lundi 5 mai 2008



Purée de pois...

"The Mist" de Frank Darabont (USA); avec Thomas Jane, Laurie Holden, Toby Jones, Marcia Gay Harden, Andre Braugher, Frances Sternhagen...

Après une tempête, une mystérieuse brume envahit une petite ville de la Nouvelle-Angleterre. Réfugiés dans le supermarché local avec d'autres habitants tout aussi terrorisés, David Drayton et son jeune fils Billy tentent tant bien que mal de s'organiser, d'autant qu'il semble de plus en plus évident que le brouillard est peuplé de bien inquiétantes créatures...

Autant prévenir tout de suite, la fin de ce film est probablement la plus hardcore qu'il ait été donné de voir, du moins pour un film de genre, depuis... euh...
Et depuis quand, d'abord?

Et c'est cette fin, déséspérante et désespérée, d'un nihilisme sidérant, qui achève de transformer une série B d'honorable facture en une vraie réussite du genre.

Car pour le reste qu'avons nous ici (à part la 1409ème adaptation d'une nouvelle ou d'un roman de Stephen King)?

Avant tout un film honnête, qui assume jusqu'au bout son statut de "film de monstres", de série B à priori sans envergure, mais qui le fait avec une crânerie presque effrontée et un jusqu'au boutisme réjouissant.

Bien sûr, Frank Darabont (quatre films au compteur sur lesquels trois adaptations du King), excellent script-doctor mais metteur en scène classique et , pour tout dire, rarement inspiré semble s'être plus attaché à son scénar et à ses personnages qu'à sa mise en scène ou même qu'à ses effets spéciaux.

Mais c'est là que ça marche, justement, car ce qui fait avant-tout l'intérêt du film (en plus des bêbêtes, oui, ne nous racontons quand même pas de salades) c'est justement le portrait de groupe très intense qu'il réussi à brosser, montrant d'ailleurs au passage qu'il a réussi à cerner les propos du romancier beaucoup mieux que pas mal de ses précédents adaptateurs...

Il parvient même presque, en jouant subtilement sur la peur de l'inconnu, la folie et la faiblesse humaine ou encore la claustrophobie, à dépasser l'oeuvre dont il s'inspire, tout en livrant un portrait au vitriol du puritanisme américain (représentée par une sidérante Marcia Gay Harden, parfaite en bigote se transformant en leader d'une secte d'illuminés criminels) égratignant au passage l'armée et livrant surtout une réflexion étonnante sur le repli sur soi potentiellement mortifère de l'Amérique d'aujourd'hui.

Mais tout n'est pas que sous-texte et il faut bien entendu reconnaitre aussi que "The Mist" a ses faiblesses.
Voire ses limites...

La réalisation est un peu plan-plan, trainant parfois le film du côté du téléfilm ou du direct-to-video (et ce n'est pas l'utilisation cliché de la caméra portée, censée donner au film plus de réalisme qui y change quoi que ce soit).
Le script est parfois un peu redondant et surtout, les effets spéciaux sont probablement les plus approximatifs que l'on n'aie vus depuis longtemps (les bestioles - Ah ah! Les gros moustiques! Mouarf! Les araignées poilues! - sont souvent plus ridicules qu'effrayantes, il faut bien le dire...)

Mais Darabont finit quand même par emporter le morceau avec cette oeuvrette aux résonnances eighties des plus bienvenues, efficace à défaut d'être réellement terrifiante.

Et avec un twist final dont on parlera encore longtemps, croyez-moi!


Cote: ***

dimanche 27 avril 2008



Pourquoi je ne suis pas allé voir...

(ou "toi aussi fais ton Finkielkraut et parle de films que tu n'as même pas vus")

IV. "Redacted" de Brian De Palma (USA); avec Mike Figueroa, Ty Jones, Zahra Zubaidi...

Et pourtant celui-là, ça y était presque...
Je suis allé jusqu'à l'entrée du cinoche, bien décidé à le voir et puis au dernier moment je me suis dit "Oh! Et puis non..." et j'ai tourné les talons.

Mais alors, bon sang, pourquoi?
Misère! Pourquoi???

1. Parce que de manière générale, les films dont le message c'est "La guerre c'est mal" ça commence un peu à bien faire, merci.

2. Parce que, je sais pas si c'est moi mais il me semble qu'il l'a déjà fait, ce film, le père De Palma. C'était en 1989, l'action se déroulait au Vietnam, ça s'appellait "Outrages" et, franchement, c'était déjà pas ce qu'on pouvait trouver de plus léger dans sa filmographie (pourtant globalement assez riche en crème au beurre).

