jeudi 30 décembre 2010

Top 20... (oui, oh, j'en ai marre de chercher des jeux de mots à la con, démerdez vous !)

Allez hop, on y va...

Le top 20 de l'année dans vos machoires béantes !

Et j'en suis pas peu fier, de celui-ci.
Parce que dans le genre "éclectisme"... Pardon !

Entre le film d'auteur divers et varié (de "Oncle Boonmee" à "Des Hommes et des Dieux", en passant par "Tournée" ou "Another Year", y a de quoi faire), le blockbuster "intelligent" ("Inception", "The Social Network", "The Ghost Writer" et autre "In the Air"), la comédie franchouille ("Potiche", "Les Emotifs Anonymes") ou la série B en goguette ("Machete", "Buried", "Kick-Ass", j'en passe et des moins graves), ça charcle quand même dans les grandes largeurs, non ?

Si.

Et comme si ça ne suffisait pas, veuillez prendre en cloture et dans les dents (et ça, je peux dire que je biche de vous les envoyer franco dans les crompirs) trois films qui vont, à mon avis, par leur simple présence ici faire grincer des dents, voire hurler dans les chaumières.

Et bien tant pire, dégustez ça et à 2011 (and beyond), binde di p'tits animaux de cirques !

1. "Des Hommes et des Dieux" de Xavier Beauvois (F).

2. "Inception" de Christopher Nolan (USA).
3. "The Ghost Writer" de Roman Polanski (UK).
4. "The Social Network" de David Fincher (USA).
5. "Another Year" de Mike Leigh (UK).
6. "Gainsbourg (Vie Héroïque)" de Joann Sfar (F).
7. "A Serious Man" de Ethan et Joel Coen (USA).
8. "Vénus Noire" de Abdellatif Kechiche (F).
9. "In the Air" de Jason Reitman (USA).
10. "Tournée" de Mathieu Amalric (F).
11. "Shutter Island" de Martin Scorsese (USA).
12. "Oncle Boonmee" de Apitchatpong Weerasethakul (TH).
13. "Potiche" de François Ozon (F).
14. "Buried" de Rodrigo Cortés (S).
15. "Les Emotifs Anonymes" de Jean-Pierre Améris (F).
16. "Machete" de Robert Rodriguez et Ethan Maniquis (USA).
17. "Kick-Ass" de Matthew Vaughn (USA).
18. "Lovely Bones" de Peter Jackson (NZ).
19. "Tamara Drewe" de Stephen Frears (UK).
20. "Alice au Pays des Merveilles" de Tim Burton (USA).

- Meilleurs Acteurs 2010:

Lambert Wilson (Misère! On m'aurait dit ça !) (Des Hommes et des Dieux).
Catherine Deneuve (Idem ! Qu'est-ce qui m'arrive ?) (Potiche).
Michael Lonsdale (Des Hommes et des Dieux).
Helena Bonham-Carter (Alice au Pays des Merveilles).

- Révélations de l'Année:

Eric Elmosnino (Gainsbourg (Vie Héroïque)).
Chloé Moretz (Kick-Ass).
Jesse Eisenberg (The Social Network).

Allez, voilou, amusez-vous pendant le merveillon et tot 2011, yayayayaya !!!!!
Qu'est-ce qu'on attend ?

- "True Grit" de Ethan et Joel Coen (USA); avec Jeff Bridges, Matt Damon, Josh Brolin, Barry Pepper, Hailee Steinfeld, Domhnall Gleeson...

+ Pourquoi on l'attend ?

Parce que ça fait quelques années qu'on se dit qu'un vrai western irait bien au teint des Coen, que le néo-"No Country for Old Men" n'a fait que confirmer et attiser nos attentes et qu'il est donc temps qu'ils s'y mettent.
Avec un vrai de vrai, en plus, le remake de "Cent Dollars pour un Shérif" de Henry Hathaway, celui qui valu à John Wayne le seul et unique Oscar de sa carrière (pourtant kilométrique).

