'est lui.
Et bien lui.

Déjà que je trouve à ce type (que je n'avais vraiment vu auparavant que dans un lointain "Harry Potter" et dans les vingt premières et pénibles minutes du "Twilight", premier du nom, force m'est de le reconnaître) le charisme d'une amîbe.
Et (quitte à me faire incendier une fois encore par la Mafia du Bon Goût sur l'air de "tu t'es déjà regardé" - comme si être moche soi même empêchait d'avoir un avis, fascistes !) le look d'un Feargal Sharkey en sortie de frontal avec une bétonneuse et le teint jovial de la merde de laitier malade...

Déjà, disais-je donc, que je le trouve moche et insipide mais en plus ! Niveau... comment dirais-je ?... Euh ? "Jeu"...

Enfin, voyons, qu'est-ce que c'est que ce truc ?

Pour trouver plus mauvais que ça il n'y a qu'une solution: se tourner vers les abîmes.
Frank Dubosc ou Smaïn.
Même Keanu Reeves à côté de ça c'est Louis Jouvet !

Sérieux, faut arrêter de déconner !
Tout le long de la chose, le gaillard donne quelle que soit la scène, quel que soit l'enjeu une seule et unique impression.
Enfin, non, deux, pour être plus précis: celle de vouloir s'évanouir et celle de devoir faire caca.
A moins que ses problèmes gastriques ne l'emmènent perpétuellement au bord de la syncope, allez savoir.

En tout cas, pâle, suant, les yeux exorbités, le surjeu toujours en embuscade, il joue tout de la même manière - détestable - de la crise cardiaque à la farandole, en donnant toujours l'impression d'avoir besoin de se tourner plus nettement vers un gastroentérologue que vers feu Lee Strasberg, paix à son âme.

L'ennui, sans mauvais jeu de mot, quoi que, c'est que ce mélange étonnant de cabotinage et de non-jeu est malheureusement communicatif: Uma Thurman ne ressemble à rien et même la généralement magnifique Kristin Scott Thomas fait peine à voir tellement elle est ridicule.
Seule dans cet océan de médiocrité, la pimpante Christina Ricci semble à grand peine parvenir à tirer son épingle du jeu.

Le reste est à l'avenant: une réalisation proche du néant (dire qu'ils se sont mis à deux pour torcher pareille croûte) et surtout un manque de compréhension de l'oeuvre originale qui fait franchement peine à voir.
C'est, au mieux, survolé et tout le cynisme et le commentaire social du roman sont évacués au profit d'un traîtement vaudevillesque qui ramène le tout à son origne feuilletonnesque sans sembler en avoir jamais saisi les enjeux.

C'est bien simple: sorti de là on à l'impression d'avoir vu "Bel Ami" re-lifté par les "30-Second Bunnies".

Et, oui, joué par un cochon.

Cote: °



(* La Horde ! Trois lecteurs au dernier recensement, admirez le courage ! )