3. Parce que le côté faux reportage, acteurs soi-disant non professionnels, vrai-faux mélange d'images d'actualités et de trucs tournés pour l'occase, mutant-mix de différents supports (Internet, vidéo HD, cinéma, archives diverses, etc.), déclinaison du brol en documentaire, mockumentaire, rockumentaire, na-na-nère, branlette-o-rama et prétendues réflexions sur l'image, l'information et la manipulation de celles-ci - j'en passe et des plus bidons - ça ne m'a même plus l'air d'être du pipeau mais carrément un concerto pour cornemuses...
Après quelques années passées à bouffer du Michael Moore en brochettes, merci quand même de bien ne pas vouloir prendre pépère pour plus crédule et/ou débile qu'il n'est, ce serait gentil...

4. Parce que, du "Projet Blair Witch" à "Bloody Sunday" en passant par le dernier Bourne, les brols filmés "vérité", caméra à l'épaule et montage au hachoir ça a tendance à me donner plus la gerbe que les trois "Pirates des Caraïbes" réunis ("Attends de voir "[REC]!" Oui, je sais, merci...).

5. Parce que depuis "Robert Carmichael", les scènes de viol complaisantes, je sais pas pourquoi, mais je préfère passer mon tour...
Burp!

Est-ce que je le louerai quand il sortira en DVD (si ce n'est pas déjà fait)?

Ouaip... Euh... Ca reste à voir...

Prochainement: Pourquoi je ne suis pas allé voir... "John Rambo", de Sylvester Stallone.

jeudi 24 avril 2008



One-man show...

"Sans Arme, Ni Haine, Ni Violence" de Jean-Paul Rouve (F); avec Jean-Paul Rouve, Alice taglioni, Gilles Lellouche, Anne Marivin, Maxime Leroux, Patrick Bosso...

En 1977, Albert Spaggiari, cerveau du "casse du siècle" - celui de la Société Générale de Nice, perpétré via les égouts - s'évade en sautant par la fenêtre du bureau du juge d'instruction qui l'interrogeait. Quelques temps plus tard, Vincent, reporter chez Paris-Match, réussi à l'approcher dans son exil doré en Amérique du Sud et à lui arracher une interview...

Le parti-pris de départ de Jean-Paul Rouve pour sa première réalisation est donc de présenter Spaggiari, le truand magnifique, comme une sorte de starlette courant toute sa vie après son fameux "quart d'heure de gloire" warholien, qu'il a approché de très près et qui depuis s'enfuit sans cesse...

Et c'est dans ce portrait de l'homme en loser sublime, en pantin dérisoire, toujours cabotinant - à l'image de son interprête - que réside la (semi) réussite et l'intérêt du film.

Car du casse il n'est quasiment pas question, si ce n'est à travers quelques maigres flash-backs...

Non, ce qui intéresse Rouve c'est bien Spaggiari lui-même. Lui et ses félures intimes.

Un Spaggiari étonnant, toujours dans le show, dans la démesure...
Un Spaggiari vantard, mytho même, jouant à échapper à la police qui le traque tout en essayant de renouer sans cesse le contact avec son public et en cherchant vainement à toucher à nouveau du doigt sa gloire passée.

En celà, il réalise une sorte de farce légère et drôlatique, toujours en mouvement, ou rien n'est jamais réellement grave, ou la seule vraie nostalgie semble être celle d'une époque, les années 70, révolue et, elle aussi, idéalisée.
Du coup la reconstitution peut paraitre un peu trop maniaque et forcée, allant jusqu'a citer le cinéma de l'époque, ces comédies exotiques à la Philippe de Broca ou ces films policiers marqués par l'usage du split-screen...

Le problème c'est qu'en voulant à la fois amuser à tout crin et parler des zones d'ombres - évidentes - de son personnage, l'ex-Robin des Bois se retrouve un peu trop souvent le cul entre deux chaise, semblant ne pas savoir quelle attitude adopter et finissant par tourner autour du "mystère Spaggiari" sans jamais réussir à vraiment l'approcher.

On peut d'ailleurs lui reprocher certains travers de la fictionnalisation, comme par exemple d'avoir voulu rendre le personnage par trop sympathique, n'abordant jamais ses sympathies pour l'extrème-droite sinon par quelques brefs dialogues soulignant de manière quasi-étherée son racisme latent.

