mercredi 20 avril 2011


Bifff 29: Le Palmarès !

Et comme vous avez pu le voir, je me suis trompé dans les grandes largeurs, sauf pour "J'ai rencontré le Diable", évident Corbeau d'Or (il dépassait la compétition de la tête et des épaules, il faut le dire, et le seul film qui aurait pu lui faire de l'ombre - "Super" - était hors compétition).

Pour le reste, j'en touche pas une et il y a même quatre films primés que je n'ai carrémment pas vus.
Ce qui donne quand même la fâcheuse impression d'être passé à côté de la floche, c'est vrai...

MAIS !

Mais, mais, mais, mais, mais...

Beaucoup de mes pronostics sont passés à côté du flambeau mais l'ont frôlé.
De près.

Obtenant pour la plupart des "Mentions Spéciales" ou des "nominations".

Oui, je sais, c'est minable. On se console comme on peut...

Oui mais bon.

C'est déjà ça, non ?

Misère...

(Ah ! Et j'avais oublié de dire que je me doutais que "Détective Dee..." allait ramasser un prix, je le jure !)

Allez, le Palmarès complet de le 29ème Festival International du Film Fantastique, de Science-Fiction et de Thriller de Bruxelles s'articule comme suit:

- Corbeau d'Or: "J'ai rencontré le Diable", de Kim Jee-woon (SK).

- Corbeau d'Argent: "Détective Dee et le Mystère de la Flamme Fantôme" (CH) et "Midnight Son", de Scott Leberecht (USA).

- Mélies d'Argent (Meilleur Film Européen): "Transfert", de Damir Luketic (G).

- Prix du 7ème Parallèle: "La Passion selon St-Tony", de Veikko Ounpuu (Est.)

- Prix du Meilleur Thriller: "Territoires", d'Olivier Abbou (F).

- Prix du Public ("Pégase"): "Rare Exports", de Jalmari Helander (FI).

Des mentions spéciales en pagaille, donc, pour certains de mes chouchous: "Séquestrés", pour le jury Thriller, "Troll Hunter" (caca, mais j'avais pronostiqué un prix) pour les Européens et "Super", "nominé" pour le Prix du Public.

Mais rien de rien et c'est bien dommage, pour l'excellent "Les Yeux de Julia".

C'est Grand Malheur mais bon, voilà...

A l'année prochaine ?

Mais oui, allez...

Mais oui.

WELCOME !

Ah... Et en attendant... Mes Tops et Flops 5, tiens. Cadeau !

- Top 5:

1. "Super", de James Gunn (USA).
2. "J'ai rencontré le Diable", de Kim Jee-woon (SK).
3. "Les Yeux de Julia", de Guillem Moralès (S).
4. "Balada Triste de Trompeta", de Alex de La Iglesia (S).
5. "Tetsuo III", de Shinya Tsukamoto (J).

Et plein de mentions spéciales à "Séquestrés", "13 Assassins", "Mutants" ou même "The Ward" ou "Captifs", tiens...

Preuve de l'excellence de cette édition...

- Flop 5 (le pire en 1):

1. "La Proie" de Eric Valette (F).
2. "The Child's Eye", de Danny et Oxide Pang (HK/TH).
3. "Troll Hunter", d'André Ovredal (N).
4. "Monsters", de Gareth Edwards (USA).
5. "Le Règne des Assassins", de Chao-Pin Su et John Woo (CH).

Pas de mention spéciale pour la même raison que plus haut...

Et à l'année prochaine, DONC ! ...

mardi 19 avril 2011


Bifff 29: les pronostics.

Bon, je suis à la bourre, je n'aurai pas le temps d'écrire la critique de "The Ward" avant ce soir mais je vous balance quand même en vitesse mes pronostics parce que le palmarès... ben c'est ce soir.

Compliqué cette année puisque quelques films dignes d'être primés étaient présentés hors compétition ("Super", "13 Assassins"), que je n'ai vu qu'un film "7ème Parallèle" ("Tetsuo III") et qu'il y avait quelques erreurs de casting ("J'ai rencontré le Diable" et "Les Yeux de Julia" auraient été mieux en section "Thriller", par exemple).

Donc, à la louche et un peu à l'aveugle...