Parce que la distribution est quand même assez zim-boum, jugez plutôt: Le Dude himself en Rooster Cogburn et à ses côtés Matt Damon, le toujours parfait Josh Brolin, le trop rare Barry Pepper et Hailee Steinfeld, une petite nouvelle dont les rumeurs portées par le vent du sud disent le plus grand bien*.

+ Pourquoi on balise ?

A part vaguement et de manière totalement irrationnelle, adolescente et immeritée parce que c'est un remake d'un film avou John Wayne je vois pas, moi.
Et vous ?

+ Verdict ?

16/02/2011.


(* Et les visuels sont biens, non ?)

mercredi 29 décembre 2010


Du rab de top en direc' du Bifff...

Carapils et gore hongrois, once again...

L'année s'achève, les tops défilent.
Voici donc le traditionnel "spécial fantastique/horreur/S.F." tout ça, élargi ce coup-ci (coup-ça, qu'est-ce qu'on s'marre) aux "films de genre" en général.
En gros pour que des brols comme "Buried", "Machete", "Kick-Ass" (qui a quand même fait la cloture du Bifff proprement dit) et autres gaudrioles et galéjades du même tonneau puissent participer à la fête.
Ce qui fera un peu redite avou le Top 20 proprement dit, il est vrai, mais baste: quand on aime on ne compte pas.

Allez, tenez, c'est parti.

1. "Inception" de Christopher Nolan (USA).

Le blockbuster intelligent de l'année, visuellement invraisemblable, scénaristiquement malin comme un singe, un peu trop encombré d'action pure sur la fin mais porté par un casting quatre étoiles asseoit définitivement la réputation de Christopher Nolan et le fait entrer dans le cercle précieux des réalisateurs avec lesquels il va désormais falloir compter.

2. "Oncle Boonmee" de Apichatpong Weerasethakul (TH).

Hommes-singes, fantômes et poissons parlants. Entre animisme, onirisme, conte et fantastique oriental, le film initiatique de Weerasethakul, celui qui aide à accepter la mort, est avant tout d'une beauté plastique à couper le souffle, d'une zénitude incroyable et d'un exotisme surprenant. Une autre façon d'envisager le cinéma, certainement.

3. "Buried" de Rodrigo Cortés (S).

La claque de cette fin d'année ou comment visser l'audience à son fauteuil avec une caisse, un acteur dedans et un briquet pour éclairer le tout. Un film de petit malin très inspiré qui se paye en plus le luxe d'un discours... différent. Presque une leçon.

4. "Machete" de Robert Rodriguez et Ethan Maniquis (USA).

Après "Planète Terreur", Rodriguez pousse à son paroxysme son cinéma fétichiste et jouissif avec un truc de branquignol à peine croyable, bourré jusqu'à la gueule d'explosions, de gore, de cul et d'humour à la con. Entre kaboom et tequila, un brol totalement foldinguot, à l'image de sa distribution tutuut, où l'on croise Steven Seagal, Don Johnson, Lindsay Lohan et Robert De Niro et au sommet de laquelle trônent l'incroyable Danny Trejo, sa tronche, sa stache, ses muscles et ses tattoos.

5. "Kick-Ass" de Matthew Vaughn (USA).

Comics, rock'n'roll et politiquement incorrect: le film parfait pour terminer un festival de la trempe du Bifff. Parfaitement réjouissant et se payant en plus le luxe de porter à l'écran Hit Girl, tout simplement le plus beau personnage de super-hero flick jamais inventé, incarné à la perfection par la révélation Chloé Moretz.

6. "Alice au Pays des Merveilles" de Tim Burton (USA).

Sacré Tim Burton ! Le voila qui sexualise et émancipe Alice, lui invente une histoire et réussit parfaitement à l'intégrer à son univers, tant visuel que narratif. La 3D n'apporte pas grand chose à l'affaire, mais pour le reste, pardon ! Du beau boulot.

