mardi 24 avril 2007




Au Service Discret de Sa Majesté...

"La Cité Interdite" (Man cheng jin dai huang jin jia); de Zhang Yimou (Chine). Avec Gong Li, Chow Yun-Fat...

Dans la Chine du Xème siècle, sous la Dynastie Tang, l'Empereur revient au Palais après plusieurs mois d'absence pour constater que celui-ci est le théatre d'intrigues diverses.
Un complot se trâme, mené par l'Impératrice elle-même...

Ne tournons pas autour du pot: si l'on s'intéresse au nouveau film de Zhang Yimou, entre la fresque historique classique et son récent virage "film de sabre", ce n'est pas tant pour son histoire - intrigues de palais assez plans-plans - que pour son traitement et surtout pour son arrière-plan, quasiment documentaire...

Tout d'abord, le traitement est hors normes, énorme, bigger than life!
Yimou y met tout son savoir-faire de metteur en scène d'opéra!
Tout son sens de la démesure, aussi...
Les décors, les costumes, les figurants, les accessoires, tout, absolument tout, est dopé, souligné, surexposé, luxueux, chatoyant, gigantesque!
C'est tellement surchargé d'ors et de parures, de rose et de clinquant que c'est toujours à deux doigts de sombrer dans le kitsch le plus gluant.
Sans jamais y arriver...
Car l'écrin est à la hauteur du drame: shakespearien dans ce qu'il a à la fois de plus classique et de plus spectaculaire!

L'arrière-plan, quant à lui, est réellement passionnant!
La reconstitution quasi-entomologique de la vie au palais est en effet ultra soignée et les scènes
au cours desquelles l'armée de domestiques se livre à des rituels opaques et étrangement répétitifs font la véritable force du film. Elles nous laissent littéralement pantois, ocidentaux que nous sommes, arrêtés à la lisière d'un monde étrange et mille fois plus exotique que le plus surréaliste des space-operas!

Sur la fin, "La Cité Interdite" se laisse néanmoins rattraper par son véritable sujet et semble - pour un temps du moins - retoucher terre...
Mais ce n'est que pour mieux rebondir, en direction cette fois d'un final épique et vraiment très spectaculaire (bien que quasiment dépourvu d'effets spéciaux, le figurant chinois coutant au bout du compte moins cher) bizarrement proche du "Seigneur des Anneaux" (ou de "Star Wars", si vous préférez).

Certes, tout ça ne manque pas de longueur et le scénario, bien qu'alambiqué et truffé de retournement de situation nourris d'inceste et d'adultère, n'est pas vraiment des plus inattendus.

Mais il y a dans cette fresque gonflée et grasse comme un loukoum plus de souffle épique qu'il n'en faut pour tenir une année.

Le truc c'est que ça donne juste envie d'entamer un régime basses calories*...

Côte: **

(*sans commentaires, merci! )



mercredi 18 avril 2007




Bifff 25: Jour 11 (et fin!).

Où l'on est content parce qu'on peut placer une troisième photo de "The Host"...

Et voilà, c'est fini, maintenant, c'est fini!

T'es gedaan, that's all folks en zo voort...
Le 25ème Festival International du Film Fantastique, de Science-Fiction et de Thriller de Bruxelles a vécu.
Et c'est désormais sûr et certain, ce n'est pas une édition qui laissera un souvenir impérissable!
Mais bon, on va pas revenir là-dessus, on s'est déja étalé en long, en large et en travers sur le sujet lors des précédents posts.

Espérons juste que l'édition 2008 sera d'un meilleur tonneau...

Et avant de tirer définitivement le rideau sur ce pauvre millésime, allons-y pour une dernière chronique et, avant tout, pour le...

Palmarès 2007:

-Corbeau d'Or: "The Host" (Gwoemul); de Bong Joon-Ho (Corée du Sud).
-Corbeau d'Argent: "Restless"; de Choi Dong-Hoon (Corée du Sud) et "Black Sheep"; de Jonathan King (NZ).
-Prix du Public: "Death Note"; de Shuzuke Kaneko (J).
-Méliès d'Argent du Meilleur Film Européen: "Dead in Three Days" (In 3 Tagen Bist Du Tod); d'Andreas Prochaska (Autriche).
-Prix du 7ème Parallèle (Nova): "Brand Upon the Brain"; de Guy Maddin (Canada).

