mardi 17 avril 2012

Bifff 30: les pronostics.

Eh oui, le palmarès c'est déjà ce soir.

Et pour une fois, c'est bien de le signaler, je ne suis pas à la bourre. Je n'ai d'ailleurs pas été à la bourre de tout le Bifff, fournissant des billets quotidiens avec une régularité qui m'étonne moi-même.

Donc, avant d'en finir une bonne fois pour toute avec cette 30ème édition rappelons-le de fort bonne facture, livrons-nous comme le veut la tradition au petit jeu des pronostics.

Abonné pour la première fois, j'ai vu un peu plus de films que les années précédentes et devrait donc livrer un palmarès virtuel un peu plus acurate que les autres fois.

Ca, c'est pour les voeux pieux. Parce que comme on sait que je suis de toute façon nul à ce genre d'exercice.... Eh bien rendez-vous demain pour d'encore une fois de bien rigoler.

D'autant que j'ai décidé de la jouer franco et de ne livrer qu'ne seule proposition par catégorie donc: pas de rattrapage possible.

Allez, zim boum, c'est parti !

- Corbeau d'Or: "Iron Sky" de Timo Vuorensola (FI).

- Corbeaux d'Argent: "Juan of the Dead" d'Alejandro Brugués (CU) et - à l louche parce que pour celui-là je n'ai aucune idée: "La Maison des Ombres" de Nick Muphy (UK) (ne me demandez pas pourquoi).

- Prix du Public ("Pégase"): "Iron Sky".

- Méliès d'Argent (Meilleur Film Européen): "Sennentunschi" de Michael Steiner (SW).

- Prix du 7ème Parallèle: "Beast" de Christopher Boe (DK).

- Prix du Meilleur Thriller: "Hindsight" de Lee Hyun-seung (SK).

Voilou... Rendez-vous ce soir pour le verdict.

lundi 16 avril 2012

Bifff 30: Jour 12.

Où l'on passe une soirée 100% danoise...

Eh oui, présidence danoise de l'Union Européenne oblige, cette avant-dernière soirée (où dernière, ça dépend du point de vue) 2012 était entièrement - enfin, du moins les séances principales, 18 - 20 - 22h - consacrée aux films viendus de le froid pays de la Petite Sirène et des Légos.
J'avoue tout de suite que j'ai fait l'impasse sur le dessin animé de 22h, "Ronal the Barbarian", faut pas pousser...

Pour le reste, à part le fait que j'ai voté pour la première fois en 27 ans de présence pour le Prix du Public, séquence émotion, cette avant-dernière soirée signait aussi - et dans les grandes largeurs - le retour de la Grande Vilaine Cascade du Jour.

Ah, on croyait que c'était bien parti pour se terminer sans anicroche, vu comment ça évoluait, mais non...

Et c'est dommage ! Echouer si près du but... On en pleurerait, tiens.

Quoi que...

Allez:

- La Cascade du Jour: A mi-chemin du film de 18h, le son commence à foutre le camp avec une régularité de métronome: une phrase audible, une phrase muette, une phrase audible, une phrase muette.
Jusqu'à ce que, pouf !, tout pète, image et son.
Cinq minutes dans le noir et intervention du bon Stéphane (le pauvre, ça doit pas être facile d'être tout le temps comme ça en première ligne, allez) qui nous annonce que c'est une lampe du son (vous savez, un peu comme ces fameuses lampes de son ? Non ? Vous ne voyez pas ?) qui a rendu l'âme et qu'on est parti chercher un DVD (avec les point Seca de Guy Delmotte, j'imagine) pour relancer le bazar.
Eh oui.
Jusqu'au bout, je vous dit.

Rires. Applaudissements. Rideau (espérons, parce que si ils rejouent un truc du genre demain devant Monseigneur et Ma'ame La Minist'... Pitié !)

Allez, les deux - presque - dernières critiques.

