lundi 10 mars 2008

Heroes and Icons...


(Terence Fisher - 1904/1980)


Fatherland?

"This is England" de Shane Meadows (UK), avec Thomas Turgoose, Stephen Graham, Jo Hartley, Andrew Shim, Vicky McClure, Joseph Gilqun...

1983. Dans une ville côtière de Grande-Bretagne, Shaun, 12 ans, habite seul avec sa mère depuis que son père s'est fait tuer aux Malouines. Souffre-douleur de ses camarades de classe, il se lie d'amitié avec une bande de skins locaux... Mais il y a skin et skin. Et lors de la sortie de prison de Combo, skinhead raciste et plus âgé, le ton va violemment changer...

Ah! L'Angleterre de mon adolescence!
Les cités ouvrières, Margaret Thatcher en boucle à la télé, le punk, le ska, les pubs et les pakis. Rien que pour cette ambiance, le film vaut déjà le détour!
Et puis la B.O.: The Specials, Toots and the Maytals, Dexys Midnight Runners, Soft Cell, U.K. Subs... Excellent, tout cela... Excellent...

Mais bien entendu l'intérêt de "This is England" ne réside pas uniquement dans des détails comme ceux-là, fussent-ils aussi sympathiques...

Non, le principal atout de ce film à la fois dur et émouvant, drôle et édifiant, c'est sa générosité. Sa volonté affirmée de ne réduire aucun de ses personnages ni aucune de ses situations à des stéréotypes. Et pourtant, faut avouer qu'avec un sujet pareil, le pari n'était pas gagné d'avance.

Mais l'intelligence de Shane Meadows - réalisateur majeur en Grande-Bretagne dont la majorité des films sont passés totalement inaperçus en nos contrées - est de laisser sa chance à chacun.
En ce sens, aidé par une approche originale bien qu'assez proche du documentaire, "This is England" se révèle être un grand film social comme les britanniques (les aînés Ken Loach et Mike Leigh en tête) savent si bien les faire.
A savoir sans misérabilisme, avec toujours suffisament de recul et d'humour salutaire que pour faire passer presque en douceur les situations les plus ultimes (le film en réserve quelques unes, surtout sur la fin).

Filmé au plus juste, se permettant de resituer son histoire dans le contexte politique plus large de l'époque, le film touche et émeut de par son authenticité et la performance hors norme d'un vivier de jeunes acteurs formidables.
En tête duquel trône l'impressionnant Thomas Turgoose, dans le rôle principal.

Articulé en deux parties distinctes - la première, plus légère, évoquant par moments des oeuvres telles que "Trainspotting" ou "Human Traffic", la seconde, plus sombre, la filmographie de Ken Loach (encore lui!) - "This is England pèche peut-être parfois un peu par excès de romantisme mais, en juxtaposant drame intime avec réalité politique et sociale, en osant même parfois le parallèle avec la Grande-Bretagne actuelle, il parvient toujours à retomber habilement sur ces pattes.

Et même si ce qu'il donne à voir sur les dérives individuelles, le trouble identitaire, les carences affectives de ses protagonistes et la schizophrénie d'une nation tout entière n'est pas forcément folichon, il prouve une fois de plus la force d'un certain cinéma britton, qui arrive à parler de social sans négliger le divertissement et qui fournit son quota d'images fortes, de celles que l'on trimballe avec soi pour longtemps...

Tout en finesse et en authenticité, un film sur les années Thatcher qui, à défaut de devenir culte, pourrait bien donner à son auteur la place qu'il mérite dans le paysage cinématographique britannique.

Voire peut-être mondial...


Cote: ***

mercredi 5 mars 2008



Pourquoi je ne suis pas allé voir...

(ou "toi aussi fais ton Finkielkraut et parle de films que tu n'as même pas vus")

I. "30 Jours de Nuit" (30 Days of Night) de David Slade (USA); avec Josh Hartnett, Melissa George, Danny Huston, Ben Foster, Mark Boone Jr...

J'avais pourtant assez bien aimé le premier effort du jeune Slade, "Hard Candy", avec ma nouvelle chouchou(te) Ellen Page...

Et puis c'est le genre de film que tout me prédestinait à aller voir, non?

Alors pourquoi?

1. Assez prosaïquement, parce que c'est sorti pendant une période au cours de laquelle il y avait plein d'autres choses à voir. Il a fallu faire des choix. Et le temps que ça se décante au niveau des sorties, ben on ne le jouait plus nulle part. A part peut-être au Barakinépolis mais là, autant vous le dire tout de suite: plutôt crever!