Mais on ne peut par contre pas lui en vouloir d'avoir gardé un peu trop longtemps sa casquette d'amuseur public et d'avoir réalisé un film frais et tonique, à la mise en scène élégante même si pas toujours totalement maitrisée et fourmillant d'idées rigolotes, comme ce caméo "masqué" de Gérard Depardieu, "pour la première fois pas à l'écran"...

Et si le comédien peut agacer - particulièrement ici - on doit reconnaitre au réalisateur qu'il a réussi par le biais de ce premier long à faire entendre une petite voix originale qui donne tout du moins envie d'attendre la suite...

Peut-être pas vraiment avec impatience mais en tout cas avec intérêt.

Cote: **

mardi 22 avril 2008



Death of a Scream Queen.

Ce n'est certes plus tout à fait de première fraicheur (sans mauvais jeu de mot, tetcheu!) mais en bon fan de la Hammer, de fantastique et de série B en général je m'en voudrais de ne pas vous en toucher un mot quand même, d'autant que c'est pas comme si l'événement avait été surmédiatisé...

La comédienne britannique Hazel Court, l'une des plus célèbres scream queens des années 50 et 60, est donc décédée le 15 avril dernier, à l'âge de 82 ans.

Régulière de la Hammer ("Frankenstein s'est échappé") et surtout des productions de Roger Corman ("Le Corbeau", "Le Masque de la Mort Rouge"...), elle avait donné la réplique à des monuments du genre tels que Vincent Price, Boris Karloff ou encore Peter Cushing. Elle avait mis un terme à sa carrière après la sortie de "La Malédiction Finale"(1981) et venait de terminer son autobiographie "Hazel Court - Horror Queen".

C'était pas ma préféré du lot (y avait Ingrid Pitt et surtout Barbara Steele, quand même) mais son nom reste quand même associé à pas mal de mes films préférés du genre... Et me rappelle quelques bonnes soirées ciné-clubs sur RTL-Télévision ou Télé 21... Le temps des plaisirs coupables (vous pouvez donner le sens que vous voulez à cette phrase...)

Ah la la! Toute une époque!

Ca valait bien son micro-hommage, tiens...

lundi 21 avril 2008



La vie ferroviaire.

"A Bord du Darjeeling Limited" (The Darjeeling Limited) de Wes Anderson (USA); avec Owen Wilson, Adrien Brody, Jason Schwartzman, Anjelica Huston, Bill Murray, Natalie Portman...

Trois frères qui ne s'étaient plus parlés depuis la mort de leur père décident d'effectuer un long voyage en train à travers l'Inde afin de renouer contact et, accessoirement, de retrouver leur mère, absente des funérailles...

Sofia Coppola exceptée, j'ai toujours considéré avec une légère méfiance la bande de cinéastes new-yorkais arty-branchouilles constituée entre autre de Wes Anderson, Spike Jonze, David O. Russell et Charlie Kaufman (auquels ont peut légitimement rajouter le français Michel Gondry, dans un style fort similaire).
Des jeune gens doués, très doués, même, il est vrai, mais affichant une morgue un peu trop intello-branchaga pour être honnête et pratiquant un cinéma certes intéressant mais trop dépourvu d'enjeu pour vraiment sembler convaincant.
Une sorte de cinéma gadget un peu creux et surtout gonflé de suffisance et, ce qui est pire encore, empreint d'un certain mépris pour son public...

En ce sens, les deux précédents films de Wes Anderson, sympathiques mais volatils, m'avaient laissés avec un sérieux goût de trop peu en bouche.
Même s'il faut leur reconnaitre pas mal de qualités, ils ressemblaient encore trop à une espèce d'exercice de style pour étudiant en école de cinéma mâtinée d'une bonne dose de pipeautage potache.
Brillants mais creux et un peu vains, pour tout dire...

Etonnant donc que ce soient quasiment ces mêmes défauts qui se transforment ici en qualités et font de ce "Darjeeling Limited" la première vraie réussite de leur auteur. Même si on se demande encore parfois (souvent?) où il veut bien en venir.
Ou plutôt; où il peut bien vouloir nous mener...

A l'image de ses prédécesseurs, le film se construit en creux et, somme toute, sur très peu de choses.
C'est léger, frais et ensoleillé mais aussi, mine de rien, mené à un rythme d'enfer, même si cela emprunte suffisament de chemins de traverse. De ceux qui peuvent laisser perplexe...
Quitte même à dérailler véritablement, au propre comme au figuré.

Mais ce sont toutes ces petites choses, ces scènes aparement anodines mais merveilleusement décalées, enfilées les unes après les autres comme autant de petites perles chatoyantes qui transforment ce périple new age et burlesque en une comédie existentielle loufoque et curieusement nostalgique devant laquelle on se retrouve, au bout du compte, aussi étonné que ravi.