Les Corbeaux (Or et Argent) devraient se jouer entre "J'ai rencontré le Diable", "Seconds Apart" et "Troll Hunter" (mais je n'ai pas vu "Bestseller", donc...) mais je ne sais pas dans quel ordre.
Pour le Prix du Public, entre "Super" et "Neon Flesh" (avantage à "Neon Flesh").
Le Méliès à "Les Yeux de Julia" ou "Troll Hunter" (encore lui, misère !)
Le 7ème Parallèle à "Milocrorze" (je dis ça uniquement en vertu du bouche à oreille).
Et le Prix du Meilleur Thriller soit à "Captifs", soit à "Séquéstrés" (avantage à "Captifs" mais "Essential Killing" pourrait aussi créer la surprise).

Voilà, c'est très vague mais c'est comme ça et de toute façon ça n'a pas beaucoup d'importance, c'est vrai.

Allez, les jeux sont faits et à ce soir pour les résultats.

lundi 18 avril 2011


Bifff 29: Jour 11.

Où l'on commence à sentir l'écurie.


Et oui ! On entame la toute, toute dernière ligne droite. Plus que cinq films (Seigneur !) et on remballe.

On va donc pouvoir aussi se livrer bientôt au petit jeu des pronostics. Plus tard. Demain. Après "The Ward".

Sinon, il s'est passé plein de choses en ce dimanche soir.

Déjà c'était journée Japanimation avec concours de Cosplay donc journée spéciale golmons.

Misère de misère mais comment peut-on ? Encore plus pathétiques que tous les trekkies de la Terre réunis.

Enfin, faut bien que jeunesse se passe, hein ?
Mouais, le problème c'est que la plupart sont des adultes...

Ensuite il y avait Zoé Félix en chair et en os qui est venue présenter "Captifs", chanter "La Javanaise" et dire plein de gentilles bêtises avec sa (très) jolie bouche.

Enfin, last but not least, ils sont parvenus pour la première fois du festival (à deux jours de la fin, faut l'faire !) à respecter les horaires et ce malgré la projection avant le film de 22 h des deux courts-métrages réalisés dans le cadre du workshop.

Comme quoi tout arrive.

Si ils avaient pu les projeter de manière à ce qu'on puisse les apprécier convenablement - et pas en immonde vidéo à l'image ultra-sombre, tout cela aurait été parfait.

Enfin, les courts-métrages c'est pas encore trop grave...

Le problème c'est que le film de 18 h et celui de 22 étaient projeté dans les mêmes conditions (et pour le 22 h ça rendait le truc limite impossible à voir).

Juqu'au bout on se sera foutu de nos gueules.

Jusqu'au bout.

20. "The Child's Eye" de Danny et Oxide Pang (HK/TH).
Dix jours après "La Proie" d'Eric Valette on tient enfin la deuxième vraie grosse bouse du festival.
C'est dire si cette édition aura été de bonne tenue.
Ici, les frères Pang qui nous avaient pourtant habitué à mieux (la trilogie "The Eye" ou le récent "Re-Cycle", visuellement splendide) atteignent le sommet du ridicule avec cette improbable histoire d'hôtel hanté et d'enfant-chien (si, si, je vous jure).
C'est filmé avec les pieds (un comble, pour des virtuoses pareil), pas écrit, pas joué, ça ne va nulle part, ça ne raconte rien et surtout ça ne tient absolument pas debout (faudra qu'on m'explique le pourquoi du comment de cet enfant-chien, pourtant au centre du récit, justement).
C'est lent, c'est long, ça tourne en rond, il ne se passe rien (ou si peu).
Le comble, c'est que ce film a été tourné en 3D et nous étais présenté en 2D.
Donc, tous les effets sensé nous faire sursauter (pleins de trucs qui sautent à la gueule du spectateur: des chaises, des livres, des insectes, une main...) tombent misérablement à plat - et c'est le cas de le dire.
Bref, tout cela était tellement naze qu'il valait mieux prendre le parti d'en rire.
Mais c'était pas facile.

Cote: °

21. "Captifs" de Yann Goslan (F).
Un torture porn soft où des médecins français (dont la jolie Zoé Félix, donc) se font enlever par de méchants trafiquants d'organes à la fin d'une mission au Kosovo.
Rien de bien transcendant ici mais le film est honnête et se laisse gentiment regarder sans ennui ni déplaisir.
Le principal problème étant que le scénario fournissait de la matière pour un moyen-métrage et que ça fait quand même près d'une heure et demie.
Donc on est obligé de tirer dessus, surtout dans la première partie. D'où un impression de remplissage (des scènes de rêves ou des flashbacks sur des traumas pas franchement utiles).
Dans la dernière partie, heureusement ça décolle et ça devient même franchement haletant même si c'est parfois à la limite du vraisemblable.
Mais il y a de vraies bonnes idées de mise en scène (surtout si l'on tient compte du fait que c'est un premier film: la scène de l'enlèvement et tout le final dans les bois et dans un champ de maïs sont vraiment très bien foutus), un gros travail sur le son...
Et Zoé Félix.