24. "Beast" de Christopher Boe (DK).
Autant "La Maison des Ombres" (mais si, hier, souvenez-vous) jouait sur les notions de deuil, de soltiude et d'hystérie, autant celui-ci aborde à l'instar du récent "Grace" de Paul Solet mais en moins réussi, ceux de la parentalité, de l'amour fou, absolu et de la maladie (soit-elle mentale ou physique).
C'est intéressant, tant sur le fond que sur la forme, qui évoque des Cronenberg ou Tsukmoto venus du froid, mais c'est ça ne va malheureusement pas assez loin.
Une bonne partie du film semble comme coincée à l'intérieur de la caméra. Et quand il se termine on est une fois de plus obligé de se dire "tout ça pour ça".

Cote: ** (oui, quand même).

25. "ID: A" de Christian E. Christiansen (DK).
Elle se réveille dans un cours d'eau du sud-ouest de la France avec une cicatrice sous le sein, une bosse à la tête, un sac plein de billets et un gros trou de mémoire. Mais qu'est-ce qui a bien pu se passer, dites-donc ?
Il y en a un comme ça chaque année, en fait. L'année dernière c'était "La Proie" d'Eric Valette.
Une sorte de téléfilm indigne, platement filmé et pas écrit, dont on se demande ce qu'il vient faire là.
Donc, cette année il est danois et s'intitule "ID: A".
Voilà.
C'est chiant, c'est con (le flashback de 35 minutes pendant que l'héroïne se fait étrangler qui explique tout le mystère) et c'est surtout sans intérêt.
Comme gueulé dans la salle: "le meilleur épisode de Julie Lescaut de la saison".
Enfin, au moins l'actrice est jolie.
Pffffff.......

Cote: *

Ce soir: "La Cabane dans les Bois", clôture et palmarès.
Bifff 30: Jour 11.

Où l'on est à la fois un peu déçu et agréablement surpris...

Ils sont gentils quand même, il faut leur laisser ça: je m'étais installé fort fort sur le côté pour la projection du Tsui Hark (parce qu'il y avait du retard et que le film était long: je voulais être à proximité d'une sortie pour pouvoir m'enfuir le cas échéant) et notre brave présentateur Stéphane est venu me prévenir que je ferais mieux de me mettre dans l'axe et plus loin dans la salle pour pouvoir mieux pofiter de la 3D.

C'est pas sympa, ça ? D'autant que j'ai obtempéré et que bien m'en a pris.

Sinon, oui, on commence franchement à approcher de la fin de cette édition qui en fût globalement une bonne, du moins point de vue programmation.
Toute, toute dernière ligne droite et bientôt... fini...
Ca fait tout drôle d'avance, tiens.

Que dire sur cette soirée à part ça ?

Eh bien, pépin technique oblige (tenez...) on a eu droit ce soir à la projection des courts réalisés dans le cadre du Workshop chapeauté par Paco Cabezas, également membre du Jury International.
Et là aussi, que dire, sinon que, sans être mauvais, c'était quand même moins bien que ceux du Collectifff, allez (vous voyez que je peux aussi être gentil).

Enfin...
Et encore deux films en compète, tiens.

-La Cascade du Jour: léger retard à l'allumage du Tsui Hark. Soit quasi rien, quoi.

Rires. Applaudissements. Rideau.

