mercredi 21 avril 2010


Bifff 28: Le Palmarès.

Et voila, c'est fini.

Une nouvelle édition du Bifff est derrière nous. Une édition bizarrement morne, pas tellement au niveau des films (quoi que la première semaine était très en demi-teinte) mais surtout au niveau de l'ambiance, des invités, des "événements" et autres animations.

Serions-nous devenus blasés ?

Peut-être... En tout cas, en attendant l'année prochaine (et à plus court terme, la critique du film de clôture, l'excellentissime "Kick-Ass"), voici viendu le temps du Palmarès, sans surprise, si ce n'est celle du Corbeau d'Or remis à "Esther".

En voila bien une que je n'avais pas vu venir, tiens.
D'accord, le film n'est vraiment pas mal, mais de là à lui filer un prix - le principal, en plus - il y a un pas que je n'aurais pas franchi.
Enfin, disons que ce Corbeau vient récompenser un film bien "Bifff", ce qui n'est pas un mal en soi. Et qu'il marque le grand retour des Etats-Unis en haut du tableau-marquoir, car "Esther" est bien un film à 100% amériki, n'en déplaise à mes petits camarades de Le Soir qui en font un film espagnol sur la seule foi de la nationalité de son réalisateur (baudets !)

A part ça (et le doublé de "Symbole" qui prive étrangement "Valhalla Rising" du Prix du 7ème Parallèle), le reste est assez conforme à mes pronostics d'hier. Plus fort qu'avec les Césars ou les Oscars, donc.

Allez, voila, roulez tambour !
Le Palmarès du 28ème Festival International du Film Fantastique, de Science-Fiction et de Thriller de Bruxelles:

- Corbeau d'Or: "Esther", de Jaume Collet-Serra (USA).

- Corbeau d'Argent: "Thirst", de Park Chan-wook (SK) et "Symbole", de Hitashi Matsumoto (J).

- Mélies d'Argent (Meilleur Film Européen): "The Door", d'Anno Saul (G).

- Prix du 7ème Parallèle: "Symbole", de Hitashi Matsumoto.

- Prix du Meilleur Thriller: "Cellule 211", de Daniel Monzon (S).

- Prix du Public (ou "Pégase"): "Vampires" de Vincent Lannoo (B).

Voila.

A noter donc que c'est la première fois qu'un film belge reçoit un prix et que, comme prévu, mon chouchou danois "Délivre-nous du Mal" est reparti bredouille.

Du côté des habituelles "Mentions Spéciales", on remarquera celle du jury européen remise à "Cargo", un film de S.F. suisse ainsi que, encore plus surprenant, voire surréaliste, celle du jury "thriller" récompensant UNE (!) scène du très mauvais film de Uwe Boll, "Rampage". Mention spéciale pour une scène, on peut dire que c'est de l'inédit, mais c'est peut-être le plus près d'un prix, quel qu'il soit, que se rapprochera jamais un film de Uwe Boll, donc*... Profite, gaillard !

Et allez, puisque je suis de bonne humeur, ravi que je suis de la résurrection de ma touche "k", je me fends moi aussi de mon petit palmarès sous forme de top 5 et flop 5.

Top 5:

1. "Kick-Ass", de Matthew Vaughn (USA).
2. "Délivre-nous du Mal", de Ole Bornedal (DK).
3. "Thirst", de Park Chan-wook (SK).
4. "Symbole", de Hitoshi Matsumoto (J).
5. "The Killer Inside Me", de Michael Winterbottom.

Mentions à "Le Guerrier Silencieux", "Esther" et "Heartless".

Flop 5 (le plus mauvais en 1):

1. "5150, Rue des Ormes", d'Eric Tessier (CAN).
2. "Rampage", de Uwe Boll.
3. "Kanikosen", de Sabu (J).
4. "Giallo", de Dario Argento (I).
5. "The Fourth Kind", d'Olatunde Onsunsanmi.

Mention à "Malone", de Russell Mulcahy.

Et puis c'est tout...

(* cette phrase ne veut absolument RIEN dire mais je suis très fatigué, je la laisse donc comme ça).

mardi 20 avril 2010


Bifff 28: Jour 11.