Wala!

Alors, que dire?
Que dalle, si ce n'est que c'est le meilleur film de la sélection qui a très logiquement raflé le Grand Prix.
Que le Corbeau d'Argent à "Black Sheep" confirme ce que j'avais écrit dans un post précédent quant à la mauvaise pente empruntée par le Bifff depuis quelques années et que le Prix du Public à "Death Note" - dont le réalisateur faisait partie du Jury International - laisse un arrière-goût bizarre.

A part ça, on constate une fois de plus que le palmarès est dominé par des films asiatiques ce qui donne une idée de la vitalité de ces cinématographies par rapport à celles des européens et surtout des amérikis.

Et à propos d'amérikis, allez, un dernier film pour la route:

20. "Paranoiak" (Disturbia); de D.J. Caruso (USA):
Oui, le titre "français" est particulièrement con...
Sinon, qu'est-ce que "Disturbia" (ça sonne mieux, hein?)?
Eh bien c'est une sorte de "Fenêtre sur Cour" pour ados.
Et avec des ados...
On trouve pire comme point de comparaison, n'est-il pas?
D'autant que le film est plutôt bien torché. Vif, plein de suspense et d'humour.
Plutôt plaisant, donc.
Le mérite en incombe d'une part à la mise en scène énergique de D.J. Caruso. D'autre part à l'interprétation pleine de finesse du juvénile Shia LaBeouf (quel blaze, quand même) qui a en plus le bon goût de ne pas avoir le physique du teenager américain moyen comme on en voit tant se faire dézinguer au hasard des multiples séries B fournies par le cinéma de genre.
Le plus drôle c'est qu'en fait il ne se passe pas grand'chose là dedans mais qu'on reste malgré tout scotché d'un bout à l'autre de ce petit thriller fun et bien mené.
Surtout quand on y rajoute David Morse, toujours très bien dans les rôles de méchant, Carrie-Anne Moss qui évolue tranquillement du rôle de guerrière geek dans les pénibles "Matrix" à celui de mère de famille lambda et une sympathique "girl next door" interprétée par l'assez tarazimboumante* Sarah Roemer...
Bref, ça ne pisse pas bien loin, c'est du pur "pop-corn movie" mais c'est finalement une bonne façon de terminer un festival qui, lui non plus, n'a pas brillé par sa subtilité.

Allez, à l'année prochaine quand même, hein...

Côte: **


(*ben oui, l'affiche de cette année était signée Dany...)

mardi 17 avril 2007




Bifff 25: Jour 10.

Où l'on reste quelque peu sur sa faim...

Et voilà, on y est presque!
On peut même d'ores et déja se fixer rendez-vous demain (ou un peu plus tard, on est pas aux pièces) pour un bilan qui sera malheureusement plus triste que nostalgique.

En attendant, une avant-dernière chronique. Et une nouvelle déception...

19. "Black Sheep"; de Jonathan King (NZ):
On attendait monts et merveilles de ce fameux film néo-zélandais prétendument übber-déjanté!
Eh bien on est déçus! Et pas qu'un peu!
Oh! Ca se regarde, hein... C'est même assez rigolo (quel vilain mot)...
Mais ce n'est pas pour autant la déflagration d'humour trash que l'on était en droit d'espérer au vu du bouche à oreilles.
Pour tout dire, cette histoire de moutons tueurs est même assez platement filmée et manque surtout cruellement de rythme. On y trouve pas mal de bonnes idées mais un bon nombre d'entre elles tombent bêtement à plat. Idem au niveau des gags qui, pour être appréciés à leur juste valeur demandent visiblement un seuil de résistance assez élevé à l'humour potache. Ce qui n'est malheureusement pas mon cas.
Restent quelques bons plans gores à deux balles et une utilisation assez réjouissante d'effets spéciaux "à l'ancienne" qui nous renvoient au bon vieux temps des film de loups-garous (enfin, ici de moutons-garous. Sic!) des années '80.
Et particulièrement à un certain "Loup-Garou de Londres" de plus joyeuse mémoire.
A part ça pas grand'chose, si ce n'est que l'héroïne est un sosie parfait de Mira Sorvino (ouais, on s'occupe comme on peut pendant ce genre de film, hein).
Et qu'on se dit que si ce truc aimable mais finalement très ras-de-plafond a réussi à décrocher deux prix à Gérardmer, ça en dit plutôt long sur la réputation surfaite de ce festival.
Le problème c'est qu'après deux années consécutives de cornichonneries de la plus belle eau, le Bifff semble bien parti pour suivre la même voie.
Ay, Caramba!