22. "La Maison des Ombres" (The Awakening) de Nick Murphy (UK).
Grande-Bretagne, 1921. Dans l'immédiate après (Première) Guerre, Florence Cathcart, essayiste et "chasseuse de fantômes" spécialisée dans la révélation (le "révélage" ?) des canulars, est conviée par Mallory, directeur d'un pensionnat de campagne, à venir enquêter dans son école sur une mort mystérieuse, attribuée à l'esprit maléfique d'un enfant.
Armée de son rationnalisme et des dernières avancées technologiques de l'époque, Florence débarque dans l'école, bien décidée à trouver une explication logique aux événements.
Je suis légère déception.
Pas que le film soit mauvais, non, pas vraiment.
Mais il est plus que moyen alors qu'on me l'avait vendu comme excellent et qu'il nous arrive qui plus est auréolé de pas moins de trois prix glânés au dernier Festival de Gérardmer.
Alors que, franchement... Bof.
C'est très bien réalisé, il y a une belle ambiance très british et Rebecca Hall (sans parler d'Imelda Staunton) est, comme d'habitude excellente (et belle, misère !).
Mais c'est trop académique dans le traitement, trop lent et surtout, surtout... trop convenu.
Une énième variation sur le thème du film de fantômes à tiroirs et à rebondissement final éventée par maintenant plus d'une décénnie de "Sixième Sens" et "Les Autres", pour ne citer que les plus connus (on pourrait aussi parler de l'abominable "Orphelinat" et d'une palanquée d'autres mais non: techtu !).
Certes, certes, dans le revirement de fin de banquet, l'un des éléments reste surprenant. Mais bon, ça ne suffit pas à faire la blague.
Reste que la fin est intrigante et ouvre la porte aux conversations d'après film entre potes: fantôme, pas fantôme, qui est mort, qui ne l'est pas ?
Ah ah !
Comme dirait Souchon: c'est déjà ça.

Cote: **

23. "The Flying Swords of Dragon Gate" (Long Mei Fei Jia) de Tsui Hark (HK).
Une auberge dans le désert. Deux factions de la police secrète impériale qui s'affrontent. Une servante en fuite parce que probablement engrossée par l'Empereur (et donc à éliminer). Des maraudeurs à la recherche d'un trésor. Des chameaux. Des tartares. Une tempête de sable. Et Jet Li (encore lui) au milieu de tout ça !
Voilà bien le truc dont je n'attendais rien et qui se révèle une vraie bonne surprise. A peine un an après son Corbeau (d'Argent, Stéphane, pas d'Or) pour "Détective Dee et le Mystère de la Flamme Fantôme", Tsui Hark (présent avant le film par le biais d'un sympatoche petit film de "bon anniversaire" John Carpenter style) revient avec un nouveau film de sabre (très différent du précédent, il faut bien le dire) soit décidément ce qu'il sait faire de mieux.
Alors oui, le scénario (mal) résumé ci-dessus multiplie un peu trop les intrigues et - bien que lisible et compréhensible - n'en n'est pas moins un peu décousu.
Mais on s'en fout parce que c'est magnifiquement réalisé et chorégraphié, qu'il y a suffisament d'action à la minute pour ne jamais s'emmerder et que la 3D pour une fois fonctionne et se paye même le luxe d'être parfois efficace (la scène au début avec les oiseaux, minga !)
Donc voilà.
Ca va pas révolutionner le cinéma mais ça fait passer un sacré bon moment, malgré le minutage (2h03 quand même, hein).
Et, là aussi, c'est déjà ça.

Cote: ***

Ce soir: "Beast" et "ID: A".
Demain: "La Cabane dans les Bois" et clôture.

dimanche 15 avril 2012

Bifff 30: Jour 10.

Où l'on n'est pas loin d'être courroucé(e) aussi, avec tous les "e" que celà peut supposer...

Parce que là, franchement, tant pis pour les papillons mais tous les Bisounours bénévoles ou membres de la Secte pourront venir me baver ce qu'ils veulent sur les rouleaux, ce n'est pas normal. C'est même scandaleux.

Ils savent exactement le nombre de places qu'il y a dans la salle, ils savent combien il y a d'abonnés, ils savent combien il y a de places réservées pour Euromillions et autres... Ils doivent savoir combien il y a de guests, V.I.P.'s, membres de la presse... Et ainsi de suite.

Alors faire du surbooking ainsi, c'est juste indigne !