2. Parce que j'ai lu tout et son contraire sur ce film. Et en fin de compte, plus de critiques négatives - voire qui faisaient vraiment peur - qu'autre chose... Et puis parce que, dans ma grande sagesse, j'ai appris à me méfier des pitchs qui feraient un bon sujet de court-métrage.

3. Parce qu'à "Mad Movies" ils ont a-do-ré et que ça, c'est TOUJOURS mauvais signe!

4. Parce que même au moment de sa sortie, à part à Brupark-sa-sauvage-et-lointaine-banlieue, on ne le projetait déjà qu'à l'UGC De Brouckère, le Kinépolis du centre-ville. Et qu'aller voir un film là, a fortiori un film d'horreur pour nerds comme celui-ci, c'est s'exposer à passer la séance entouré d'une horde de teens mongoloïdes prépubères qui se goinfrent de nachos au fromage-qui-pue et de pop-corn-qui-crisse et qui ne sont pas foutus de fixer leur attention sur quelque chose plus de vingt minutes. Au delà desquelles ils se mettent à s'envoyer des sms inter-rangées, à faire des commentaires à voix haute, à se battre, à téléphoner, à entrer et sortir de la salle avec la délicatesse de l'éléphant de mer en rut et j'en passe bien sûr, merci.
Et ça, pour moi, je sais pas mais ça devient de plus en plus mission impossible...

Est-ce que je le louerai quand il sortira en DVD?

Ben oui, quand même, et pas qu'un peu.

Prochainement: Pourquoi je ne suis pas allé voir... "Promets-moi", d'Emir Kusturica.

mardi 4 mars 2008



En attendant le Bifff...

On l'a dit, écrit, répété, beuglé sur tous les toits: l'édition 2007 du Festival International du Film Fantastique, de Science-Fiction et Thriller de Bruxelles (ouf!) fût à proprement parler pitoyable!

Programmation nullissime, délocalisation dans un endroit très joli mais bien trop grand et surtout inacessible, multiplication des digressions totalement hors sujet (concerts, etc.) au détriment du cinéma proprement dit (pourtant essentiel dans ce genre de manifestation, du moins me semble-t-il) nouvelle salle affreusement inconfortable, problèmes techniques récurents (surtout au niveau du son), non respect des horaires, on en passe et de plus gratinées...

Restait donc à espérer, au moment de la cloture, que tout cela ne serait que maladies de jeunesses et que les organisateurs allaient se nourir de leur expérience afin d'éviter les erreurs passées...

A l'heure où sort le programme de l'édition 2008, on peut déjà se féliciter d'une chose: la mégalomaniaque et totalement inutile - et ridicule - salle de concert dans laquelle ont du se presser au total six personnes tout au long de l'événement (hors Bal des Vampires, bien entendu) a été reconvertie en deuxième salle de projection.
Heureuse initiative (ou "bonne attitude", comme dirait l'autre)!
Cependant, du coup, exit le Nova (du moins en tant que lieu)...

La où ça se corse, c'est au niveau de la programmation...
Je ne vais pas non plus prétendre être l'autorité suprême en la matière mais quand même! Ce coup-ci il y a carrément les deux-tiers des films dont je n'ai JAMAIS entendu parler! Même le film de cloture, j'ai du faire des recherches pour savoir ce que c'était!

Et puis, on trouvait déjà que ça débordait un peu côté cinéma asiatique (même si c'est de cette région du globe que viennent pas mal des films les plus intéressants de ces dernières années) mais là ça frise l'indigestion!
A la lecture du programme on a l'impression qu'une moitié des films vient d'Asie et l'autre d'Espagne ou à peu près...

On me dira que c'est un peu le but d'un festival de proposer des découvertes, des films inédits, des cinématographies originales.
Certes, certes... Il n'empêche qu'en la matière, ça sent plus le fond de tiroir que le laboratoire pour cinéphile...
Et puis, une ou deux locomotives ça ne fait jamais de mal, non plus.
Bien sûr il reste "Diary of the Dead", "Doomsday" ou encore "Mother of Tears", entre quelques autres, mais tout cela parait bien maigre...

Enfin, on jugera sur pièces, hein...