Où les jeux sont faits... et bien faits...

Voila, dernière vraie soirée au Bifff 2010.

Avec à la clef encore une très bonne surprise (et une dernière croûte pour la route).

Demain (oui, ce soir, en fait) c'est la clôture et le palmarès, donc, rions, c'est l'heure et résumons-nous: qui c'est qui mériterait donc quoi ?

"Thirst" et "Symbole" devraient tout les deux logiquement être primés (Corbeau d'Or pour l'un et d'Argent pour l'autre ? Peut-être bien, mais dans quel ordre ?), ainsi que "Valhalla Rising" (7ème Parallèle).
"Délivre-nous du Mal" de Ole Bornedal et "Cellule 211" de Daniel Monzon devraient se battre jusqu'au bout pour le titre de Meilleur Thriller.
Et ce ne serait pas étonnant que le film belge "Vampires", de Vincent Lanoo, vu le buzz qu'il a généré, se retrouve récompensé lui aussi (le Prix du Public ?).
Reste la grande inconnue: le Méliès d'Argent (meilleur film européen).
Rien ne semble surnager dans la séléction (du moins de ce que j'en ai vu).
"The Door", le film allemand grand vainqueur de Gérardmer ?
Ne l'ayant pas vu, je peux difficilement juger mais à entendre les sifflets dans la salle lorsque son titre fut cité à je ne sais plus quelle occasion... Hum...

Wait and see, donc...

En attendant: encore deux flimz...

18. "Symbole" (Shinboru) de Hitoshi Matsumoto (J).
YAYAYAYAYAYAYAYAYA !!!!!!!!
"Cube" en version dadaïste, maintenant, on aura tout vu !
Un Japonais se réveille dans une grande pièce toute blanche et sans issue. En appuyant sur le zizi d'un angelot dépassant de l'un des murs, il provoque l'apparition de plusieurs dizaines d'appendices du même genre. En se servant de ceux-ci, il va vite se rendre compte qu'il peut faire apparaître toutes sortes d'objets délirants, voire de personnes (des coureurs masaïs qui traversent la pièce et les murs), voire changer la physionomie de la salle (une porte apparaît, par exemple, mais s'avère impossible à atteindre). En utilisant à bon escient les possibilités offertes, peut-êre réussira-t-il à se libérer...
Oui, hein ? Je sais...
Et si je vous dit qu'en plus, cette histoire-là est montée en parallèle avec celle d'un catcheur masqué mexicain surnommé Escargot Man qui se prépare pour son prochain match entouré de sa famille ?
Eh bien c'est ça, "Symbole". Le truc le plus surréaliste, déjanté, fou fou, incohérent et ludique qu'il ait été donné de voir à un festivalier depuis... Depuis jamais, à mon avis, tout simplement.
Inventif, poétique et toujours hilarant, bourré d'idées de mise en scène invraisemblables (et parfois kitsch; toute la fin ressemblant à un gigantesque clip de Jean-Michel Jarre sous acide), c'est le film le plus barré - et l'un des plus jouissifs - de ma "carrière" de cinéphage.
Réalisé, interprété, écrit, produit par un seul homme: Hitoshi Matsumoto, sorte de Kitano version clown nucléaire, "Symbole" est une expérience hors du commun qui risque bien de se voir distinguer lors de la remise de prix et qui a toutes les cartes en main pour acquérir le statut de film-culte.
Ce coup-ci, c'est sur !