Cote: **


22. "Seconds Apart" d'Antonio Negret (USA).
Je ne me suis décidé qu'à la toute dernière minute à aller voir celui-là, m'attendant, si pas à un chef-d'oeuvre, en tout cas à un tout bon film.
Hélas, je suis déception.
Non pas que c'était mauvais, non, c'est même fort bon même si très classique.
Mais... Je ne sais pas... Je m'attendais à mieux.
C'est assez glauque et malsain mais ça ne va pas assez loin.
Les crimes commis par les jumeaux grâce à la télékinésie sont rigolos mais à partir d'un moment ils cessent et le film s'enferre dans une sorte de méditation sur la géméllité et la famille des plus lourdingues, jusqu'à rebondir enfin lors du twist final inattendu mais somme toute assez convenu.
L'enquête menée par le flic est plus que poussive et, franchement, on aurait pu tout à fait se passer de la sous-intrigue concernant la mort de sa femme et le trauma qui s'ensuivit parce ça n'amène rien, si ce n'est la bizarre et irritante impression de voir deux films en un.
Deux films n'ayant rien à voir l'un avec l'autre, qui plus est.
Bref, l'idée de départ est intéressante, la forme originale mais le tout reste malheureusement bien trop inabouti et laisse douloureusement sur sa faim.
Et comme en plus ça nous a été projeté dans des conditions indignes...

Cote: **

Ce soir: "The Ward".
Demain: "Monsters", palmarès et cloture.


Bifff 29: Jour 10.

Où l'on est une fois de plus confronté aux Mystères du Bifff...

Sold-ou de misère pour "Troll Hunter" et aujourd'hui rien.

Ou si peu...

Une salle totalement dégarnie alors que nous sommes samedi soir, que c'est un film - relativement - tout public et que c'est une GROOOOOOOOOOOOOSSE comédie espagnole bien lourde comme les adore le public de base du Bifff.

Mitonée qui plus est par l'équipe derrière "Sexykiller" (Prix du Public il y a deux ans): le scénariste Paco Cabezas, qui signe ici sa première réalisation et la comédienne MACARENA (Minga !) Gomez, à poil et recouverte d'huile à la minute 47 comme précisé lors de la présentation par un réalisateur qui sait vendre son produit...

A défaut d'autre chose...

19. "Neon Flesh" (Carne de Neon) de Paco Cabezas (S).
De la part de l'équipe cachée derrière "Sexykiller", donc (voir ci-dessus) on s'attendait au moins à un truc un peu tenu et rythmé, à défaut d'être très intelligent (le cinéma ibère est rarement fin, surtout lorsqu'on aborde la comédie, fût-elle "policière").
Eh ben non, alors...
Ce truc inutilement long (deux heures pour un macramé pareil, misère et paratonnere !) est divisée en deux parties - vraiment trop - distinctes.
La première est longue, lente, ampoulée, inutilement alambiquée et ne semble aller nulle part et ne rien raconter.
Tant et si bien qu'on finit par l'attendre, la minute 47 !!!!!
La seconde, au contraire, souffre d'un excès de graisse, voulant visiblement tout résumer d'un coup et devenant, c'est une évidence, presque incompréhensible.
Mais bon, ce qu'elle perd en clarté elle le gagne en efficacité, ce qui, en l'espèce, n'est quand même pas plus mal.
A part ça, ben c'est rarement drôle alors que c'est censé l'être, ce n'est pas touchant alors que ça s'y essaye à tout crin et c'est branquignol là où ça se croit très malin (la réalisation, gadget et hystérique).
Sans parler de la profusion de scènes - voire de personnages (la fille du flic) - totalement, mais alors totalement inutiles et superflues !
Mais !
Mais, mais, mais, mais, mais...
On ne s'ennuie pas, c'est sûr, devant ce film qui, à force de maladresses et d'excès finit par devenir attachant.
Comme beaucoup de films espagnols, après tout...
Donc, finalement, l'un dans l'autre, hein ?...
Deux étoiles, allez...