Que des gens qui ont payé leur place (9 euros, soit seulement 90 centimes de moins que dans les UGC pour un truc qui n'est pas comparable, merci !) se retrouvent assis à même le sol ou sur des chaises de jardin parce que le film est sold-out, c'est pûrement et simplement honteux ! Point barre !

Et qu'on ne vienne pas me dire que c'est un "accident": il s'est passé exactement la même chose l'année dernière lors de la première de "Troll Hunter".

Alors bon...

Je n'insisterai pas plus, ce serait encore m'énerver pour rien.

Et pour m'entendre dire "ils se cassent le cul toute l'année".

By the way, moi aussi je me casse le cul toute l'année. Tout le monde se casse le cul toute l'année. Et si mon travail est mal fait, c'est normal qu'on me le reproche, merde ! Surtout à partir du moment où l'on paie.

Bref...

Pas besoin de Cascade du Jour: lire plus haut.

Les films.

20. "Iron Sky" de Timo Vuorensola (FI).
Le film avec les nazis de la Lune, donc...
Qui après avoir fondé une base sur la face câchée, reviennent sur Terre dans un premier temps pour donner des conseils à la Présidente des Zitazunis, dans un second pour prendre leur revanche et botter des culs.
Ce qui est bien avec "Iron Sky" c'est que ça effectue exactement ce qui est écrit sur la boîte. C'est à mourir de rire, ça reste jusqu'au bout fidèle à son concept et en même temps, c'est pas con.
C'est même très bien écrit et ça a le bon goût de rester très premier degré au niveau de l'écriture. D'où un truc marrant mais qui ne se repose pas uniquement sur la déconnade.
Ca charcle large mais il y a une vraie histoire, une vraie structure et un vrai fond.
Qui égratigne d'ailleurs solidement les Etats-Unis (dirigés ici par un clône de Sarah Palin).
En plus c'est un vrai film de S.F. - un vrai space-opera - avec tout ce que celà suppose d'effets spéciaux et de morceaux de bravoure.
Ca cite aussi à tout va, de "Star Wars" et "Star Trek" en passant par "Apocalypse Now", "Docteur Folamour"ou les classiques ("Le Dictateur", bien entendu).
Et puis les dialogues sont drôles, la direction artistique bien tenue et les acteurs excellents.
L'un dans l'autre ça aurait pu rester au niveau du gadget mais non, bizarrement, ce truc parti pour être l'espèce de mascotte "bis" du festival pourrait créer la surprise en remportant quelques prix.
Et pas seulement celui du public.
Quand on pense en plus qu'ils ont fait ça avec "seulement" 7 millions d'euros...
Misère !

Cote: ****

21. "Elevator" de Stig Svensen (N/USA).
Huit personnes enfermés dans un ascenseur et puis voilà.
Ou, ça se résume à ça.
Et là ça n'a pas dû couter grand chose. Mais bon...
Ce huit-clos comme on en a déjà vu 12.000 m'avait été une fois de plus vendu comme un truc totalement indigne.
Je n'irai pas jusque là...
C'est pas réalisé et les acteurs sont mauvais comme des sangliers suisses (pourquoi suisses ? ) mais bon, ça se laisse voir sans ennui ni déplaisir jusqu'à la toute fin, effectivemment d'un ridicule achevé.
Ni vraiment bon ni vraiment mauvais.
Juste sans intérêt.

Cote: **

Ce soir: "The Awakening" et "The Flying Swords of Dragon Gate".
Demain: "Beast" et "ID:A".

samedi 14 avril 2012

Bifff 30: Jour 9.

Où l'on passe une soirée sans incidents et sans retards !

Comme quoi, quand ils s'appliquent, ils y arrivent...
Un court, un invité et un film de plus de deux heures (oui, allez, deux heures deux, je chipote) et tout ça s'est terminé vers minuit cinq, minuit dix !...

Vous voyez, les gars, y a moyen ! Faut juste y mettre un peu du sien.