Au rayon des déceptions personnelles, deux des films qui m'intéressaient le plus ([REC], de Jaume Balaguero et Paco Plaza et le frenchie-mais-gore "A l'Intérieur") sont projetés lors de la Nuit.
Or s'il y a bien un événement auquel je n'assiste pas pour cause d'overdose de "sales têteurs de Cara qui vont au Bifff voir du gore hongrois avec un klaxon de foot pour faire de son Jean Gabin dès qu'il y a un téton sur l'écran" c'est bien la Nuit, godferdoem!!!

Une consolation, quand même: cette fameuse deuxième salle va me permettre de revoir enfin un film que je cherche comme un dément depuis de nombreuses années: "La Forteresse Noire" (The Keep), de Michael Mann!

Et rien que pour ça: vivement bientôt quand même, tiens!

lundi 3 mars 2008


A l'ombre des derricks...

"There Will Be Blood" de Paul Thomas Anderson (USA); avec Daniel Day-Lewis, Paul Dano, Kevin J. O'Connor, Ciaran Hinds, Dillon Freasier, Sydney McCallister...

De 1892 à 1927, l'irrésistible ascension de Daniel Plainview qui, de simple prospecteur, va finalement se transformer en magnat du pétrole aux méthodes implacables.

Le voilà donc, ce monument!

Le "Citizen Kane" de l'an 2000!

Un film dont, parait-il on parlera d'ici dix ou vingt ans comme l'on parle aujourd'hui de "Taxi Driver" ou du "Parrain" et de l'impact qu'ils ont eu sur leur époque...

Un classique en devenir... Une oeuvre majeure... Un monstre!

Oui, le voilà.

Et tout cela est vrai.

Rien à dire, rien à faire si ce n'est se rendre à l'évidence...

Et pour paraphraser un célèbre critique cathodique, ce n'est pas tous les jours - dans mon cas c'est même probablement la première fois - que l'on se retrouve en train de regarder un film dont on sait, au moment même où il se déroule sur l'écran, qu'il fera date.
Qu'il marquera son époque, tout simplement.

Ca peut paraitre énorme, exagéré, ampoulé, grandiloquent... C'est pourtant simplement la vérité.
2h38 d'un film dont il n'y a absolument rien, pas une image, pas un son (et quel son!) à jeter. 2h38 qui semblent passer à la vitesse de l'éclair et qui pourtant marquent la rétine de manière indélébile.

Y a qu'à voir: même la musique de Jonny Greenwood (Radiohead) est formidable! C'est dire!

C'est un film hypnotisant, qui convoque les fantômes de Griffith, Ford, Hawks, Scorsese, ou même Kubrick!
Qui évoque à la fois "Il était une fois dans l'Ouest", "Les Raisins de la Colère", "Le Jour du Fléau" (si, si !) ou le meilleur de Malick.
Un film de grands espace, dont la beauté des images et la force de la bande son (tant la musique que le reste, d'ailleurs) permettent au décidément très écléctique Paul Thomas Anderson de réussir un tour de force.
Celui de conjuguer le meilleur du cinéma populaire avec une modernité rageuse et une démesure à proprement parler revigorante.

Un film d'horreur, un western, une saga historique et familiale!
Tout ça en même temps!
Et même plus encore!

Le tout souligné par des parti pris ultra-gonflés, une audace de tout les instants; comme le démontrent ces quinze premières minutes quasiment sans paroles, cette ahurissante scène d' explosion d'un puit ou encore la dernière demie-heure, tragi-comique, presque burlesque et pourtant terrifiante de folie, dont les ultimes images et surtout l'ultime réplique resteront plus que probablement gravées dans les annales de l'Histoire cinématographique.

Je sais, je sais, ça fait beaucoup.

Et pourtant, rien à faire, pas moyen de réfréner son enthousiasme face à un film (pourtant vu il y a déjà presque deux semaines) qui vous laisse à la limite du traumatisme.
Une expérience cinématographique unique en son genre.

Brillant d'ambiguïté et de trouble dans sa description de ce qui est après tout une véritable lutte entre le Bien et le Mal tout en n'oubliant pas de se faire spectaculaire quand c'est nécéssaire, bénéficiant d'un travail d'écriture, d'un travail sur l'image, sur le son, comme on en voit peu, dominé par la performance presque effrayante d'un Daniel Day-Lewis habité comme jamais (et auquel pourtant le jeune Paul Dano arrive presque à tenir tête) "There Will Be Blood", plus qu'une simple épopée sur le pétrole, est bien ce qu'il est convenu d'appeler un chef d'oeuvre!