Cote: **

Ce soir: "The Child's Eye", "Captifs" et "Seconds Apart".
Demain: "The Ward".

samedi 16 avril 2011



Bifff 29: Jour 9.

Où l'on est de nouveau étonné d'être surpris ainsi que passablement énervé.

"Troll Hunter" sold-out ! On m'aurait dit ça !

Et bien sold-out, en plus: pas mal de gens n'ont pas trouvé de place et ont donc vu le film assis à même le sol. Ce qui nous amène quand même à nous poser certaines questions. Aurait-on vendu plus de billet qu'il n'y a de places disponibles dans la pourtant très grande salle de Tour et Taxis ?

Mystère et boules de bite mais ça ne donne pas une image moins "amateuriste" de l'équipe organisationnelle.

Pas plus d'ailleurs que les retards qui s'accumulent (y a pas un soir où il n'y en a pas eu), s'allongent et deviennent de plus en plus absurdes.

Et, on peut le dire, commencent vraiment à casser les couilles.

Parce que bon, ce soir, deux films courts (respectivement 1 h 30 et 1 h 25) et malgré ça une heure de retard dans la vue.

Je veux bien que c'était en partie du à l'affluence (toujours incompréhensible) pour "Troll Hunter" mais quand même.

Pourquoi faire venir Renny Harlin, Invité d'Honneur n'ayant rien à vendre (heureusement, ce type n'a réalisé que des bouses immondes, à part peut-être "Die Hard 2") un jour où il y a déjà un invité (le réal du film) et passer six (SIX, putain !) bandes annonces de ses "oeuvres" dans la foulée ?

On me dirait qu'ils le font exprès que ça ne m'étonnerait plus tant que ça, à force...

Enfin...

17. "Troll Hunter" (Toljegeren) de André Ovredal (N).
Tout ça pour un mauvais film, en plus.
Parce que vraiment...
D'abord - et il faudrait que tous les réalisateurs présents et futurs finissent par se le fourrer dans le crâne - on en a marre des faux docus "Blair Witch" style filmés caméras à l'épaule par des soi-disants-étudiants-qui-ont-disparu-mais-on-a-retrouvé-les-enregistrements.
Ca va. C'est bon. On a donné. N'en jetez plus la cour est pleine.
Ce n'est vraiment plus qu'un artifice à la con pour camoufler un manque d'ambition et d'originalité crasse.
Ensuite, comme souvent dans ce genre de film, les trois quarts du temps il ne se passe rien et donc on se fait chier.
Et c'est particulièrement vrai ici avec un film qui ne dure qu'une heure et demie mais qui parait en faire au moins trois de plus.
Zachte Christus !
Qu'est-ce qu'on s'emmerde, putain, c'est à peine croyable.
Pourtant, paradoxalement, il y des moments drôles (tout ceux avec les trolls, tellement mal foutus dans le genre Muppet Show/Géants de la Ducasse d'Ath que ça en devient presque touchant).
Et puis, c'est vrai, l'idée de départ est originale.
Mais preuve est faite et bien faite qu'UNE bonne idée ne fait pas forcément un bon film, bordel !
Milliards !

Cote: *

18. "Séquestrés" (Secuestrados) de Miguel Angel Vivas (S).
Ici par contre pas moyen de s'ennuyer.
Pas le temps, pas possible.
C'est du sévère, du burné, du qui cogne et qui fait mal.
Une sorte de "Funny Games" à l'espagnole mais où, contrairement au film de Haneke, on voit tout.
Et ça bastonne. Ca saigne, ça pisse, ça éclabousse !
En gros, un home-jacking dans une villa madrilène filmé en temps quasi réel et, tour de force technique, en seulement 12 plans-séquences (sauf que le garçon triche, il y a au moins deux scènes en split-screen. Oooouh ! Pas bien !).
Un home-jacking qui tourne mal, très mal et pour à peu près tout le monde.
Avec une escalade dans la violence particulièrement sévère (une vilaine scène de viol, une autre réminiscente d'"Irréversible", vous voyez un peu le genre) qui laisse difficilement indifférent et vous fait sortir de là lessivé et sans voix.
Un film à la fois ultra dur et totalement euphorisant.
Définitivement du Grand Art !

Cote: ***

Ce soir: "Neon Flesh".
Demain: "The Child's Eye", "Captifs" et peut-être "Seconds Apart" (j'ai pas encore ma place).

vendredi 15 avril 2011



Bifff 29: Jour 8.