Du coup, évidemment, pas de Cascade du Jour (y avait quand même pas de son pendant les premières secondes d' "Extraterrestre", hein ? )

Et joie, bonheur et petits objets en macramé, même si les films étaient globalement pas terribles...

17. "The Incident" d'Alexandre Courtès (F/B).
Et même complètement croûteux dans le cas qui nous occupe, catastrophe industrielle à la limite du pas croyable, actuellement nou-nou-nou-méro deuxio dans mon Flop 5 (le pire ("Tormented") en 1).
Un équipe de cuisiniers-rockeurs à temps partiel travaillant dans un asile-prison quelque part dans l'état de Washington (mais c'est filmé intégralement à Bruxelles et dans le BW) se retrouve à la merci des internés suite à un orage, une panne de courant et une émeute.
Donc ce truc indigne a prétendument "fais le buzz" à Gérardmer...
Eh bien mes cadets... Eh bien mes p'tits frères...
Quelle misère totale dedans les alentours du Borinage, dites donc...
Ca ne ressemble juste à rien. C'est d'une laideur biblique. C'est pas réalisé et surtout, pitié !, c'est pas écrit !
Il n'y a là-dedans strictement RIEN !
Pas d'histoire, pas d'enjeu, pas de recul, pas de point de vue, pas de scénario... Juste un incipit minable et puis derrière que dalle.
Le néant. Le naufrage.
Quelques rebondissements inutiles se générant eux-mêmes et puis NADA !
Des personnages sous-écrits et donc inexistants dont on se désintéresse d'emblée, des dialogues d'une lourdeur à peine croyable, une direction d'acteurs à la ramasse (pour des comédiens de toute façon globalement à chier par terre).
Reste quelques bonnes têtes bien de chez nous (Bruce Ellison, Philippe Résimont...), un tout petit peu de gore de bon aloi et une scène filmée dans le studio où l'on enregistre (le Studio Six, 57 rue de Douvres à Anderlecht, c'est la succursale HEYSEL !!!!!) et puis c'est tout.
Et bien tout.
A la limite de quoi faire un court-métrage...
Et encore: un tout pourri.

Cote: °

18. "Extraterrestre" de Nacho Vigalongo (S).
Après une soirée bien arrosée, Julio se retrouve dans le lit de Julia.
Après les atermoiements obligés dûs à la situation, les deux se retrouvent soulagés de trouver un sujet de conversation "commun": une invasion extraterrestre.
On aurait programmé ce total OVNI (sans mauvais jeu de mots), dû à l'étonnant Vigalongo, auteur du déjà très surprenant "Timecrimes", en début de festoche que j'aurais peut-être accroché un peu plus.
Tel quel, ce truc totalement inclassable, dans lequel la S.F. n'est qu'une très lointaine toile de fond surprend et déstabilise: ce n'est ni de la S.F. ni du fantastique, encore moins un thriller, pas même une comédie ou un film social.
C'est juste un truc inclassable, embrouillé et un peu chiant dans lequel je ne suis jamais parvenu à rentrer, même si je comprends bien vers où il voulait aller.
D'où "caramba, encore râté !"

Cote: *

19. "Hindsight" (Puleunsogeum) de Lee Hyun-Seung (SK).
Et heureusement un film coréen (le seul que j'aurai vu de ce Bifff) pour terminer la soirée.
Et Dieu sait si ils savent y faire.
Bon, cette histoire de mafieux sur le retour , rangé des voitures, qui doit reprendre du service suite à la mort du précédent Parrain et qui se retrouve traqué de toutes parts et particulièrement par la gamine dont il s'est entiché via son cours de cuisine, tueuse à gage à temps partiel, est particlièrement capillotractée (relisez tout le paragraphe précédent sans respirer, vous allez voir). Et en plus le film est long. Et lent.
Mais qu'on le veuille où non c'est passionnant, visuellement fantastique (c'est beau, mon Dieu, c'est beau !), traversé d'éclairs qui transforment certains rebondissements en scènes cultes (la poursuite en bagnoles dans les hautes herbes, la scène finale dans la salière...)...
Et les deux personnages principaux sont hyper attachants.
Et quand on sait que l'un d'eux est interprété par Song Kang-ho, le Depardieu coréen...