Techniquement, le brave Wes prouve une fois de plus qu'il est loin d'être manchot et son sens du cadre (de la symétrie, même), de la lumière et des couleurs font mouche plus d'une fois.
D'autant que, comme dans "La Vie Aquatique", les dialogues ne sont pas non plus en reste, comblant les vides d'une narration parfois un peu trop lâche et les trous d'un scénario souvent par trop éclaté...

Mais ce qui rend l'ensemble vraiment attachant, c'est avant tout l'interprétation de trois comédiens littérallement en état de grâce.
Chacun ici fait des merveilles et l'on n'oubliera pas de si tôt les personnages qu'ils incarnent avec une jubilation presque palpable...
Les bandages d'Owen Wilson, les médocs d'Adrien Brody et surtout les pieds nus et l'improbable moustache d'un Jason Schwartzman impérial, qui se pose en véritable révélation du film (dont il a par ailleurs co-écrit le scénario) resteront longtemps imprimé dans nos mémoires.

Alors bien sûr, Wes Anderson se disperse parfois un peu trop, son penchant pour les gimmicks faciles et le côté "gadget" de sa réalisation prennent parfois un peu trop le dessus (le court-métrage d'introduction, par exemple. C'est rigolo, OK, mais pas vraiment indispensable) mais dans l'ensemble ce vrai-faux voyage initiatique de trois enfants gâtés et à côté de leurs pompes regorge de suffisament de trouvailles, d'humour et d'agréable mélancolie pour que l'on aie envie de le prolonger le plus longtemps possible...

Et une chose est sûre, entre autres détails: c'est qu'après ça on n'écoutera plus jamais Joe Dassin de la même manière...

Cote: ***

mercredi 16 avril 2008


Bifff 26: Jours 11 et 12 (et fin).

Où l'on essaie de rattraper le temps perdu...

Plus d'une semaine déjà que cette 26ème édition du Bifff s'est terminée et je n'ai pas encore eu le temps de chroniquer les deux derniers films que j'y ai vu (dont le vainqueur).

Et comme je dois encore vous parler du "Darjeeling Limited" (que j'ai vu il y a bientôt trois semaines) on va expédier ça en vitesse...

22. "13 Beloved" de Matthew C. Sakveerakul (TH).
Le film qui a remporté le Corbeau d'Or cette année, donc...
Et c'est plutôt mérité, même si ce n'est pas vraiment original et si la fin part un peu en couilles.
Un cadre plein de problèmes (sa copine l'a quitté, on a saisi sa bagnole et il vient de se faire virer de son boulot) reçoit un étrange coup de fil lui proposant de participer à un jeu en treize étapes. Chaque épreuve sera un peu plus difficile et lui permettra d'engranger un peu plus d'argent, jusqu'à atteindre les 10 millions de bahts (à peu près 2 millions d'euros).
S'il rate une épreuve ou parle du jeu à qui que ce soit, tout s'arrête.
Et bien évidemment il accepte et c'est parti pour la gloire!
On pense pas mal à "The Game" devant ce chouette film thaïlandais, mais en beaucoup plus trash, crado et politiquement incorrect.
C'est très ludique puisque ça fonctionne comme un jeu vidéo avec à chaque palier une épreuve un peu plus invraisemblable que la précédente (on commence par manger une mouche et on finit par scalper des jeunes à moto).
Du coup on ne s'ennuie pas une seule seconde car en plus c'est assez drôle, enlevé, pas mal torché et surtout très bien interprêté (l'acteur principal est vraiment excellent)... et que l'essentiel réside dans les réactions du personnage principal, entrainé dans un tourbillon absurde dont il n'arrive évidemment plus à se dépétrer.
Dommage que le réalisateur ait voulu donner une signification profonde à tout cela grâce à une scène finale aux implications freudiennes aussi grotesques que difficilement compréhensibles.
Reste que si c'est pris pour ce que c'est, à savoir un divertissement "intelligent", c'est quand même redoutablement efficace.