Côte: *




Bifff 25: Jour 9.

Où l'on se dit que ça s'améliore... enfin!

Bon, nous n'allons pas en faire un mystère: cette 25ème édition du Bifff fût pour le moins médiocre, surtout, hélas!, au niveau de l'essentiel, c'est-à-dire les films!

Le programme, très alléchant sur le papier, n'a absolument pas tenu ses promesses dans les faits. Et c'est peu dire!

Heureusement, il semblerait - alors que l'on s'achemine tout doucement vers la fin - que quelques pépites seraient quand même en train de faire tout doucement surface.

"La Hora Fria" ou "Day Watch" nous avaient déja rassuré au cours des jours précédents: rien n'arriverait sans doute à égaler le merveilleux "The Host" mais on ne repartirait pas entièrement bredouille pour autant.

Ce que confirment les deux excellents films de ce soir!

17. "Hot Fuzz"; d'Edgar Wright (UK):
L'équipe de joyeux cinglés (essentiellement le réalisateur Edgar Wright et le comédien Simon Pegg, tous deux également scénaristes) qui se cachait derrière l'épatant (comme dirait Marc Ysaye) "Shaun of the Dead" remet le couvert pour notre plus grand bonheur!
Si, si, je vous assure!
Et après le film de zombies, voilà qu'ils s'en prennent avec la même fureur iconoclaste aux codes du film policier!
Autant vous dire que le résultat est à se pisser dessus!
Avec son défilé d'acteurs de compète (Jim Broadbent, Timothy Dalton, Bill Nighy et même un caméo masqué de ma copine Cate Blanchett), "Hot Fuzz" croise l'esprit frondeur et le non-sense des Monty Pythons avec l'humour à froid de "The Office".
Le tout est rehaussé d'une touche de "Chapeau Melon et Bottes de Cuir" (pour le charme étrange de la campagne anglaise) et même d'un zeste d'esprit Hammer (le mystérieux tueur, la société secrète...) pour un résultat franchement... détonnant!
C'est bien simple: je n'avais plus autant ri au cinéma depuis au moins dix ans (oui, j'ai vu "Shaun of the Dead" en DVD)!

Côte: ***

18. "Nightmare Detective" (Akumu Tantei); de Shinya Tsukamoto (J):
Oui, bon, alors, disons-le tout de suite, le scénario du nouveau film du Cronenberg nippon ne brille pas vraiment par son originalité.
Pour tout dire, cette histoire de tueur qui s'introduit dans les rêves des gens c'est même carrément "Freddy au Pays du Soleil Levant".
Mais là n'est pas l'essentiel...
Non, l'important, comme toujours chez Tsukamoto, réside évidemment dans le traitement.
Et de ce côté là on est servi!
Le petit japonais fou (qui s'est d'ailleurs réservé ici le rôle du méchant, comme de bien entendu) retrouve toute la verve de ses grands films d'antan, toute la rage cyberpunk qui faisait de "Tetsuo II" ou de "Tokyo Fist" des chefs-d'oeuvre furieux et malsains.
Angles de vues improbables, caméra hystérique, filtres, ralentis, accélérations, fixation sur la chair et le métal, gore express, fouilli organique et plans hallucinés de Tokyo se succèdent à nouveau pour fixer sur la rétine en fin de compte plus qu'un film: une expérience à part entière!
Extrème (bien que quand même plus sage que par le passé) mais beau!
Allez, là dessus, si on allait manger des nouilles?

Côte: ***


samedi 14 avril 2007




Bifff 25: Jour 8.

Où l'on entame la dernière ligne droite tout en commençant à en avoir soupé des retards...