Qui sait seulement combien d'années il nous faudra pour en épuiser toutes les richesses et les beautés...

Et combien de temps va s'écouler avant que l'on ne soit à nouveau secoués de la sorte...


Cote: ***** (et je suis chez moi, je donne cinq étoiles si je veux!)

mardi 26 février 2008



I will have vengeaaaaaaaance....

"Sweeney Todd" de Tim Burton (USA); avec Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Alan Rickman, Timothy Spall, Sacha Baron Cohen, Jamie Campbell Bower...

Après 15 ans passés dans les geôles australiennes, le barbier Benjamin Barker revient à Londres, bien décidé à se venger du juge Turpin, qui le fit accuser à tort afin de lui ravir sa femme et sa fille. Sous le pseudonyme de Sweeney Todd, il s'installe au-dessus de l'échoppe de tourtes à la viande tenue par Mme Lovett. Tous deux vont bientôt se livrer à un étrange commerce...

Ouch!

Alors là, oui, autant être prévenu tout de suite: le nouveau Tim Burton c'est "ça passe ou ça casse", hein!
Gageons même que pour beaucoup, ce sera irrémédiablement "ça casse".
Malheureusement...

Parce que le parti pris du film, et donc sa forme, sont pour le moins étranges, culottés, étonnants et... sacrément déroutants.
C'est le moins qu'on puisse dire...

Passé un générique kitsch et grand'guignolesque, torché en mauvaises images de synthèse, le film s'ouvre en terrain burtonien connu: rues de Londres la nuit, le pavé humide de pluie, le smog, la silhouette inquiétante d'un bateau sur la Tamise...
Le décor est plutôt bien planté, les premiers protagonistes apparaissent, l'un d'eux ouvre la bouche...

Et la, bardaf!, c'est le choc!

Bien entendu, on avait été prévenus du côté musical de la chose...

Mais rien ne nous préparait à ça!

Bon, ce n'est pas tout à fait 100% musical (comme l'était "Evita", par exemple) mais presque.
Il doit bien y avoir ici 80% de chant contre 20 de dialogues.
Rien que ça, ça déstabilise...

Ensuite, depuis quelques années, nous sommes sevrés de comédies musicales qui font la part belle au disco, à la pop, voire même au rock.
Rien de tout cela ici: c'est du spectacle à l'ancienne, made in Broadway, traçant sa route à grand coup de trompettes, de cordes et de chant emphatique, limite lyrique, voire même pompier.
Un spectacle dans lequel le livret, vu l'importance du chant, raconte toute l'histoire.
Ce qui donne des passages chantés où ce qui est dit importe parfois plus que la manière.
D'ou des phrases rythmiquement bancales, des rimes foireuses et du "texte chanté", du genre "Je vais te couper la têêêêête", voire "Paaasse moi le seeeel et tant qu't'y es, fait péteeeer la moutaaaaarde".

Ah ben ouais, j'avais prévenu, hein...
Même le plus endurci des amateurs de "musicals" (dont je suis), risque d'avoir besoin d'un petit temps de latence pour s'habituer au bazar... Vingt bonnes minutes, pour les moins farouches.

Quant aux autres...

Les autres, eh bien il y a des chances qu'ils passent à côté du truc.
Et ce sera dommage car, au-delà du côté duraille de la partie musicale, "Sweeney Todd" est quand même un beau retour aux sources pour Burton après deux ou trois films qui tenaient plus du conte, initiatique ou non.
Un retour aux sources sombre et gore (très gore, d'ailleurs, même si souvent le sang ressemble à de la grenadine).

Avec une photo splendide et surtout une direction artistique à couper le souffle, Burton rend un hommage magnifique tour à tour à la Hammer, à Mario Bava et à l'expressionisme allemand.

Avec aussi le très impressionnant décor de Londres - entièrement reconstitué en studio, évidemment - la gestuelle exagérées de ses acteurs, le côté too much de leurs maquillages et l'hémoglobine qui coule à flot, "Sweeney Todd" devient une fable gothique et macabre, pleine d'humour noir et imprégnée d'une assez réjouissante cruauté.
Une comédie musicale à la fois romantique et plus noire que noire qui tient tout autant de la farce que du drame et qui se déroule implacablement jusqu'à une fin admirable de pessimisme.