Où l'on passe un nouvel anniversaire au Bifff.

Eh oui, un an de plus et de nouveau un anniversaire à Tour et Taxis. Wééééééééééééé !!!!

A part ça quoi de neuf aujourd'hui, alors que nous avons allègrement dépassé la moitié du festoche ?

Eh bien, Timothy Spall est venu nous chanter une petite chanson, le "projectionniste" a inventé une nouvelle cascade (en milieu de film, l'image passe dans la partie supérieure de l'écran et on en perd donc la moitié) et l'on se rend compte qu'ils sont quand même capable de respecter les horaires, quand ils veulent (mais comme le film de 22 h durait quand même deux heures et demies, ce coup-ci ça ne servait à rien).

On en est là !

15. "Wake Wood" de David Keating (UK).
HAMMER RULES !
Eh oui ! C'était bien à une co-production Hammer à laquelle nous avions droit avec ce film qui évoque à la fois "The Children" et "Simetierre".
Et quelque part, ça se voyait.
Le même genre d'ambiance que jadis, avec ce petit village de campagne, vaguement inquiétant, ces paysages embrumés, ce rythme un peu languide et cette intrigue à base de rites païens (ça fait aussi un peu penser à "The Wicker Man", dans un autre registre).
Rien de bien transcendant mais un petit film plaisant, avec une belle ambiance et qui propose une réflexion intéressante sur le thème du deuil.
Et puis, encore une fois, il y a l'ami Timothy Spall (et Eva Birthistle !)...

Cote: **

16. "J'ai rencontré le Diable" (Akmareul Boatda)de Kim Jee-woon (SK).
Ah la la...
Dommage, trois fois dommage.
Parce qu'en l'espèce, on tient ici le meilleur film de la séléction so far. Et haut la main, en plus !
Dame, ça, quand les sud-coréens s'en mêlent, les autres se taisent et apprennent.
A plus forte raison quand le coréen de service n'est autre que Kim Jee-woon, réalisateur de "Deux Soeurs" (primé à Gérardmer et au Bifff), "The Quiet Family" ou "A Bittersweet Life".
Et qu'à l'affiche l'on retrouve deux des plus grands comédiens en activité au Pays du Matin Calme: Byung-Hun Lee (l'acteur "fétiche" de Kim Jee-woon) et Cho Mink-sik (le "OldBoy" de Park Chan-wook), ici en clone asiatique de Mickey Rourke période "The Wrestler".
Le film en lui-même est, on peut le dire, une pure tuerie.
Un truc de fou remonté à balles de guerre.
Violent, sadique, gore, admirablement réalisé (la scène dans la serre, par exemple), porté par un scénario à la fois original et roublard (après l'assassinat de sa petite amie enceinte par un serial-killer, un agent secret traque celui-ci, lui fait ingérer une gélule contenant un micro et un gps et à partir de là va se mettre à le harceler, surgissant toujours quand l'autre ne l'attend pas pour le tabasser, voire le torturer, rendant le tueur complètement fou et parano. Jusqu'à ce que tout s'inverse, bien entendu) et surtout traversé par les salves d'un humour à froid salutaire qui s'amuse à désamorcer les situations les plus potentiellement ultimes.
Las, lorsque arrive le dernier quart d'heure, extrèmement complaisant, cet humour disparait et la résolution ne devient plus qu'une sorte d'exaltation de la Loi du Talion, de la légitime défense, de la vengeance, remettant donc en perspective tout ce qu'on l'a vu auparavant.
Se révèle alors un film cynique et amer, dont la plupart des ressorts ne sont là que pour titiller nos plus bas instincts.
Dommage, trois fois dommage, donc, que l'on ressorte de là avec un drôle de goût dans la bouche.
Parce que le film en tant que tel, si l'on ne prend pas en compte ce curieux "message", pardon mais c'est de la bombe !
Une bombe sale, malheureusement.

Cote: ***

Ce soir: "Troll Hunter" et "Kidnapped".
Demain: "Neon Flesh".

jeudi 14 avril 2011



Bifff 29: Jour 7.

Où l'on commence sérieusement à se demander si on ne se foutrait pas un tout petit peu de notre gueule.

Oui, sérieusement.

Parce que bon...

Des invités à toutes les séances, c'est bien beau mais... ça déborde.

Le film de 20 h qui en dure deux, ben... ça déborde.

