mercredi 23 janvier 2008



Nous sommes des babas!

"Into the Wild" de Sean Penn (USA); avec Emile Hirsch, Kristen Stewart, William Hurt, Catherine Keener, Vince Vaughn, Marcia Gay Harden...

Issus d'une famille bourgeoise et tout juste diplômé, le jeune Christopher McCandless tourne le dos à une existence toute tracée et, après avoir brûlé ses papiers et fait don de son argent à une association caritative, prend la route en laissant tout derrière lui...

Eh bien, eh bien, eh bien!

La principale surprise génerée par le nouveau Sean Penn sera sans doute de m'avoir fait aimer une histoire et - par delà - un film qui, quasiment du début à la fin, fleure bon le patchouli, la coolitude et les vieux tubes de Canned Heat...
Toutes choses que je n'apprécie généralement que très moyennement, il faut bien le dire...

Construit comme une sorte d'expérience sensorielle ultime, "Into the Wild", film dont toute l'énergie semble concentrée dans une gigantesque fuite en avant, tendue vers son but ultime et fatidique, séduit tant par la force de son propos que par la naïveté touchante avec laquelle il est conté.

A l'image de son protagoniste, dont le jusqu'au-boutisme confinant au fanatisme peut parfois exaspérer, le film est à la fois enthousiasmant et énervant. Grisant, parfois, captivant, souvent, mais aussi rugueux, instable et inégal.
Bref, infiniment humain et attachant.
Tout comme son auteur, en fait, dont le portrait de franc-tireur en marge des canons hollywoodiens se dessine en filigrane.

L'une des grandes réussites du réalisateur c'est que, tout du long de ce film au sujet casse-gueule et à la durée très peu commerciale il ne se regarde jamais filmer. Et ce, malgré le fait qu'il nous livre ici une oeuvre visuellement sublime et totalement élégiaque.

La nature, toute la variété des paysages américains sont ici sublimés par une photo magnifique et une réalisation souple et discrète sans que jamais on ne se perde en plans-séquences contemplatifs et creux.

La structure, enfin, qui combine flash-backs du voyage et séquences retraçant les derniers moments de McCandless dans le fameux "magic bus" où il finira malheureusement ses jours, termine de rendre ce voyage initiatique âpre et passionnant.

Un film ambitieux, donc, qui ne manque pas de souffle et au milieu duquel se distingue la performance étonnante du jeune Emile Hirsch, présent dans chacun des plans et totalement investit par son rôle.

Une oeuvre magnifique, bien qu'inégale, encore une fois très à l'image de son auteur, où planent les fantômes de Kerouac et Jack London et qui culmine dans une scène finale véritablement hallucinante (dans tous les sens du terme) qui vous laisse pantelant et vous fait sortir de là avec des envies de grands espaces.

Ben ouais, qu'est-ce que je vous disais?

Sacré Sean Penn, quand même... Il m'a bien eu!


Côte: ***

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Quoi c'est meme pas un survival ou un snuff movie , sais pas pourquoi mais j'en était pérsuadé

Cartman a dit…

Toi, tu es fou.