Franchement, là, ça commence à bien faire!
Trois jours de suite que les retards s'accumulent et s'additionnent sans que qui que ce soit ne semble avoir envie de les éponger un peu.
Et sans même le moindre mot d'excuse de la part de l'organisation.
Ce qui me semblerait quand même être la moindre des choses...

Bon, bref, ça sert à rien de s'énerver là-dessus mais faut avouer que trois jours de suite à voir des films projetés avec jusque parfois une heure de retard, ça crispe!

D'autant que ça fait aussi exploser le budget "taxi"...

Enfin, soit...

Et niveau films, quoi de neuf?
Et bien une grosse daube...
Et une très bonne surprise...

15. "Day Watch" (Dnevnoy Dozor); de Timur Bekmambetov (R):
Il y a deux ans, le russe Bekmambetov été arrivé au Bifff avec sous le bras son premier long, "Night Watch" et en était reparti avec le Corbeau d'Argent.
Il nous revient aujourd'hui avec le second volet de sa trilogie (le dernier, "Dusk Watch" est en cours de tournage).
Et - putain! - ça bastonne!
On pouvait sortir de "Night Watch" en restant légèrement sur sa faim.
Le premier chapitre de cette saga sur la lutte entre forces du Bien et du Mal dans la Russie actuelle ne manquait en effet pas de défauts: parfois confus, embrouillé, il souffrait aussi de quelques longueurs inutiles.
Rien de tout celà ici: le réalisateur russe à semble-t-il tiré les leçons de ses erreurs passées et revu largement sa copie.
Tout ici est ramassé, vif, rentre-dedans!
Incroyablement filmé et interprété!
Transcendé par des effets spéciaux qu'on croyait impossible dans un film russe!
Bourré d'idées de mise en scène et d'écriture!
Et traversé par un humour rageur des plus réjouissant...
Bref, malgré les 2h12 qu'il affiche au compteur, "Day Watch" se regarde d'une traite, sans jamais décrocher.
Une fresque baroque et bouillonnante, furieuse et drôle, qui emporte tout sur son passage!
Une seule chose à dire: vivement le troisième, tiens!

Côte: ***

16. "The Return"; d'Asif Kapadia (USA):
Une chose est sûre à la vision de cet étron filmé: Sarah Michelle Gellar (toujours aussi schboïnk, néanmoins) ne lit pas ses scénarios!
Ou alors elle se drogue. J'vois qu'ça!
Sinon comment expliquer qu'elle se soit engagée sur le tournage de cette merde sans nom?
Nul, nul, nullissime!
C'est bien simple, ce "thriller surnaturel" au cours duquel il ne se passe RIEN (mais alors là, RIEN!, hein?) gagnerait haut la main le titre de pire film de cette sélection si l'abominable "Guerrier de Jade" sino-finlandais n'était pas déja passé par là!
Vide, creux, mou, téléphoné, mal filmé: du caca! Du caca partout!
Pouah!
Sinon, aujourd'hui 14 avril c'est aussi l'anniv' de la charmante Sarah Michelle...
En même temps que le mien, tiens!
Ah ah!
Hum...

Côte: °°


Ce soir: "Hot Fuzz" et "Nightmare Detective".
Demain: relâche.




Bifff 25: Jour 7.

Où l'on croise Christopher Lloyd et où les retards commencent à s'accumuler...

Du haut de son physique de cintré et grâce à des rôles consistants dans des films tels que "Vol au-dessus d'un Nid de Coucou", "Qui veut la Peau de Roger Rabbit" ou bien entendu les séries des "Familles Addams" et autres "Retour vers le Futur" (sans oublier son passage dans la série "Taxi"), Christopher Lloyd a bien vite acquit un statut d'acteur-culte!

C'est donc assez logiquement - et malgré le fait qu'il n'aie plus rien tourné de sérieux depuis "Interstate 60" en 2000 - qu'il eu droit à une standing-ovation, jeudi, en tant qu'Invité d'Honneur (le deuxième cette année après le toujours irrésistible Jean-Claude Van Damme)!