Cote: ****

19. "Malone" (Give'em Hell, Malone") de Russell Mulcahy (USA).
Et on termine sur une fausse note de fanfare avec le dernier Mulcahy (vous savez, le type qui a réalisé "Razorback" et "Highlander", il y a deux millions d'année avant de sombrer dans la bisserie sans nom en compagnie de Christophe Lambert ?): une cornichonnerie de la plus belle eau, une sorte de mélange de film noir et de BD qui cite à tout va (et pas du beau: outre les multiples références à l'univers du polar, ses femmes fatales, etc., on pense essentiellement à des brols comme les Batman de Schumacher, "Dick Tracy" ou bien entendu à "Sin City" version kermesse).
C'est d'une laideur sans nom (le fluo domine, et largement), la réalisation est tour à tour plan plan et hystérique, les acteurs mauvais comme des cochons corses (Thomas Jane et Elsa Pata%y sont carrémént pathétiques et je ne parle même pas de Doug Hutchison, en Joker du pauvre) et l'histoire, inutilement alambiquée comme de bien entendu, ne tient absolument pas debout (si c'était juste pour le buter, c'était pas la peine de monter une combine aussi farfelue, hein, les gars !)
Bon, y a de l'action et un peu de violence, donc on ne s'ennuie pas tout à fait (quoi que, j'ai quand même regardé ma montre, en fait), mais c'est vraiment tout ce qu'il y a à sauver de ce moche truc qui, en plus, est "to be continued".
Qu'avons nous fait pour mériter ça, misère ?

Cote: * (je suis trop gentil)

Ce soir: Kick Ass, clôture et palmarès.

Bifff 28: Jour 10.

Où l'on est un peu emmerdé pour Ole Bornedal...

Eh oui !
Car son "Delivre-nous du Mal", qui reste mon chouchou pour le moment, est en compétition pour le Prix du Meilleur Thriller.

Or, "Cellule 211", le scud espagnol vu ce soir (-là, c'était avant-hier, en fait) semble bien parti pour lui griller la politesse.

Ce serait mérité, notez, vu la qualité générale du film de Daniel Monzon... Mais bon. Je continue à considérer le danois comme la meilleure chose vue au Bifff jusqu'ici (c'est pas encore fini, c'est sur, mais, à l'heure où j'écris ces lignes il ne me reste plus que le film de clôture à voir, les chances de le voir se faire détrôner s'amenuisent...)

Ce serait marrant de se livrer au petit jeu des pronostics, d'ailleurs.

Bah, ce sera pour plus tard...

17. "Cellule 211" (Celda 211) de Daniel Monzon (S).
Décoiffant pour le moins, ce thriller carceral espagnol où un jeune gardien fayot (il vient bosser un jour plus tôt, ce baudet) se retrouve prit au milieu d'une émeute au cours de laquelle les détenus vont le prendre pour l'un d'entre eux, le forçant à mener double jeu.
Car rare sont les films qui vous prennent comme ça d'entrée de jeu pour ne plus vous lacher, vous scotchant à votre fauteuil du début à la fin, vous faisant même oublier d'aller pisser (et pourtant, avec la Troll et le maitrank...)
"Cellule 211" est de ceux-là.
Car rapidement, on s'attache aux personnages, se passionnant pour leurs relations, leurs atermoiements, leur évolution, au gré des circonvolutions d'un scénario en béton armé qui souffle le chaud et le froid, n'oubliant pas d'humaniser ses protagonistes (la partie avec la femme du "héros") et n'hésitant pas à aller fouiller dans la réalité politique du pays (les otages de l'ETA).
C'est brillant, nerveux, réalisée de façon à la fois sèche et racée et magistralement interprété (surtout par Luis Tosar, dans le rôle de Malamadre, le taulard en chef). Et en plus, comme c'est retors, tout le monde trahit tout le monde et ça ne se termine bien pour personne... Ou presque (ouais, spoiler in your face !)...
Bref, on comprend assez vite pourquoi cette espèce d'upgrade espingouin d'un épisode de "Oz" a fait une telle moisson de récompenses lors de la dernière cérémonie des Goyas (les Oscars espagnols).
Et pourquoi Ole Bornedal aurait des raisons de s'en faire...

Cote: ****

Lundi: "Symbole" et "Malone".
Mardi: "Kick Ass", clôture et palmarès.

lundi 19 avril 2010


Bifff 28: Jour 9.

Où l'on essaye d'appréhender le québecois...

Et c'est pas facile, facile, hein !

Le réalisateur de "5150, Rue des Ormes", Eric Tessier, a beau être venu muni d'un petit lexique pour nous aider à comprendre les multiples injures du cru qui truffent son film ("ostie", "calisse", "tabernacle", qu'il traduit toutes par "putain !", en gros), il a quand même fallu s'aider largement des sous-titres en anglais pour capter ce qui se racontait à l'écran.
Ce qui a néanmoins aidé à nous tenir éveillés mais ça, c'est une autre histoire...