7. "Thirst" de Park Chan-wook (SK).

Le réalisateur de "OldBoy" adapte "Thérèse Raquin" (oui, de Zola) en déplaçant l'action dans la Corée du Sud actuelle et en y mêlant des vampires. Dit comme ça, on a du mal à y croire. Quand on le voit aussi. Un peu longuet mais magnifique.

8. "Symbole" de Hitoshi Matsumoto (J).

Je vais pas vous refaire le pitch de cet OVNI total; rien que d'y repenser je suis mort de rire.
Entre les Monty Pythons, David Lynch et Kitano. Et avec Escargot Man, le catcheur mexicain masqué !

9. "La Route" de John Hillcoat (USA).

La très fidèle, sombre, désespérée et visuellement splendide adaptation du Prix Pulitzer de Cormac McCarthy. Barbu, émacié et évoluant tout du long dans un décor de roche et de cendre, Viggo Mortensen y est - une fois encore - impressionnant.

10. "Piranha" d'Alexandre Aja (USA).

Mouahahahahahahahahahahahahahaha !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Sacré Aja !

Voilà, le compte est bon.
J'aurais pu en rajouter d'autres, l'année fût bonne de ce côté-là, mais bon, faut faire des choix, hein...
Disons donc que l'on distribuera encore quelques accessits à des films tels que "Esther" (le Corbeau d'Or surprise de cette année) ou "Cellule 211" (le fameux thriller carcéral espagnol multi goyaisé).

Et sinon, ben à l'année prochaine.




lundi 27 décembre 2010

C'est dans la boîte !

"Buried" de Rodrigo Cortés (S); avec Ryan Reynolds, Ivana Miño et les voix de Samantha Mathis, Stephen Tobolowsky, Robert Paterson, Jose Luis García Pérez...

Paul est un modeste entrepreneur américain. En poste en Irak, il tombe dans une embuscade et se retrouve 6 pieds sous terre, dans un cercueil, avec 90 minutes d'oxygène et pour seul contact avec l'extérieur un téléphone portable à moitié chargé. Chaque seconde qui passe le rapproche un peu plus d'une mort certaine.

Alors là mes amis !

Eh ben mes cadets... Eh ben mes p'tits frères.
On m'aurait dit ça (non, soyons honnête: on me l'avait dit. Ce bon vieux Diable me l'avait dit), je suis pas sûr que j'y aurais cru. Mais à l'arrivée: quelle claque !

Et quelle leçon !

Quelle leçon donnée à tous les récents branleurs de non-films du type "Paranormal Activity" ! Une leçon qui commence d'ailleurs par leur donner raison: oui, il y a moyen de faire un bon, un excellent film, même, avec une idée de départ et un minimum de moyen.

Seulement voilà, il y a un truc.
Un truc auquel visiblement ils n'ont pas pensé, se contentant de poser leur caméra dans un coin et de laisser deux-trois comédiens à la limite de l'amateurisme se débattre sur deux lignes de scénario.

Et ce truc c'est que, pour y arriver, ben, il faut du talent. Du talent et de l'imagination.
Car c'est bien elle - et le talent d'un vrai comédien, celui-là - qui fait toute la différence et qui permet de dépasser le manque de moyen. En se creusant la cervelle et en cherchant des solutions. Des solutions pour que le film, toujours, reste prenant (et ce n'est rien de dire qu'il l'est, tetcheu !) et sans cesse surprenant.

Parce que quand même, quand j'ai lu le pitch la première chose que j'ai faite c'est d'aller vérifier le minutage. En me disant que sur un sujet pareil on pouvait tirer une heure dix, une heure quinze de film.
Eh ben non: 1 h 35 !
Bon, c'est pas "Ben-Hur" ou la trilogie du "Seigneur des Anneaux" mais quand même...
Pensez: 1 h 35 avec un seul personnage, sous terre, coincé dans une boîte, filmé en gros-plan et le plus souvent éclairé au Zippo ! Et pas une minute de relâche, pas une minute de répit ! Pas un flash-back, pas une seconde à l'air libre !
On l'avouera: faut l'faire !