Une standing-ovation ainsi qu'un adoubement!
Le grand comédien échevelé eu effectivement droit à une petite cérémonie au cours de laquelle il fût fait "Chevalier de l'Ordre du Corbeau" (avec épée et tout le saint-tremblement).
Un honneur qui n'avait jusqu'ici été accordé qu'à Dario Argento et Larry Cohen!
Sympatoche mais quand même assez grotesque, faut bien l'avouer...

Enfin...

Niveau films, alors que les retards font de plus en plus boule de neige, il semblerait que les choses commencent enfin à s'améliorer.

Ouais... Quoi que...

13. "Unknown"; de Simon Brand (USA):
Voilà un film qui aurait été parfait... s'il était sorti il y a 12 ans!
Casting 4 étoiles, réalisation efficace, scénario roublard...
Malheureusement, depuis, "Reservoir Dogs", "Usual Suspects" et même "Saw" sont passés par là.
Et "Unknown" sombre donc dans l'oubli des 7 milliards de tarantinades qu'on a pu voir depuis sur les écrans...
Et ce malgré son scénario à tiroirs, ses dialogues léchés et son gros twist final.
Oh! C'est pas désagréable à regarder, hein... On ne s'ennuie pas.
Pas du tout, même!
Mais bon, arrivé à un tel degré de déja-vu on ne peut que se sentir blasé face à la vacuité de l'entreprise.
Et sitôt le film regardé, on commence déja à l'oublier...

Côte: *

14. "L'Heure Froide" (La Hora Fria); d'Elio Quiroga (S):
Ou encore "The Dark Hour", ça dépend des versions...
Un film post-apocalyptique espagnol, faut quand même avouer qu'on ne voit pas ça tous les jours!
Et c'est d'ailleurs ce qui fait la force de ce petit film fauché mais attachant: son originalité!
Originalité du scénario, du développement (avec une unité de temps et de lieu qui réussit à renforcer l'intérêt que l'on porte à la chose, ce qui n'était pas forcément gagné d'avance) et du traitement.
Avec peu de moyen, le film réussi à nous scotcher grâce à son histoire de survivants d'une énième Guerre Mondiale enfermés dans une sorte de bunker souterrain dans lequel ils tentent chaque jour d'échapper à deux sortes d'ennemis: les Etrangers, contaminés par un mystérieux virus et surtout les effrayants Invisibles dont l'arrivée (très beaux effets de couloirs qui gèlent au fur et à mesure de leur avancée) est annoncée par la fameuse "Heure Froide" du titre.
Commencé à peu près sur le même ton que "Malevil" (Oui, oh! Je sais, ça ne rajeunit personne!), "La Hora Fria" évolue placidement et intelligemment (tout en n'évitant malheureusement pas les longueurs) jusqu'à un dénouement véritablement surprenant.
Après tant de films médiocres ou tout juste sympathiques, voilà enfin une toute bonne surprise!

Côte: **

jeudi 12 avril 2007




Bifff 25: Jour 6.

Où l'on se tape un mini-marathon, pas mal de retards et la présentation du Jury International...

Ce mercredi soir était placé sous le signe de la faille temporelle avec un film (celui de 16h00) dépassant les 2 heures, des invités en pagaille et un certain disons... flegme... dans la manière dont tout cela était réglé.

Résultat des courses pour cette unique soirée au cours de laquelle je me tapais les trois films d'affilée: je suis arrivé là vers 17h40 et reparti aux alentours d 1h du matin.
Un vrai marathon de poche!

Enfin, cela m'a permi de voir Uwe Boll (ah ah) et surtout le jury en chair et en os.

Et d'assister à une grande première: je crois bien en effet que c'est la toute première fois depuis que j'assiste au Festival (je n'en ai pas manqué un depuis 1985. Faites le compte!) que tous le membres du jury annoncés sont bel et bien présents!
Lors des éditions précédentes il y en avait toujours au moins un (et le plus souvent deux ou trois) qui était absent.
Et souvent le (ou les) plus connus(s), bien entendu...