Cote: ***

23. "The Fall" de Tarsem Singh (USA).
Et encore un OVNI pour terminer avec ce second film de Tarsem Singh ("The Cell") sorti d'on ne sait où et interprêté par de parfaits inconnus.
En gros, l'histoire d'une fillette qui, dans un hôpital, rencontre un homme qui lui raconte une sorte de conte, reflet de sa propre histoire et de ses propres tourments.
Comme avec le premier effort de Singh (qui date déjà d'il y a presque dix ans) c'est incroyablement maitrisé visuellement, d'une beauté à couper le souffle comme le prouve d'entrée de jeu la scène de l'accident qui illustre le générique d'ouverture: la photo, les couleurs, les décors, les costumes; aucun détail n'est laissé au hasard pour donner vie à un univers onirique à la fois merveilleux et paradoxalement crédible.
Le montage, plutôt subtil, en rajoute dans les parallèles entre le monde réel et celui du conte et les personnages s'entrecroisent, accumulant les couches et les strates, pour le plus grand bonheur du spectateur, jusqu'à évacuer presque complètement les tentations de mièvrerie propre à ce type d' "exercice de style".
Le petit plus ici étant rajouté par le fait que, contrairement à son premier effort, cette débauche d'effets visuels est au service d'une véritable histoire, captivante et même parfois réellement émouvante.
Ca frise parfois un peu le kitsch mais ça à le bon goût de ne jamais réellement y céder.
Et puis, depuis quand un enfant n'avait-il plus été aussi crédible à l'écran?
Je vous le demande...

Cote: ****

Et à l'année prochaine...

mercredi 9 avril 2008



Bifff 26: Le Palmarès.

Bon, tout le monde l'aura remarqué, j'ai pris du retard dans mes chroniques.
Le Bifff s'est terminé hier et il me reste encore deux films à chroniquer (dont le vainqueur).
Eh bien ils attendront demain ou après-demain, c'est comme ça...

Mais pour coller un minimum à l'actualité, je vais quand même déjà publier le Palmarès de cette édition 2008, avant que cela ne veuille plus rien dire...

Un palmarès finalement très prévisible et sur lequel il n'y aurait rien à redire, ne serait-ce ce Méliès d'Argent (récompensant le meilleur film européen de la sélection) remis à "Frontière(s)"...

Bon, le film n'est pas mauvais, loin s'en faut mais ne méritait vraiment pas un prix pour autant.
D'autant que la présidente du jury, Nadine Monfils, motive cette décision par le désir de primer un film "bien dans l'esprit du festival et de son public".
C'est bien gentil mais, tout d'abord, ce n'est pas le public qu'il faut récompenser, mais bien un film. Ensuite, ces prix ne sont pas que des bibelots, ils sont aussi assortis de sommes d'argent, qui sont là pour aider à la distribution de l'oeuvre.

"Frontière(s)" est déjà sorti en France, où il a semble-t-il bien marché.
Il est produit par Europa Corp., la boite de Luc Besson et a déjà une date de sortie prévue en Belgique.
C'est donc un film qui n'a aucun besoin d'être aidé par un prix pour être vu...

Pourquoi alors ne pas donner celui-ci à un film qui le méritait sans doute plus (c'est subjectif, je sais, mais quand même) et qui surtout aurait bien eu besoin de ce coup de pouce pour être tout simplement visible.
Je pense à "Timecrimes", par exemple, excellent premier film de S.F. espagnol qui, sans ça, ne sera sans doute jamais distribué en Belgique, même en DVD.

Alors, le jury du Méliès a voulu se mettre le public du Bifff dans la poche et il y a réussi, c'est très bien.
Mais était-ce vraiment bien là le but de sa mission?
Je pose la question...

Pour le reste, le Palmarès du Bifff 2008:

-Corbeau d'Or (Grand Prix): "13 Beloved", de Matthew C. Sakveerakul (TH).
-Corbeau d'Argent (Prix Spécial du Jury): "[REC]", de Jaume Balaguero et Paco Plaza (S) et "Stuck", de Stuart Gordon (USA).
-Pégase (Prix du Public): "[REC]", de Jaume Balaguero et Paco Plaza.
-Méliès d'Argent (Meilleur Film Européen): "Frontières(s)", de Xavier Gens.
-Prix du 7ème Parallèle (Programmation Salle 2/Nova): "The Aerial", d'Esteban Sapir (Argentine).

Mention Spéciale du Jury International à "La Remplaçante", d'Ole Bornedal.

Dernière anecdote, le distributeur belge de "[REC]", venu chercher le prix du public pour le film, s'est fendu d'un discours au cours duquel il remerciait le Bifff pour ce magnifique... Corbeau d'Argent, (au lieu de dire "Pégase", qui est le vrai nom du prix du public, faut suivre...)
Quelques minutes plus tard, il était rappelé sur scène car "[REC]" repartait également avec... le Corbeau d'Argent!

Vous avez dit "bizarre"?