Ouais, faut l'faire et Rodrigo Cortès le fait très bien.
Il dépasse le simple exercice de style pour livrer un huis-clos d'une intensité quasiment incroyable.
C'est bien simple, passé les premières secondes extrèmement éprouvantes (c'est sûr qu'il ne faut pas être claustro) on se retrouve scotché à son fauteuil, agrippé aux accoudoirs pendant absolument toute la durée du film.
Avec en plus un vrai talent de mise en scène (encore une fois, pour arriver à se renouveler visuellement avec 1 h 35 d'un peï dans une boîte, faut être balaise), Cortés multiplie les trouvailles scénaristiques, les retournements de situation et les rebondissements, toujours en avance de quelques minutes sur le spectateur et réussi au final un vrai tour de force, qui culmine pendant ses incroyables 20 dernières minutes, réellement, euh... breathtaking, comme disent nos amis anglo-saxons.

Comme en plus le discours tenu ici est quand même assez sympathiquement incorrect, critiquant la mondialisation et l'ingérence américaine au Moyen-Orient et ailleurs*, dénonçant ouvertement une société où la vie humaine n'est rien face aux enjeux économiques et politiques, que Ryan Reynolds, seul en scène pendant plus d'une heure et demie est assez impressionnant de justesse et que tout ça débouche sur un final d'un cynisme crasse, je vous le demande: comment ne pas aimer, non, comment ne pas adorer ce film ?

Le meilleur film de genre de ces dernières années. Un de ceux qui on le courage de tenir jusqu'au bout leurs engagements tout en ne se départissant pas de leurs partis pris de départ, pourtant extrèmement gonflés.

C'est bien simple, il n'y aurait pas par si, par là, l'une ou l'autre invraisemblance, l'un ou l'autre "artifice" scénaristique (surtout sur la fin mais ils sont fort heureusement emportés par cette invraisemblable course au climax), "Buried" mériterait haut la main ses quatre étoiles.


Cote: ***



(* Porté pourtant par un buzz Internet aussi conséquent que celui qui entourait le premier "P.A.", le film a fait un bide aux Zitazunis. Comme c'est étrange.)

mercredi 22 décembre 2010

Qu'est-ce qu'on attend ?

- "Au-Delà" (Hereafter) de Clint Eastwood (USA); avec Matt Damon, Cécile de France, Richard Kind, Bryce Dallas Howard, Jay Mohr, Marthe Keller...

+ Pourquoi on l'attend ?

Parce que c'est le nouveau Clint Eastwood. Ce qui est déjà une fin en soi.

Parce qu'il y a Cécile de France et Bryce Dallas Howard.

Parce que la bande-annonce laisse entrevoir une scène de tsunami filmée à hauteur d'homme qui promet d'être assez cowabunga !

Parce que Vieux Clint a bientôt 81 ans et que c'est peut-être son dernier film.

+ Pourquoi on balise ?

Parce que ce truc nous arrive précédé d'une réputation tout bonnement TERRIFIANTE ! Un magazine spécialisé que je ne citerai pas n'hésitant pas à comparer le film à du Lelouch ! Si ça ne vous fout pas la trouille, moi, ça me paralyse !

Parce que le message "transmis" par ce vieux républicain bon teint de Clint à l'air de s'apparenter à un bon gros gloubiboulga catho-new age qui donnerait envie au plus boy-scout d'entre nous de prendre des otages à la section locale de l'Armée du Salut.

Parce que ceux qui l'ont vu certifient que, pour que Cécile de France joue comme ça, fallait vraiment qu'Eastwood n'entrave RIEN à ce quelle raconte (elle joue en français) tout au long du film.