Et surtout, un vrai divertissement, pur et dur, au cours duquel on ne regarde jamais sa montre et dont les deux heures passent à toute vitesse.

Et qui arrive aussi, grâce il est vrai au talent de ses interprètes (Depp en tête, dont le timbre de voix fait parfois bizarrement penser à Bowie) à faire presque oublier ce pari sacrément gonflé, celui qui nous avait tant perturbé dès les premières minutes du film...

Ils chantent, nom de Dieu, ils chantent!


Cote: ***

lundi 25 février 2008



Résultat des courses...


Voilou, le week-end des récompenses est terminé, on peut donc revenir cinq minutes sur le désormais traditionnel petit jeu des pronotics.

Tout d'abord, brièvement, les résultats (pour ceux qui ne sont pas encore au courant):

-Oscars:
Meilleur Film: "No Country for Old Men" - Réalisateur(s): Ethan et Joel Coen ("No Country for Old Men") - Acteur: Daniel Day-Lewis ("There Will Be Blood") - Actrice: Marion Cotillard ("La Môme") - Second Rôle Masculin: Javier Bardem ("No Country for Old Men") - Second Rôle Féminin: Tilda Swinton ("Michael Clayton") - Film Etranger: "Les Faussaires".

-Césars:
Meilleur Film: "La Graine et le Mulet" - Réalisateur: Abdelatif Kechiche ("La Graine et le Mulet") - Acteur: Mathieu Amalric ("Le Scaphandre et le Papillon") - Actrice: Marion Cotillard ("La Môme") - Second Rôle Masculin: Sami Bouajila ("Les Témoins") - Second Rôle Féminin: Julie Depardieu ("Un Secret") - Première Oeuvre: "Persépolis" - Espoir Masculin: Laurent Stocker ("Ensemble, c'est tout") - Espoir Féminin: Hafsia Herzi ("La Graine et le Mulet") - Film Etranger: "La Vie des Autres".

Et que constate-t-on donc, de nos yeux ébahis?

Que pour les Oscars je me tape exactement le même score que l'année dernière: 4 sur 7.
Ce qui, encore une fois, n'est pas si mal. Un peu plus que la moitié...
Et surtout que, pour les Césars, c'est à un hallucinant 8 sur 10 que nous nous retrouvons confrontés.
Mon plus gros score ever!
Alors, c'est-y-pas beau, ça? Je vous le demande?

Sinon, un petit commentaire à chaud? Si fait, mon capitaine!

Pour les Oscars, je suis relativement surpris que "No Country for Old Men" l'ai emporté devant ce monument qu'est "There Will Be Blood" (critique prochainement ici) mais quand même fort content parce que le film est sans aucun doute déjà l'une des toutes grandes réussites de l'année et l'un des films (si ce n'est même LE film) le plus réussi des frangins.
Frangins qui, de toute façon, méritaient bien l'Oscar pour l'ensemble de leur carrière...

L'imbattable Day-Lewis double enfin l'essai réalisé il y a bien des années déjà avec "My Left Foot" et Cotillard fait assez logiquement le même voyage (doublé Oscar-César) qu'Adrien Brody avec "Le Pianiste", mais en sens inverse, en quelque sorte...

La seule vraie surprise, finalement, c'est Tilda Swinton qui coiffe Cate Blanchett sur le poteau pour l'Oscar du second rôle...

Eh, tiens, si l'on compte Javier Bardem, on remarque que tous les prix d'interprétation ont été remporté par des européens... Amazing, iseuntite?

Côté César, ben, vu mon score il n'y a pas grand'chose à en dire.

Si ce n'est que, même si je suis content parce que c'est une de mes actrices françaises préférée, Julie Depardieu vient un peu gâcher la fête...

A part ça, c'est l'année des redites: "La Graine et le Mulet", outre le fait qu'il offre son second César du réalisateur à Abdelatif Kechiche, rafle à peu près les mêmes récompenses que son prédécesseur, "L'Esquive", Amalric rempile alors que donner enfin un César à Marielle n'aurait pas été du luxe, surtout vu son grand âge et même "La Vie des Autres" bégaie, avec son enchainement Oscar/César du Meilleur Film Etranger.

Voila, voila. Et maintenant c'est fini... Tout ça c'est dit, plié, rangé (balayé, oublié, je me fous du passé)... on peut passer à autre chose...

Vivement le Festival de Cannes, tiens.