Cote: ***

Ce soir: "Iron Sky" et "Elevator".
Demain: "The Awakening" et "The Flying Swords of Dragon Gate".

vendredi 13 avril 2012

Bifff 30: Jour 8.

Où l'on est à nouveau ému, impressionné et content de passer une bonne soirée...

Déjà que c'était la joie point de vue transport: à peine arrivé avenue de la
Couronne en vue de marcher jusqu'au métro, v'la-t-y pas qu'un 95 se pointe à l'horizon, dites donc ! Et après ça, un métro dans les deux minutes ! Et après les films, un pote resté coincé au Q&A de William Friedkin me ramène en bagnole (merci Stavros) !
Elle est pas belle, la vie ?

Et en parlant de William Friedkin: impressionnant de professionnalisme et de maîtrise, le bonhomme, même si il cabotine un peu.
Et puis c'est émouvant de voir de près l'un des derniers représentants en vie du Nouvel Hollywood. Un type à qui l'on doit quand même des trucs comme "French Connection", "L'Exorciste", "La Chasse", "Le Convoi de la Peur" ou "Le Sang du Châtiment". Rien que ça...

Et puis le court du Collectifff était de nouveau pas mal et puis... Et puis les deux films étaient vraiment terribles et puis... et puis...

Une toute bonne soirée avec même pas de Cascade du Jour, de ce côté-là le festival a l'air parti pour se termine mieux qu'il n'avait commencé (mais ne parlons pas trop vite).

15. "Killer Joe" de William Friedkin (USA).
Quelque part au Texas, Charlie, jeune glandu coké et sans le sou, se retrouve dans un sérieux pétrin. Devant du fric a un caïd local, il persuade son père et le reste da famille redneck d'engager Joe Cooper, un flic qui arrondit ses fins de mois en exécutant des "contrats" pour déssouder sa mère, laquelle a souscrit une importante assurance-vie au bénéfice de sa jeune soeur Dottie.
Le problème c'est que personne n'a le début d'un dollar et que "Killer" Joe exige d'être payé d'avance...
Ah oui, ça... Quand on a affaire à un Maître, tout de suite ça change la donne.
Parce qu'ici, avec un William Friedkin en grande forme (souvenons-nous de "Traqué" ou "L'Enfer du Devoir" et avouons que ça n'a pas toujours été le cas, du moins ces dernières années) on est devant de la belle ouvrage, du tout bon, du vrai cinéma.
Un mix de film noir, de thriller et de comédie (noire aussi et pas qu'un peu) extrèmement cynique, doté d'un chouette scénario à tiroirs (qui trahit néanmoins un peu trop ses origines théatrales sur la fin), d'une réalisation sobre et efficace et d'une galerie de personnages borderlines totalement grâtinée.
Y a de l'humour, de la violence, du cul, de bons dialogues, quelques scènes génialements over the top (dont une qui devrait ravir les patrons de Kentucky Fried Chicken) et une direction d'acteur d'une rare maîtrise.
Emile Hirsch, Juno Temple, Thomas Haden Church et Gina Gershon sont parfaits.
Mais c'est surtout un Matthew McConaughey totalement déchaîné, à mille lieux de ses rôles de jeune premier d'antan qui décroche la timbale et qui confirme, après "La Défense Lincoln", qu'il est en train de s'offrir une seconde carrière.
Haut la main le meilleur film vu jusqu'ici (même si "The Woman" reste mon chouchou).
Juste dommage que ce ne soit pas en compétition.