Parce que Vieux Clint a bientôt 81 ans et que c'est peut-être son dernier film.

+Verdict ?

19/01/2011




lundi 20 décembre 2010

Ca commence à sentir l'écurie.

"Harry Potter et les Reliques de la Mort (Première Partie)" de David Yates (USA); avec Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grind, Helena Bonham-Carter, Ralph Fiennes, Bonnie Wright...

Les temps sont durs et l'heure n'est plus à la rigolade pour Harry Potter et ses camarades sorciers. Après la mort de Dumbledore, le pouvoir de Voldemort s'étend et ses hommes s'en donnent à coeur joie, trucidant aussi bien magiciens que Moldus. Au milieu de la tempête, Harry Ron et Hermione vont tenter de poursuivre le travail commencé par leur défunt maître et de retrouver les derniers Horcruxes, afin de vaincre le Seigneur des Ténèbres.

Allez ouaiche, allons-y !

Il est temps de balancer en vitesse cette critique de l'avant-dernier (en quelque sorte) Ripoté, afin de pouvoir se consacrer au boulot sérieux qui ne manque pas ce mois-ci (critiques de "Buried" et "Machete", suite des "Qu'est-ce qu'on attend ?" et florilège de tops en tous genres). D'autant qu'on ne pourra juger l'ensemble (surtout quand, comme moi, on n'a jamais lu le moindre bouquin de la série) qu'à l'aune de la deuxième partie qui selon les exégètes réservera son lot de révélations-minga (!) mais qui, l'un dans l'autre, ne sortira quand même qu'en juillet.
Ce qui nous laisse le temps. D'oublier. Ou pas.

Bref...

Bref: alors kwé, véci ?

Best Harry Potter Ever ou du moins depuis le troisième réalisé par Cuaron comme se plaisent à le souligner spécialistes, fans et critiques ?
Possible et même probable.
Le plus dark depuis "Le Prisonnier d'Azkaban" ci-dessus cité, ça, c'est sûr.
Y a qu'à voir la quasi tétanisante scène d'ouverture, pré-générique ou plutôt pré-titre dans le cas qui nous occupe, pour s'en rendre compte: on n'est plus là pour rigoler !
Quoi que...

Le plus dark, oui, mais aussi le plus surprenant et le plus intrigant sur la forme comme sur le fond.

Semblerait d'abord, en effet (je dis bien "semblerait" puisqu'au risque de me répéter j'ai pas lu les livres) que le brave mais un peu tâcheron David Yates - déjà responsable des deux précédents, le très moyen "Ordre du Phoenix" et le fort bon "Prince de Sang-Mêlé", se soit finilament plus ou moins affranchi de son total respect pour l'oeuvre de J.K. Rowling, qui faisait qu'il respectait à la lettre le Canon et se contentait quelque part de joliment mais un peu platement illustrer le récit.

Ce qui est sûr, quelle qu'en soit la raison, c'est qu'on se retrouve donc avec un film qui, après cette fameuse et oppressante introduction et une première heure plutôt tarazimboumante (laquelle respecte au pied de la lettre le cahier des charges d'un film de ce genre: action à revendre, effets spéciaux et bébètes à tous les étages, surtout dans la longue et fort sympatoche séquence au Ministère de la Magie), se départit au fur et à mesure de ses oripeaux d'actioner pur et dur, de film de fantasy espiègle et désabusé, pour s'aventurer dans des territoires plus étranges et plus inattendus.

En gros, à partir de là et jusqu'à la dernière demi-heure où, fin en queue de poisson oblige, ça s'emballe à nouveau, le film se fige.
Et en même temps s'étend.
Les trois principaux protagonistes se retrouvent quasiment seuls en scène (et encore, pendant un bon bout de temps ne sont-ils plus que deux) et évoluent sur un fond de menace sourde et de violence larvée pas piqué des hannetons vers un destin de plus en plus incertain.
Le tout dans un décor de fin du monde, minéral, désincarné qui ne fait pas peu pour rendre le film à la fois inquiétant et bizarrement dépréssif.