A part ça ? A part ça y en a marre des retards à répétition mais bon, c'est le Bifff, hein... Faut faire avec.

15. "The Crazies" de Breck Eisner (USA).
Encore une bonne biffferie, tiens !
Soit un remake bourrin, pas très vraisemblable mais très très efficace du "Jour des Fous Vivants" de notre bon vieux Romero.
C'est assez bas de plafond mais on ne s'ennuie pas une seconde devant ce truc qu'un critique de génie comme Giuseppe (oui, on entre dans le domaine de la private joke mais j'ai pas pu m'en empêcher) aurait pu résumer par "y a de la musique de Johnny Cash et à la fin tout explose".
Comme en plus, la réalisation - enfin, surtout la photo - sous ses dehors clipesques, réussit par moment à réssuciter le look froid des films d'horreur paranos des années 80 (la scène de la moissonneuse-batteuse, celle du car-wash)... on va pas bouder notre plaisir, hein ?
Con mais bon, comme dirait l'autre...

Cote: *** (Arf !)

16. "5150, Rue des Ormes" d'Eric Tessier (CAN).
Pénible, pénible, pénible...
Et pourtant, ça commençait bien !
Résumons-nous: un gaillard tombe de vélo dans une rue de banlieue québécoise. Et sonne à la mauvaise porte, le 5150 rue des Ormes étant habité par un psychopathe qui, avec la complicité plus ou moins consentie des membres de sa famille, va le séquéstrer. Pour finir par le tuer ? Pas sûr !
Donc, l'idée de départ est bonne, la personnalité du méchant originale... Et puis c'est tout.
Une fois l'affaire lancée, tout se fige, plus rien ne bouge, plus rien n'évolue... Et ça devient chiant. Fort chiant. Incroyablement chiant, même.
C'est bien simple, à partir d'un certain moment, on n'attend plus qu'une chose: que ça se termine. Et le problème c'est que ça prend son temps.
Comme en plus, c'est absolument invraisemblable (la relation père-fille est un modèle de n'importe quoi), plombé par des effets inutiles et réalisé comme un (mauvais) téléfilm... Ca donne presque envie de revoir le Uwe Boll...

Cote: *

Dimanche: "Cellule 211".
Lundi: "Symbol" et "Give'em Hell, Malone".

Bifff 28: Jour 8.

Où l'on rattrape le temps perdu...

En retard, en retard, je suis toujours en retard...

Donc, voila, je pourrais vous parler une fois encore des chiottes high-tech et de leurs urinoirs sans eau, sans produits chimiques et sans odeurs qui marchent tellement bien qu'on est obligé de faire brûler de l'encens pour dissipper la puanteur, ce qui laisse des traces de brûlé sur le carrelage blanc.

Je pourrais vous parler du buzz autour de "A Serbian Film" et de ses viols de nouveaux-nés.

Je pourrais vous parler de "Vampires", le film belge (excellent, parait-il) présenté en avant-première mondiale et déjà en vente au DVD shop (tout comme "Esther" ou "Survival of the Dead", d'ailleurs).

Je pourrais faire tout ça et bien plus encore mais je n'en ferai rien car: en retard, en retard, je suis toujours en retard.

Et donc autant parler des films...

14. "The Killer Inside Me" de Michael Winterbottom (USA).
Dommage, une fois encore, que la toute fin de cet énième film du stakhanoviste Winterbottom (16 films en quinze ans, autre chose que Philip Ridley ou Terrence Malick) soit bâclée, confuse, difficilement compréhensible et donne l'impression d'avoir été jetée avec l'eau du bain.
Parce que pour le reste, pardon !
C'est ultra léché, splendidement réalisé, la photo est magnifique, la reconstitution d'époque impeccable, bref, c'est du tout beau boulot (d'ailleurs, on comprend des le très stylé générique de début qu'on va avoir affaire à du lourd).
Le scénario, adapté d'un roman du pape du polar Jim Thompson (également scénariste de Kubrick, excusez du peu), est redoutablement efficace, avec toujours une légère longueur d'avance sur le spectateur qui, du coup, est en permanence sur le qui-vive et souvent bluffé par les multiples rebondissements.
Le tout est en plus servi par un casting haut de gamme (Jessica Alba, Kate Hudson, Elias Koteas, Bill Pullman...) dominé de la tête et des épaules par un Casey Affleck ("le membre de la famille qui a du talent", pour paraphraser notre cher ami présentateur) carrément impérial.
En deux mots comme en cent, cette histoire de shériff-adjoint psychopathe, avec sa violence très graphique (pauvre, pauvre Jessica Alba !), est un film noir de chez noir qui aurait pu espérer devenir un vrai classique.
Tel quel, avec sa fin loupée, il deviendra peut-être une sorte de film-culte.
Ce qui - une fois de plus - est déjà pas mal.

