mardi 12 octobre 2010


Hello, world, I'm your wild girl !

"Les Runaways" (The Runaways) de Floria Sigismondi (USA); avec Kristen Stewart, Dakota Fanning, Michael Shannon, Scout Taylor-Compton, Stella Maeve, Ali Shawkat...

Los Angeles, 1975. Joan Larkin, qui préfère qu'on l'appele Joan Jett, rencontre le producteur Kim Fowley, lequel lui présent Sandy West, batteuse de son état. Quelques jours plus tard, Fowley recrute la toute jeune Cherie Currie. Ensemble, elles forment les Runaways, le premier girls-band de l'histoire du rock. Ch ch ch ch ch ch Cherry Bomb !!!!!!

Le truc avec ce film sur les Runaways c'est de savoir si je l'ai apprécié, aimé, même, parce que j'étais déjà fan du groupe - et de Joan Jett en particulier, bien entendu - Maman ! - ou plutôt en raison de ses qualités intrinsèques (comme un coup de trique, je vous en prie)...

Eh bien, en fin de compte et tout bien réfléchi, je dirais qu'il y a un peu des deux. Même si évidemment pas à parts égales.

Mon intérêt pour le groupe, les personnalités qui le composaient, la musique et l'époque l'emportent bien évidemment sur le reste.
Mais le film en lui-même n'est pas dénué d'intérêts, loin s'en faut.
D'intérêts cinématographiques, s'entend.

Car du côté de l'histoire et de son déroulé; même si l'on colle au parcours des protagonistes et de leurs petites histoires (en particulier celle qui liait les deux patronnes, et de près, s'il-vous-plait bien), le truc risque plus d'intéresser le fan d'histoire du rock, même au sens large, et de passer quelque peu par dessus la tête du néophyte.

Mais bon, ne boudons pas notre plaisir.
Ce "Runaways" s'adresse à un public ciblé (dont je suis) et se tient de ce fait à un cahier des charges pour le moins balisé ?
Très bien. Qu'il en soit ainsi !

Du coup, oui, pour le spectateur lambda, rien ici qui ne dépasse ce que l'on peut trouver dans n'importe quel autre biopic rock de type "Doors", par exemple (et encore !).
On est loin aussi, très loin même, d'exercices de style à la "Velvet Goldmine" ou "I'm Not There"...

Mais pour l'amateur, malgré la forme un peu classique, que du nanan.

Certes, "Les Runaways" est plutôt un film gentillement illustratif, voir "explicatif". Du genre qui raconte sa petite histoire de manière linéaire tout en n'oubliant pas de passer en revues toutes les scènes "obligées" du genre (sex and drugs and rock'n'roll, par là...).

Mais c'est bien ficelé, enlevé, bien réalisé pour un premier film (la réalisatrice est au départ chorégraphe), même si ça trébuche parfois sur un montage pour le moins chaotique et que ça pêche un peu par excès de gros plans...

La photo automnale de notre compatriote Benoît Debie ("Calvaire") rajoute une touche ado/arty que n'aurait pas renié Gus Van Sant et l'on peut même dire que le film recèle son petit lot de morceaux de bravoure (le générique de début, le show de Cherie sur "Lady Grinning Soul", le riot gig le pétage de plombs en studio et surtout la scène sidérante ou Joan Jett et Kim Fowley improvisent "Cherry Bomb" dans la caravane/local de répète)...

Et puis bien sûr, il y a la B.O. qui envoie le bois et pas qu'un peu !
Outre les Runaways et Joan Jett (oui, oui, les pingouins, il y AUSSI "I Love Rock'n'Roll" !), on y croise Slade, Suzi Quatro, David Bowie, les Stooges ou les Pistols... Soit QUE de la très bonne compagnie !

L'interprétation de ce film naïvement féministe par omission et/ou par soucis de réalisme historique (à part Kim Fowley, en gros, pas l'ombre d'un mâle et c'est très bien comme ça) est également et heureusement à la hauteur: Kristen Stewart et Dakota Fanning (le film, adapté d'un bouquin de Cherie Currie, s'attarde essentiellement sur le duo-phare, les trois autres, à l'exception de feu Sandy West, étant presque reléguées au second plan), à mille lieues de leur répertoire habituel et sucré, font de véritables étincelles.
Quant à Michael Shannon, dans un rôle par contre taillé sur mesure, il prouve si besoin en était qu'il est bien un des nouveaux Grands Fêlés du Paysage Hollywoodien...

A l'arrivée, un petit film, peut-être, mais attachant, presque touchant, même, qui une fois visionné donne quand même fort envie de s'enfermer dans une cave pour boire des bières et jouer du putain de rock'n'roll !

Ce qui en soit est déjà une bonne chose, non ?

California Paradise !

Ch ch ch ch ch Cherry Bomb !!!!

Oh et puis merde: I LOVE ROCK'N'ROLL, putain !

Comme ça c'est dit !



Cote: **

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