Et quand en plus on a la bonne idée de programmer la présentation du Jury International le même soir, bandes annonces à l'appui et bien figurez-vous que... ça déborde !

Résultat des courses: le film de minuit démarre avec une heure dix de retard et on sort de là à deux heures et demies du matin.

Rajoutons à ça "Stake Land" (22 h) projeté en version vidéo ou carrément téléchargé sur le Net avec une image où l'on voyait les pixels (après "Détective Dee" en V.F. et les sempiternels flous artistiques du "projectionniste") et l'on commence légitimement à s'agacer devant tant d'amateurisme et de je-m'en-foutisme.

Parce que, quand même, on paye cher et vilain pour tout ça.
Le minimum serait quand même qu'on puisse voir les films dans des conditions un peu convenables, non ?

En plus, ce fût du point de vue films la première soirée un peu faiblarde de cette édition, heureusement sauvée in extremis par ce bon vieux Tsukamoto lors de ma première (et sans doute dernière) séance de minuit (où l'on rencontre aussi de bien beaux animaux de cirque, soit dit en passant).

12. "Le Règne des Assassins" (Jianyu) de Su Chao-Bin et John Woo (CH).
Et en plus, y en a marre des films de sabre.
Déjà le troisième de cette édition (mais bon, le Miike était excellent, avouons-le) et puis, de manière générale, le genre me lasse.
C'était bien il y a 10, 15, 20 ans, quand on découvrait ça de nos petits yeux émerveillés mais au bout de 80 films du même tonneau, c'est bon, on a compris.
Toujours les mêmes intrigues inutilement alambiquées, les mêmes chorégraphies, les mêmes personnages typés, les mêmes combats, les mêmes cascades... Pffff...
En plus, celui-ci, malgré la présence au générique de Michelle Yeoh et John Woo, manque singulièrement de souffle et surtout de rythme.
Donc, rien à faire, pas moyen d'entrer dedans et au bout d'un moment... ben on s'emmerde.

Cote: *

13. "Stake Land" de Jim Mickle (USA).
Le nouveau film du réal de "Mulberry Street" est donc un survival post-apocalytpique avou des vampiiiiiiiiiiiiiires.
Et, malgré son image affreuse (pas vraiment aidée en plus par les conditions de projection évoquées ci-dessus), ça commence pas mal, dans un genre fort réminicent de "La Route" (y compris point de vue musique, d'après Le Diable, bien que moi ça m'évoquait plus "Where the Wild Roses Grow" de Nick Cave vs. Kylie Minogue, mais bon...).
Une bonne ambiance, d'affreux monstres, un peu d'action, un peu de gore, un sous-texte intéressant sur les dérives religieuses (c'est à la mode cette année, visiblement)...
Bref, tout cela était plutôt mucho sympathico... Au début...
Malheureusement, au milieu, le film s'encrouille, se répète, se ralentit, s'endort et semble surtout ne plus savoir comment diable il va bien pouvoir se terminer.
Et du coup ben, là aussi on finit par se faire un peu chier.
Rien qu'un peu mais ça suffit...

Cote: ** (et c'est bien payé)

14. "Tetsuo III" (Tetsuo: The Bullet Man) de Shinya Tsukamoto (J).
Et heureusement pour la fin de soirée, Tsukamoto était de retour en forme olympique pour botter des culs.
Avec ce "Tetsuo" troisième du nom qui est en fait un remake du second avec des acteurs américains et des dialogues en anglais, pour s'ouvrir au marché U.S.
Ce qui, à mon avis, n'est pas gagné d'avance.
Parce que, dans le genre retour aux sources du mythe cyberpunk hystérique qui charcle et qui éclabousse dans les grandes largeurs, ouh là !, ça se pose un peu là !
Stroboscopique, épileptique, totalement déjanté, visuellement sidérant (et que dire du son et de la musique) cet upgrade de "Tetsuo II" (le début est un remake quasi plan par plan mais la fin est fort différente) est pour le néophyte une expérience limite hallucinatoire et pour l'habitué, voire le fan, un plaisir proche de l'extase.
D'ailleurs c'est tellement over the top qu'au bout de ces 79' on a l'impression que ça vient à peine de commencer.
Que du bonheur !


Cote: *** (j'aurais bien mis 4 mais faut avouer que les acteurs sont mauvais comme des gorets).

Ce soir: "Wake Wood" et "J'ai rencontré le Diable".
Demain: "Troll Hunter" et "Kidnapped".