Cote: ***

Samedi: "The Crazies" et "5150, Rue des Ormes".
Dimanche: "Cellule 211".

samedi 17 avril 2010


Bifff 28: Jour 7.

Où l'on passe une drôle de soirée à deux vitesses...

Suite de le présentation du jury international avec un Tommy Wirkola ("Death Snow") visiblement surpris de devoir chanter ("Is it a tradition ?") et un Nabil Ben Yadir culotté, qui abandonne d'abord son comparse à son triste sort avant de revenir pour une interprétation très "spoken word" de "Mais vous êtes fous ?" de Benny B., repris en choeur ("OH OUI !") par un public qui n'en demandait pas temps...

Côté films, sinon, c'est peu de dire que cette soirée aura balayé toutes les possibilités du spectre bifffien...

Wouf !!!!

12. "Le Guerrier Silencieux" (Valhalla Rising) de Nicolas Winding Refn (DK).
Ouh la !
Alors là, oui, évidemment, vendu comme il a été vendu (une épopée viking bien barbare), il est compréhensible que ce film en ai laissé plus d'un perplexe...
Car voila, voila: on est ici loin, très loin, à des années-lumières même, des sommets d'action et de violence (quoi que, de ce côté-là il y ait quelques surprises, éparses mais grâtinées) agitées devant nos nez morveux par les photos, bandes annonces et autres teasers mis en place pour nous servir le bazar, probablement l'un des plus mal pitchés (toi aussi, parle djeuns !) de l'histoire du cinéma...
Contemplatif - et le mot est faible - lent, très lent, élégiaque et hypnotique, "Valhalla Rising" est, avec sa musique entêtante, son décor sidérant, sa photo d'anthologie, son interprétation, comment dire... virile et son fond magnifiquement allégorique, l'une des expériences filmiques les plus ultimes et décalées qui ait été présenté à l'oeil humain...
Evoquant tour à tour les mânes de Kurosawa et de Tarkovski (par contre, pour Leone, comme dit dans le programme, je cherche toujours...) mais également de Bergman, von Trier ou, surtout, de Herzog (qui n'est pas mort, lui, pour le coup, mais on pense quand même beaucoup à "Aguirre..." allez...), voire celles de Kitano (pas mort non plus: pour les explosions de violence éparses et ultra-courtes), ce "Guerrier Silencieux", dont le final à de quoi, il est vrai, laisser perplexe, est au bout du compte une expérience artistique comme on en connaît peu, surtout dans ce genre de festival.
Raison de plus, donc, pour en profiter pleinement !
Mais si, allez: essaye !

Cote: ***

13. "Esther" (Orphan) de Jaume Collet-Serra (USA).
A l'opposé quasiment exact du film précédent, "Esther" se présente sans gêne aucune - à la grande satisfaction du festivalier lambda, d'ailleurs - comme le film Bifff idéal.
Une grande bisserie diablement efficace, bien menée, bien réalisée (du moins pour ce genre de film), bien servie par une belle distribution (Vera Farmiga, impériale, Peter Sarsgaard, impec en Droopy des familles et la jeune Isabelle Fuhrmann, inquiétante à souhait), au scénario retors même si certaines scènes sont un brin téléphonées et d'autres un poil too much...
Bref, du clef en main...
L'essentiel de l'histoire n'est absolument pas crédible pour deux sous (et que dire du rebondissement final ???) mais ça rajoute encore un brin de charme à ce film clairement - et ouvertement - trop is te veel...
Et puis il y a un vrai suspense, un brin de gore... et surtout on ne s'emmerde pas une seule seconde tout du long de ces quand même deux heures et cinq minutes...
Pure, mindless, senseless fun ?
Ouaip, et en milieu de festoche, en plus, eh bien ça tombe à pic !...