Cette année, que nenni: tout le monde était sur le pont!
Ce qui nous a permi de voir défiler une belle brochette de starekes: Laura Harring (Mullholand Dr., Willard...), William Lustig (réal de "Maniac" et de la série des "Maniac Cop"), Daniel Knaupf (initiateur de la série "Carnivale"), Sabu (réal de "Unlucky Monkey"), Dominique Pinon ("Delicatessen", "La Cité des Enfants Perdus"...), James Gunn (réal de "Horribilis" ou "Tromeo et Juliette"), Shuzuke Kaneko (réal des "Death Note") ou encore Brian Yuzna (réal des "Dentiste", de "Society" ou de "Beyond Reanimator"- entre beaucoup d'autres - et président du jury).

Du beau linge donc mais qui nous mit en retard pour la vision des trois films du soir:

10. "Abandonnée" (The Abandonned) de Nacho Serda (S):
Une nouvelle curiosité pour entamer cette soirée: un film espagnol dont l'action se déroule entièrement en Russie et au cours duquel on ne parle qu'anglais...
A part ça, une énième ghost story (les fantômes sont décidemment très à la mode cette année) qui se contente d'enfiler une fois de plus les clichés du genre avec cependant moins de maitrise et d'efficacité que "Les Messagers".
La plus grande partie du film, un huis-clos à deux personnages, ne vole pas bien haut. Heureusement, la fin plutôt originale vient rattraper le truc.
Une curieuse histoire montée en boucle dont on ressort avec une impression mitigée...
Mais en tout cas pas désagréable...

Côte: **

11. "The Ferryman"; de Chris Graham (NZ):
Ce nanar horrifique en provenance de Nouvelle-Zélande tente plus ou moins de transposer le mythe du Passeur sur un bateau de plaisance.
C'est très, très mal réalisé, les acteur cabotinent comme des cochons, le mythe n'est qu'à peine effleuré (d'ailleurs on peut même dire qu'il n'y a pas vraiment d'histoire) mais c'est plutôt efficace et somme toute assez rigolo, bien que pas original pour un sou (un zeste de "Hidden", une pincée de "Calme Blanc", une bonne dose de slasher et l'affaire est dans le sac).
Et puis, après une mise en place laborieuse, le film sombre aux alentours de sa moitié dans une espèce d'hystérie crasse assez réjouissante.
Plutôt sympathique, donc.
La vraie question restant de savoir comment, en une grosse quinzaine d'années, Kerry Fox a bien pu passer d' "Un Ange à ma Table" à ça!
La vie, quand même...

Côte: *

12. "Au Nom du Roi" (In the Name of the King); d'Uwe Boll (USA):
Il y va d'Uwe Boll comme de Joel Schumacher et d'Anthony Minghella: je sais que ses films sont irrémédiablement mauvais mais une espèce de perversité latente me pousse à aller les voir, encore et encore.
Ce qui est curieux, c'est que le garçon semble finalement s'améliorer avec le temps: "Alone in the Dark" était une ignoble bouse, BloodRayne (vu au Bifff l'année dernière) était nul mais regardable et celui-ci est presque honnête!
Le plus invraisemblable reste quand même le défilé d'acteurs de renom qui doivent tous avoir des problème avec le fisc pour se commettre à ça: Jason Statham, Leelee Sobieski, Ray Liotta, Claire Forlani, Burt Reynolds, Kristanna Loken, Ron Perlman, Matthew Lillard, John Rhys-Davies...
Incredible, isn't it?
Pour le reste on assiste à une sorte de sous "Seigneur des Anneaux" avec Ray Liotta en Saroumane, des Krugs à la place des Uruk-hai, un combat de magiciens comme à la fin des "Deux Tours" et le retour - et le couronnement - du Prince Oublié comme à la fin du "Retour du Roi".
Le tout contient néanmoins suffisament d'action, de rebondissements et d'effets spéciaux au rabais que pour qu'on ne s'ennuie pas.
Bien sûr, on rit souvent de bon coeur devant l'ineptie de certaines situations, le ridicule des dialogues et le méli-mélo de genre et de styles (à une époque visiblement médiévale, l'armée du roi est divisée en légions dans lesquelles combattent des guerriers Ninjas... Le héros se bat à l'aide d'un boomerang... Ce genre de choses...).
Mais d'une certaine façon, c'est ce qui fait le charme de ce genre de cornichonneries.
Et au moins on ne regarde pas trop sa montre...

Côte: **


Ce soir: "Unknown" et "The Dark Hour".
Demain: "Daywatch" et "The Return".