Ce qui rend assez bien justice aux débats internes qui agitent les trois gaillards depuis quelques épisodes, d'ailleurs. Débats qui arrivent ici en quelque sorte à leur paroxysme.

Qu'on ne s'y trompe pas: pendant toute cette partie, il se passe en fait plein de choses.
Mais la mise en scène provoque une espèce d'engourdissement qui confine à l'hypnose et qui donne l'impression - fort réussie, ma foi - que l'action s'est arrêtée et qu'elle plane en quelque sorte au-dessus du film.

Jusqu'à ce que poum paf, comme ça, d'un coup d'un seul tout donne l'impression de se remettre en place et de repartir de plus belle pour une demi-heure d'un final somme toute assez haletant.

Tout cela et quelques détails triviaux mais perturbants pour tout qui est habitué à l'univers cinématographique de Harry Potter (pas une seconde ne se déroule à Poudlard, par exemple), donne un film qui, s'il n'est pas parfait, est quand même pétri de qualités: plus fluide, plus lisible que ses prédécesseurs, il est aussi plus mature et surtout plus maitrisé.

Et puis il a sans doute LA qualité qui fait le sel de ce genre de saga: il donne furieusement envie de voir la suite !


Cote: ***

jeudi 16 décembre 2010

Les tops ! Les tops !

Allez, c'est parti comme d'habitude ! La valse des tops, avec, pour commencer et comme le veut la tradition, le fabuleux Flop 5 de ce qu'on a fait de pire cette année. Et largement !

1. "Freddy, Les Griffes de la Nuit" de Samuel Bayer (USA).
Pitié, misère, on n'avait pas mérité ça !
Du caca sur nos souvenir eighties et l'exploit de rendre le généralement kaboom Jackie Earle Haley mauvais comme un opossum sourd (sauf vaguement dans les scènes sans maquillage, ce qui n'est pas peu dire !)
Pas filmé, pas joué, pas écrit, pas à faire.
Au moins un moment a-t-on cru qu'il n'y aurait pas de séquelle.
Eh ben c'est raté.

2. "Mr. Nobody" de Jaco Van Dormael (B).
Pas que je me roule par terre à l'idée d'encore piétiner mon lot de papillon, savez-vous... Mais, enfin, franchement, je vous le demande... Qu'est-ce que c'est que cette bouse, à part un Folon animé ?
Un non film et un non événement.
Et il y en a encore pour conchier les frères Jambon après ça.
Sérieux !

3. "Wolfman" de Joe Johnston (USA).
Le bon film de loup-garou moderne reste donc à faire.
Et cette bouse filmée à la louche en bois et monté à la tronçonneuse artisanale ne va pas aider à faire avancer le schmilblick, malgré des maquillages et des effets spéciaux à l'ancienne.
Mais bon, quand on écrit avec le cul et qu'on engage des acteurs bankables mais qui n'en n'ont visiblement rien à foutre, hein... On récolte du maïs transgénique.

4. "5150, Rue des Ormes" de Eric Tessier (CAN).
La preuve en images (et pas des belles) que les canadiens - enfin les québécois - peuvent aussi chier sur la toile, quand ils s'appliquent.
Et en mettre partout (malgré une bonne idée de départ dans le cas qui nous occupe mais bon... ça ne suffit pas toujours, hein ?)

5. "Giallo" de Dario Argento (I).
Adrien Brody (qui joue ici le double rôle principal sous pseudo à franges - Byron Dreida ou un truc du genre) a essayé d'interdire la sortie de ce truc au Zitazunis (soit-disant pour des raisons de contrat mais personne n'est dupe).
Et vous savez quoi ? Il a réussi !
Tant mieux ! (mais on a bien ri, au Bifff, on a bien ri).

Allez, a plus pour la suite, les zoot suits.