Cote: ***

Ce soir: "The Kille Inside Me"
Samedi: "The Crazies" et " 5150, Rue des Ormes"



vendredi 16 avril 2010


Bifff 28: Jour 6.

Où l'on change de président...

Qui l'eût cru, le vénérable Tobe Hooper ("Massacre à la Tronçonneuse", "Poltergeist"...) a fait faux bond au Bifff !

Non, sans rire, c'est pas une surprise, ce genre de truc arrive tous les ans. Et toujours avec l'invité le plus important, bizarrement...

Le truc, c'est que Hooper devait présider le Jury International (celui qui remet les Corbeaux, parce qu'avec la multiplication des jurys et des prix ces dernières années, on s'y perd un peu). Du coup c'est sa copine Dee Wallace qui s'y colle, assez logiquement (c'est la plus connue des membres du jury après lui).

Aaaaaah ! Dee Wallace ! Ou Dee Wallace-Stone, d'ailleurs, c'est selon.

La plupart d'entre vous se souviendra d'elle comme de la maman dans "E.T.", mais c'est aussi l'une des principales scream queens de l'Age d'Or du cinoche bis amériki (fin des années 70 et toutes les années 80, en gros).
Que l'on aura pu voir dans des choses aussi cultes que "La Colline a des Yeux", "Cujo", "Critters", "Hurlements" ou, plus récemment dans "Fantômes contre Fantômes" de Peter Jackson ou le remake de "Halloween" par Rob Zombie (cowabunga !).

Une icone ! Mon idole !

Qui a prouvé qu'elle avait de beaux restes et qu'elle était encore tout à fait capable de pousser une gueulante, d'ailleurs.

Sa présentation tombait à pic, soit dit en passant, juste avant la projection de l'un des premiers concurrents sérieux au titre de Corbeau d'Or 2010...

11. "Thirst" de Park Chan-wook (SK).
Aussi étrange que cela puisse paraitre, le nouveau film de Park Chan-wook ("OldBoy", "Sympathy for Mister Vengeance") est bien, comme annoncé et vérification faite, une adaptation de "Thérèse Raquin" de Zola dans la Corée moderne et avec des vampires.
Cette histoire de prètre contaminé par un virus et ramené à la vie par une transfusion douteuse, se tournant dès lors vers les plaisirs de la chair et succombant aux charmes d'une jeune femme pour le moins vénéneuse est assez curieuse mais donne au cinéaste coréen, loin de ses histoires de vengeances habituelles, l'occasion de laisser une fois de plus éclater son talent.
C'est excessif, original et détonnant, magnifiquement mis en image, poétique, souvent fort drôle et finalement assez gore et malsain.
Traitée de manière radicale et magistralement interprété (l'habituel Song Kang-ho, l'acteur fétiche de Park Chan-wook, mais aussi - et surtout - la jeune Kim Ok-bin, véritable révélation du film), "Thirst" est sans doute l'histoire de vampire la plus originale que l'on ait vu ces dernières années.
Dommage que tant de louanges se heurtent à un défaut de taille: c'est beaucoup trop long (plus de 2 heures, dont une bonne demi-heure de trop) et, particulièrement dans la dernière partie où l'on se dit que le cinéaste ne sait plus très bien comment finir son film, truffé de... longueurs (ben oui, forcément...)
Heureusement, la scène finale, magnifique, sauve le tout et permet de garder en tête pour longtemps un film qui n'est peut-être pas le chef-d'oeuvre de son auteur mais en tout cas une vraie réussite.

Cote: ***

Ce soir: "Le Guerrier Silencieux" et "Esther".*
Vendredi: "The Killer Inside Me".*

(*Comprenez "hier" et "ce soir". Oui, j'ai un jour de retard)