Cote: ****

16. "Juan of the Dead" (Juan de Los Muertos) de Alejandro Brugués (CU).
Suite à une mystérieuse épidémie de zombies à La Havane, Juan et ses amis, une bande de joyeux bras cassés vivant d'expédients, montent une lucrative affaire de "dézombification": "Juan de Los Muertos".
Un vrai petit bijou que ce "Shaun of the Dead" cubain porté par un surprenant sosie de Smaïn.
Hilarant, inventif, ludique, gore, il remplit son cahier de charges bifffien (et constitue d'ailleurs un second candidat sérieux pour le Prix du Public, voire pour un prix tout court).
Mais ce qui le rend vraiment intéressant, c'est ce qu'il dit et montre de la société cubaine: avec les zombies en métaphore de l'apathie du citoyen moyen face au système.
Système D, débrouille, nonchalance.
Le rhum, les blockhaus pour se protéger de "l'ennemi", les morts-vivants qualifiés de "dissidents", les médias qui continuent à présenter l'épidémie comme une énième attaque des "impérialistes américains", tout concourt à dresser un portrait à la fois lucid et désabusé de la situation cubaine contemporaine et semble bien décrire le touchant rapport amour-haine que les cubains entretiennent avec leur patrie.
La réalisation est au diapason, qui fait beaucoup avec pas grand chose, multipliants les idées efficaces et rigolotes pour au final bricoler l'un des films les plus réjouissants et les plus attachants de cette édition.
Un vrai coup de coeur ! (topic des bêtes expressions).

Cote: ***

Ce soir: "The Incident", "Extraterrestre" et "Hindsight".
Demain: "Iron Sky" et "Elevator".

mercredi 11 avril 2012

Bifff 30: Jour 7.

Où l'on craque définitivement.

J'en avais déjà parlé hier et les jours d'avant mais cette fois, c'est fait: la grève de la Stib, les heures de marche à pieds, le temps pourri plus le marathon de films ont eû raison de ma condition physique.
Et, fatigue aidant (uber fatigue: j'ai réussi à piquer du nez pendant le film de 20h pourtant plutôt... rythmé) j'ai dû déclarer forfait et abandonner la projection de "Bloodwork", à 22h (passées largement, pléthore d'invités oblige).

Pour le reste: présentation ce soir du jury international, Mick Garris en tête avec tout ce que celà suppose d'extraits de films et d'interviews. Plus le réalisateur ibère de "Game of Werewolves", bien sympathique ma foi.

Et pas grand chose d'autre à dire, ma parole...

- La Cascade du Jour: de nouveau, pas vraiment de cascade, si ce n'est encore un gros soucis de sous-titres en début de film.

Rires. Applaudissements. Rideau.

14. "Les Loups d'Arga" (Lobos de Arga) de Juan Martinez Moreno (S).
Un écrivain à succès retourne dans son village natal afin d'y écrire au calme son nouveau roman.
Il y retrouve son oncle, son ami d'enfance... et se retrouve au choeur d'une histoire de malédiction familiale impliquant les villageois... et des loups-garous !
Soit une très sympathique comédie horrifique espagnole qui lorgne vers les classiques Universal, la Hammer (pour l'ambiance) et les films de lycanthropes eighties du type "Hurlements" ou "Le Loup-Garou de Londres".
Et qui se permet aussi de citer Lovecraft ou Edgar Allan Poe (à la mode cette année, visiblement).
Le tout est servi avec une bonne dose d'humour péninsulaire et de bons effets spéciaux "à l'ancienne".
C'est très énergique, fort drôle et - même si ça ne respecte pas à la lettre le "canon" du bestiaire fantastique (les loups-garous tués ne redeviennent pas humains, on ne s'encombre pas de balles en argent, ce genre...) - se laisse voir sans effort et même fort plaisamment.
Un bon petit film bien "Bifff" et sans doute un candidat sérieux pour le Prix du Public (pour lequel je vote, cette année, ne l'oublions pas).

Cote ** et 1/2

Ce soir: "Killer Joe" et "Juan of the Dead".
Demain: "The Incident", "Extraterrestre" et "Hindsight".